Vent de fureur



Nouvelle écrite par Brigitte BLOCH-TABET dans le style Drame



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Traduction professionnelle
Pour tout type de projet

Moi, Cyprien Fournier, J’écris ce témoignage au cas où je viendrais à disparaître. De la sorte on saura mieux évaluer la part de responsabilité des uns et des autres.
Il faut reconnaître que je n’suis pas un « pauv’paysan »; je suis un gros propriétaire terrien ! Un gestionnaire de cultures, comme on dit aujourd’hui. Ma famille de fermiers – la dynastie Fournier - est implantée dans l’Aisne depuis le XVIème siècle. J’ exploite 286 ha de bonnes terres. Jusqu’à présent je parvenais à les rentabiliser avec de la pomme de terre, des betteraves, du blé et du maïs. Faut voir comme on a traversé des périodes de sécheresse, de canicule et de pluviosité excessive sans trop de dégât. Mais depuis le nouveau millénaire l’agriculture « ça eut payé mais ça paye plus ». Avec la PAC vaut mieux mettre nos champs en jachère plutôt que de cultiver des plantations dont le prix a baissé. Enfin c’est une question de quota : il vaut mieux produire moins et dans le bon créneau, que produire plus et dans le mauvais créneau. Le produit agricole, c’est comme l’or, ça a une cote selon la production nationale et la demande. Si on n’est pas un bon spéculateur, on se fait avoir sur les prix. Et puis il y a trop de concurrence à présent. D’ailleurs l’usine Vica qui nous achetait nos patates pour les transformer en chips préfère aujourd’hui les binjes de Belgique. On ne peut plus rien espérer de nos betteraves, que nous achetait l’usine Baguin pour fabriquer du sucre, puisque celle-ci a fermé pour manque de productivité. Pour ce qui est du blé, on nous l’achète à des prix de plus en plus bas. Les consommateurs boudent notre maïs transgénique à cause de José Bové. Comme je suis à Paris dans la semaine je ne peux pas surveiller les travaux que je confie à mon cousin Sylvestre assisté de mon fils Perdican.

Il ne reste plus qu’à se rabattre sur des solutions alternatives. Il faut penser 21ème siècle, bon sang ! C’est le marché européen, faut s’adapter. Rechercher le meilleur rendement. L’exploitation des terres ne rime plus avec agraire. Il faut se reconvertir. Nous voilà , paysans, bouseux, pedzouilles, péquenots, devenus gestionnaires, techniciens agricoles informatisés, super outillés. Etres hybrides, les pieds dans les sabots, la tête rivée sur l’écran d’ordinateur, on opère à distance. On exploite nos sols par des calculs, des mesures, des pourcentages, des estimations. On suppute, on cogite, on fait marcher notre matière grise pour tirer le maximum de rentabilité de nos sols, espaces virtuels, à modulations infinies.

Et puis un jour on s’associe avec un ingénieur agronome écolo qui mise sur l’éolien. Et on croit avoir trouvé la solution idéale d’exploitation des sols avec le maximum de rendement. On veut devenir promoteurs éoliens ou, du moins, loueurs de terres agricoles pour éoliennes à EDF. Oui, mais faut prendre des risques, investir pécuniairement sans savoir si le projet va aboutir. Spéculer sur de l’aléatoire, car avant que le projet d’un parc éolien dans la commune de Champigny soit accepté, il faut passer par les fourches caudines de tellement d’institutions, de mairies, de préfectures, de municipalités, et surtout faire face à la levée de bouclier des riverains qui ne veulent pas voir leur patrimoine dévalorisé par cette énergie alternative.

