Le miroir magique



Nouvelle écrite par Ghislain GRENET dans le style Fantastique



Vous aimez cette nouvelle ? Partagez-là !
image3

Un de nos partenaires

SOLUTION - TRADUCTION
Traduction professionnelle
Pour tout type de projet

Par un beau dimanche de juin, une brocante est organisée par les villageois d’un petit village à 6 KM de Cerpobert. Nombres de camelots sont là vendant tout et rien. Je tombe en admiration devant un vieux miroir doré à l’or fin.

Le prix étant attractif, j’en fais l’acquisition :
« Mon dieu ! Tu ne vas tout de même pas acheter cette horreur ? Me dit ma femme.
-Si ! Je le trouve splendide.
-Tu l’accrocheras où tu voudras mais pas à la maison en tout cas. »

C’est heureux comme un gosse qui a un nouveau jouet que je rentre chez moi :
« Tu sais, il irait très bien dans le salon.
-Je t’ai dit non ! Je ne veux pas de ce truc ici. »

C’est résigné que je décide de l’accrocher dans mon garage au-dessus d’un établi. Rentrant à la maison :
« Les ouvriers vont trouver ça bizarre un miroir dans le garage ? »
Elle ne me répond pas et continue à faire sa vaisselle.

2 juillet. Fermeture annuelle :
« Nous partirons demain dis-je, car le dimanche il y’a moins de monde sur les routes." 

Comme la mécanique auto est mon métier, je décide de faire une rapide révision pour partir en toute quiétude. Je lève le capot et regarde le moteur. Soudain j’entends une voix me dire :
«La courroie de distribution va lâcher ! »

Je me retourne espérant voir quelqu’un, mais personne. Je rentre à la maison pour le repas de midi. Durant tout le déjeuner, je repense à cet événement. Après le repas, je retourne dans le garage pour vérifier cette fameuse pièce. Effectivement après démontage du carter, la courroie s’avère être en piteux état :
« Bon dieu ! C’est pourtant vrai qu’elle est pourrie. »

Le lendemain étant dimanche, se sera donc lundi que je changerais la courroie :
« Tu peux pas la changer en rentrant ?
-Tu rigoles ! On aura à peine quitté Cerpobert qu’elle pètera.
-Ah bon ?
-Et si elle casse, j’en ai pour une brique de réparation. »

2 semaines après, retour. Je profite de ce que Marie range les affaires pour aller faire un tour dans le garage. En passant devant l’établi :
« Les vacances se sont bien passées ? »
« Là ! Je n’ai pas rêvé » me dis-je :
« Qui est là ?
-Moi, le miroir. »

Je m’approche de cette glace :
« Il y a quelqu’un là dedans ?
-Qu’est ce qui t’arrive ? Tu parles à ce truc ?
-Heu ! Non !
-Viens plutôt m’aider à ranger la toile de tente. »
Je rentre, laissant ma femme perplexe.

Un mois se passe sans qu’aucune manifestation n’apparaisse. Un ouvrier fait un faux mouvement et envoie une giclée de graisse sur le miroir :
« Espèce de crétin, qu’est ce que tu as foutu ?
-C’est pas de ma faute patron, c’est parti tout seul.
-C’est parti tout seul. Tu te fous de moi ? Retourne finir la SIMCA, je vais nettoyer.
-Patron !
-Quoi encore ?
-Monsieur Martin demande si sa voiture va bientôt être finie ?
-Pas avant la semaine prochaine.
-Ok !
-Fait chier ! Comment je vais nettoyer ça ?
-Avec du dégraissant.
-Tiens ! Tu reparles toi ? »

Un ouvrier qui passe m’entend parler :
« Qu’est ce que vous dites ?
-C’est pas à toi, c’est au miroir.
-Au miroir ?
-Rien ! C’est toute cette graisse qui me fait délirer. »

Repartant sur sa voiture, le mécano dit à son collègue :
« Je ne sais pas ce qu’il a le patron, mais depuis la reprise, il n’est pas bon à prendre avec des pincettes. »