En attendant, on mise sur la productivité de ces gracieuses productrices d’électricité, fleurs géantes de 80 m à tête tournante de 45 m de diamètre, qui brassent le vent de leurs pales-pétales rotatives, perchées sur leurs tiges de 3 mètres de diamètre. Enfin pour être plus technique ; il s’agit d’une sorte de nacelle d’avion tronqué avec des hélices surdimensionnées empalée sur un mat très élevé. L’éolien, ça c’est de l’énergie propre, naturelle, saine, tranquille, facile, qui n’exige pas une grosse main d’œuvre. Mais il faut pas croire pour autant qu’il est facile à implanter ! Qu c’est gagné d’avance ! C’est un vrai combat : pot de terre contre pot de fer, la terre des riverains contre le fer des éoliens qui est sensé la dévaloriser. Il y a plein de Don Quichotte qui s’érigent contre ces longilignes moulins à vents modernes-là et qui veulent les pourfendre comme s’il s’agissait de géants malfaisants, bruyants, agressifs ! Et même certains écolos y sont réfractaires, tels « Vie et Nature », ce qui est un comble, non ? Ce genre d’écolos qui voient dans la nature l’amie qui leur veut du bien et dans l’ouvrage de l’homme l’ennemi qui veut les détruire. Comme si Dame Nature était toujours clémente envers nous ! Comme si elle ne nous ensevelissait pas sous ses cataclysmes, ne nous empoisonnait pas avec ses plantes vénéneuses, ne nous nuisait pas avec ses prédateurs ! Car il faut dire que moi qui suis chasseur je suis bien placé pour savoir que si on laissait vivre tout ce gibier nos récoltes seraient toutes décimées. Ah mais ! C’est que la Nature, si on la laissait faire, elle nous boufferait. Et ben l’éolienne, elle, elle se sert de la nature et la transforme en énergie, comme ça le vent au lieu de faire ses conneries de déracinage, d’éffeuillage, il sert à quelque chose de positif : il produit de l’électricité. Et les riverains mécontents, si on leur coupait l’électricité, j’ aimerais bien voir leurs têtes !
Faut dire qu’à Champigny on est pas très ouverts aux nouvelles énergies. On est plutôt traditionaliste, voire conservateur. On est réfractaire à tout changement, quel qu’il soit. C’est qu’on y tient à l’intégrité de son paysage, au pseudo-silence des moissonneuses-batteuses, des silos à grain, des coqs et des cloches ! On fait bloc contre l’agriculteur nanti « né avec une cuiller dans la bouche, qui veut rentabiliser sa terre sans bouger le petit doigt ! ». Mais moi ces allusions perfides ne me touchent pas ; je ne me sens pas concerné.

Eolien, d’Eole, Dieu du Vent. Quand elles seront là mes éoliennes, chaque matin je prierai le Dieu du Vent pour qu’il active leurs pales. Avant c’était le Dieu Soleil, ou la Déesse Pluie que je priais pour qu’alternativement ils viennent baigner mes cultures. Aujourd’hui mon univers est en mutation ; je change de repères, je sème des graines d’Eole pour que quatre immenses robot-fleurs s’érigent noblement dans mes champs. Jadis les yeux tournés vers la terre pour y constater la pousse de mes plantes, je lèverai les yeux au ciel pour observer la rotation régulière et véloce des pales de mes éoliennes. Les yeux levés vers ces sortes de graminées géantes qui sèment à tout vent.

Avec ce projet j’ai des préoccupations de navigateur sans voiles. Je suis tourmenté par des questions d’ingénieur : Comment gérer au mieux l’implantation de quatre éoliennes avec paratonnerre sur chaque pale. Chacune disposant de transformateurs pour transformer l’énergie produite par la turbine en énergie moyenne tension transportable par des lignes électriques. A tout moment les constructeurs sauront à distance ce qui se passe dans chaque éolienne à l’aide des mesures de production et des mesures techniques transmises au poste source. Ils sauront pourquoi elles sont arrêtées et pourront les réparer à distance, s’il s’agit d’une grosse panne mécanique. En cas de petite panne, un monte-charge ou un escalier à l’intérieur du mât donnera accès à la tête de l’éolienne.

La demande de permis devant être accompagnée d’une « étude d’impact », j’ai des préoccupations d’arpenteur et de producteur, avec plein de mesures dans la tête pour analyser si notre projet est viable : des mesures de vent – avec anémomètres et capteurs de vent tous les dix mètre – qui ont été effectuées sur des éoliennes voisines pour l’installation éventuelle, car il faut suffisamment de vent pour que ça fonctionne. Pour plus de sûreté et de précision, un mât a été planté en plein milieu du champ où seront nos éoliennes pour donner la puissance du vent en temps réel à différentes heures. Tous les mois on a pris l’enregistrement et on l’a analysé 24h/24, 7j sur 7, afin d’obtenir un état de mesure à 40m, 50 m, 80 m, et par extrapolation à 90m, 120m. On est rassuré : on sait que pendant 8 mois on bénéficiera largement de vent moyen . Le reste du temps, on obtiendra une production faible. Pour qu’il y ait rentabilité il faut obtenir 25M de KW/heure. On l’obtiendra vu que nos quatre éoliennes fonctionneront environ 2000 h par an. Avec cette source d’énergie on pourra alimenter une population de 15000 personnes en électricité.

On a procédé également à des mesures topographiques pour voir quelles allaient être les implantations les meilleures afin que ça dépare le moins possible le paysage. Des mesures sonores de vent ont été effectuées au pied de 20 m jusqu’à 500 m alentour : le bruit paraît supportable, juste un petit zonzon, une vibration d’essaim de guêpes à 100 m.
En ce qui concerne les mesures hertziennes, on va faire en sorte que les riverains continuent à recevoir la télé, sinon on est prêts à leur payer des paraboles
On a procédé à des bilans cynégétiques , faune et flore . Il y a certains arbustes spécifiques qu’il faut conserver. Qu’à cela ne tienne ; on les respectera. Il suffit d’éviter d’implanter nos éoliennes dans des endroits protégés. Etant donné qu’il y a une race de busards extraordinaires à Champigny , on doit s’engager à respecter ces rapaces rarissimes. Une étude a été faite sur le passage des migrateurs : nos éoliennes ne se mettront pas dans leur chemin, ce qu’ignorent nos détracteurs qui veulent lutter contre « les hachoirs à oiseaux, qui produiront du pâté d’oiseaux ».

Toutes ces dispositions et mesures, qui doivent être conformes à des spécifications rigoureuses, seront contrôlées par le commissaire enquêteur qui va déposer son avis pour avoir l’accord du Préfet. Une enquête publique doit accorder tous les partis : soit le projet est tout à fait recevable dans la mesure où on a fait les mesures nécessaires et suivi la réglementation, soit il tombe par terre si on n’a pas suivi les règles ou s’il y a trop de gens qui sont contre. Par les temps qui courent le gouvernement a beau favoriser ces énergies alternatives il y a toujours un préfet qui peut s’y opposer pour des raisons purement politiques. Le nôtre, qui n’est pas spécialement écolo, peut objecter qu’il ne s’agit là que d’une énergie d’appoint, tandis qu’une centrale nucléaire produit en permanence. C’est aussi un des arguments de nos détracteurs qui en ont encore bien d’autres. Car les riverains, néo-parisiens ou Champignains, attachés à leurs privilèges bien particuliers, qui ne voient pas plus loin que le bout de leur petit horizon boisé, vont tout œuvrer pour que ne s’inscrive pas dans leur espace rural les quatre silhouettes métalliques d’un monde technologique qu’ils abhorrent. Ils s’insurgent en ces termes : « Si j’ai envie de fumer du kif avec du plomb c’est mon problème mais je ne vais pas obliger les autres à fumer du plomb. Vous n’avez pas le droit de nous imposer vos nuisances. » Il y a eu une pétition où il est stipulé le fait que tous ceux du bas aideront ceux du haut contre les éoliennes, et en contrepartie ceux du haut aideront ceux du bas pour un traitement des déchets.