Je finis de nettoyer la glace et retourne à mes occupations. Le lendemain :
« Bonjours patron ! Ca va ?
-Oui ça va ! Dis-je sur un ton agacé, qu’est ce qu’il en est de la Traction ?
-Ca se termine, mais il faudrait que vous veniez écouter, il y’a un drôle de bruit dans le moteur.
-Vas-y ! Démarre. »
En effet ça fait un drôle de bruit et je me gratte la tête :
« Attends ! Je vais chercher la revue technique, et arrête ce moteur si on ne veut rien niquer. »
M’approchant d’une étagère, j’entends le miroir me dire :
« C’est une soupape d’admission ! »
Revenant dans l’atelier :
« C’est une soupape qui merde.
« Faut ouvrir le moteur alors ?
-Ben oui ! Ca ne va pas se réparer tout seul. »

Retournant voir le miroir :
« Demain c’est dimanche, on va avoir une explication tous les deux.
-Mais quand tu veux mon grand. »
Je jette le chiffon que j’avais dans les mains et retourne travailler.

Le lendemain :
« Alors ! Tu peux m’expliquer tout ce que cela signifie ? »
Soudain l’image d’un noble apparaît. Il est vêtu tel qu’au XVIIIe siècle :
« Je suis le duc d’Aquitaine et j’ai été guillotiné en 1793.
-Que voulez-vous au juste de moi ?
-J’aimerais ne plus errer dans ce miroir et trouver enfin le repos éternel mais pour cela, il faudrait que tu emmènes le miroir au château de Chambord.
-C’est pas la porte à côté. »

Je me tais et me mets à réfléchir. Si je l’emmène là bas me dis-je, je vais devoir recommencer à chercher les pannes pour ensuite attendre 48 H pour me faire livrer les pièces. Alors que là, je peux commander avant même de connaître la panne :
« Ecoutez ! Je veux bien vous emmener là bas mais à une seule condition.
-Laquelle ?
-C’est que vous m’aidiez pendant un mois à réparer les autos car j’ai des crédits sur le dos et je ne sais pas comment faire pour m’en sortir.
-Soit ! Je veux bien céder à tes caprices, mais si dans un mois je suis toujours là, il t’en cuira. »

Je dois prendre des jeunes sous contrat car la clientèle se bouscule au portillon.
Un mois après, il était 6 H du matin : 
« Alors ! Me dit-il, départ demain ?
-Impossible ! Lui dis-je, j’ai trop de voitures à terminer.
-48 H, tu m’entends, 48 H, passé ce délai, je ne réponds plus de rien. »
Fou de rage, je prends un marteau et allais casser ce foutu miroir quand soudain :
« Qu’est ce qu’il a ce compresseur ? »
Le moteur se met à tourner à une vitesse phénoménale risquant à tout moment de casser.
« BOUM ! » La cuve vient d’exploser.

Un morceau de ferraille me rentre dans la tête me tuant nette. C’est le branle bas de combat dans le quartier. Profitant de la confusion générale, un ouvrier fraîchement embauché en profite pour subtiliser le fameux miroir :
« Patronne ! Dit un des ouvriers, un gars de chez nous a volé la glace.
-Foutez-moi la paix avec ça, je n’ai vraiment pas la tête à ça. »

Rentré chez lui, le voleur pose le miroir sur une étagère dans sa salle à manger et va se faire chauffer du lait sur le gaz. Pendant qu’il se recoiffe dans la salle de bain, il entend une voix dire :
« Le lait est en train de déborder ! »

image1

Lecture aléatoire

Envie de flâner au fil des pages et de découvrir des récits, des histoires et des personnages au hasard, c'est par ici.



Merci à nos partenaires

Les partenaires qui soutiennent Nouvelles-Persos nous permettent d'y consacrer du temps, et donc de gérer le site dans l'intérêt des auteurs et des lecteurs.
Merci à eux.

Actualités

Mises en ligne, news, infos...


Statistiques

Nouvelle-Persos

Une nouvelle est une oeuvre littéraire proche du roman, mais qui s'en distingue par sa brièveté, le petit nombre de personnages, la concentration et l'intensité de l'action, le caractère insolite des évènements contés.