« Vent de tempête », un comité de défense contre les éoliennes, s’est constitué contre nous avec des slogans du genre : « Champigny, le village qui se vend, qui se vante, le village des vendus, des vantards, des ventripotents. » « Qui sème le vent récolte la tempête » « Faites du vent, vous gagnerez de l’argent ». Il se trouve que la responsable du comité, Mathilde Levieunois, est une fille que je fréquentais quand j’étais jeune. Ah la Mathilde ! C’est que je lui avais fait tourner la tête à cette fille dans le vent , à l’époque et ça la dérangeait pas d’avoir la tête qui tourne et le cœur qui bat. Est-ce parce que je lui ai préféré une parisienne, qu’elle se venge à présent ? Dire que cette garce a fait retirer les petits tourniquets que les enfants avaient placés sur un mur pour jouer avec le vent. Ces petits jouets inoffensifs de bébé, en celluloïd aux couleurs vives, qui tournent au souffle du vent, dessinant dans l’air des jolies spirales tourbillonnantes. Bientôt elle va interdire aux enfants du village de faire voler les cerfs-volants. Il paraît qu’à la suite de notre projet elle a fait une dépression et perdu dix kilos. Déjà qu’elle était pas grosse ! Quand elle sort dans la rue elle se met des écouteurs sur les oreilles pour ne pas entendre les bruits de la campagne : les bruits des moissonneuses-batteuses, des silos à grain, des chiens, des coqs, des cloches. L’autre jour, quand elle est passée me voir pour me faire son préchi-précha, je l’ai saluée d’un « Quel bon vent vous amène , Mademoiselle Levieunois ? » Elle m’a répondu qu’il ne fallait pas la prendre pour une éolienne. Complètement obsédée, cette pauvre Mathilde !
Alors j’ai envisagé une mesure de rétorsion : Si elle s’oppose à mon projet je lui placerai une déchetterie en bas de chez elle, je lui ferai un concert de cloches, toute la journée et toute la nuit, je lui amènerai des coqs qui la réveilleront à six heures du matin, je ferai sauter des pétards devant chez elle, je lui placerai un tas de fumier devant sa porte.

On nous accuse d’être « des spéculateurs financiers avides et sans scrupules ». On dit : « Ca va tuer les petites gens en leur retirant leurs biens. Quand il va pleuvoir cela produira une réaction chimique autour des pales qui va ioniser l’eau qui en tombant va polluer le sol. Cela va augmenter les émissions de gaz à effet de serre. Ca va abîmer le décor. Ca va dévaloriser notre patrimoine immobilier. Plus personne ne voudra venir chez nous avec cet impact sonore. Votre mère qui est âgée aura des séquelles. Les gens qui ont un cancer ça va aggraver leur état. Quand il y en a une qui va tomber, la pale peut trancher des gens ou les aplatir . Les conducteurs ça va les distraire au volant ; ils vont avoir des accidents. Quand les avions vont passer ils ne vont pas les voir et vont s’empaler dedans. Ca va faire un bruit assourdissant. En cas de tempête elles risquent de tomber. Cela va augmenter les émissions de gaz à effet de serre. Ca va polluer l’air avec l’huile des machines. » Et les centrales nucléaires, c’est mieux ? Et les pilonnes électriques, vous trouvez ça joli, peut-être ?
Comme Ils prétendent qu’on va s’enrichir sur leur dos : « Vous n’avez même pas besoin de vous baisser pour ramasser des millions ! », on leur propose d’entrer dans le capital ; ils refusent de s’associer à des « malfaiteurs ». En fait ils sont jaloux, ils nous envient d’avoir eu cette idée.

Il y a des manifestations contre nous, des tracts, des autocollants partout, des affichettes avec « Non aux €oliennes ! » avec le symbole de l’euro à la place du e, des lettres anonymes d’un corbeau qui nous menace de faire sauter nos futures éoliennes à l’explosif. Maintenant quand on arrive dans une assemblée municipale on est salués par « Quel mauvais vent vous amène ? », interpellés par des « Eh ! Oh ! l’hyène ! ». Alors on vient d’engager des appariteurs musclés pour leur faire le coup de poing. N’est-ce pas de bonne guerre, vu que nos adversaires utilisent des moyens éhontés pour nous mettre des bâtons dans les roues – ou plutôt dans les pales ?

Pour les convaincre je viens d’organiser une virée à Chalons en Champagne, en voiture, avec une quinzaine de personnes réfractaires qui ont pu constater de visu la taille des éoliennes, le peu d’impact sonore et leur impact visuel. Evidemment La Mathilde a refusé de se joindre à nous, prétextant avec l’humour qui la caractérise qu’elle n’était pas une girouette. Les participants ont pu reconnaître par eux-mêmes que c’était vrai ce qu’on leur disait. Je les ai provoqués, très lyrique : « N’êtes-vous pas séduits, hypnotisés par leur rotation synchrone, ce ballet de pales blanches sur fond bleu qui moulinent l’espace ? Laissez-vous bercer par le chant d’une harpe lointaine. » J’ai essayé de les persuader que ce parc éolien, c’était une aubaine, une bénédiction qui allait rapporter de l’argent à la commune, à l’intercommunalité et au département. Que ça allait attirer des commerces, apporter du tourisme, amener de la clientèles aux buvette, aux restaus, aux hôtels qui auront vue sur les éoliennes. Il y aurait même un musée du vent avec des visites guidées pour les enfants.

Et comme ça n’est pas suffisant pour les persuader, on va envoyer à tous nos détracteurs des enquêtes qui ont été effectuées dans des parcs d’éoliennes avec la réaction souvent positives des riverains. Les alliés restant silencieux, c’est à nous de vanter les avantages de cette énergie de substitution :
Ça décore le paysage. Ca n’occasionne pas de nuisance. C’est une énergie propre, sans déchet. Quand on nous dit que ça fait du bruit, à 800 m, c’est faux ; on entend à peine un bruissement. Le fameux « hachoir à oiseaux » peut, au plus, détruire cinq oiseaux par an, ce qui comparé à la chasse et aux accidents occasionnés par les voitures, est plutôt dérisoire ! Quant à l’idée qu’une éolienne peut tomber, il y a une chance sur 10.000 pour que ça se produise, alors qu’un arbre qui tombe à cause de la tempête, c’est courant et ça fait des dégâts !
Je cherche un slogan :« Autant d’énergie en apporte le vent . » « Champigny le village dans le vent. » « Champigny, le village inno-vent ». Moi ça me rend poète les éoliennes.
Il nous reste à recueillir les signatures des pro-éoliens pour que s’équilibrent les voix pour et les voix contre. Certains industriels et journalistes locaux sont avec nous. Parmi nos détracteurs certains, comme des girouettes, ont changé de camp, certains se sont calmés, comme la tempête, d’autres sont résignés. D’autres encore souhaitent seulement que le parc éolien soit plus éloigné de leurs habitations.
Alors qui va gagner , les Champignains conservateurs ou nous, les agriculteurs écolos ?. En attendant j’aurais investi 30.000 €, peut-être à fonds perdus, ce qui représente toutes mes économies. Mais si ça marche, notre affaire, on peut spéculer sur un rendement de 100.000 € par an. Jolie rente qui me permettra d’avoir les pieds en éventail, la tête doucement bercée par le vent.
Seulement ; mauvaise nouvelle : cette année il n’y a eu que cinq mois de vent, ce qui fait que si c’est toujours comme ça, notre affaire elle est pas rentable !

Récemment , j’ai même reçu des menaces de mort :
« Soyez vigilant, devant le tollé de la population vous êtes à la merci d’une décharge de chevrotines de la part d’un chasseur à la tête brûlée. ». Mon associé me conseille de la déclarer à la police, mais moi je compte m’en servir comme arme contre ceux qui veulent s’associer contre le projet. Je vais envoyer cette lettre à tous les riverains en leur signalant qu’ils s’alliaient ainsi à un criminel en puissance.
Mon associé est prêt à tout laisser tomber ; il commence à avoir peur devant toutes ces menaces, mais moi ça m’excite, ça me galvanise. J’aime me battre. Moi, Cyprien , j’entame une croisade contre les mécréants : ceux qui ne croient pas dans l’éolienne, énergie dans le vent.


Champigny, le 25 mai 2004
Extrait d’un article du Picard Surchauffé : « Une crucifixion champêtre »
« On a retrouvé dans un champ d’éoliennes un homme crucifié sur les trois pales d’une éolienne, cela à 80 m du sol , il y tournait moitié Christ crucifié, moitié acrobate de haute voltige : il s’agit de Cyprien Fournier, qui venait d’acquérir avec ses associés un parc éolien vivement décrié par les riverains qui l’avaient à plusieurs reprises menacé de mort. Ce dernier n’ayant pas pris au sérieux ces menaces avait, malgré l’avis défavorable du comité anti-éolien, mis son projet à exécution avec l’accord départemental. Il aura fallu des heures aux mécaniciens, obligés de gravir les 600 marches de l’escalier pour décrocher cet entrepreneur, également cultivateur d’un des plus grand terrains de Champigny. Ce double supplice de la crucifixion et de la roue résulte de la jalousie sans doute alliée à la peur d’une dévalorisation de leur domaine ainsi que des nuisances chez des riverains anti-éolien. »

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