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Tu l'as tuée avec ta haine


Auteur : MARANDA Kim

Style : Drame




Tu la coinces entre ton pouce et ton index, resserrant l'étau jusqu'à ce qu'elle casse, qu'elle ramollisse sous ta colère.

Le corps inerte, elle tombe sur le côté, mais toi tu la retiens, la force à rester droite. Elle ne tient pas, ne tiens plus. Tu rages, tu hurles, t'as l'impression de ne plus exister, qu'elle t'a laissé tomber. T'espères échapper au silence, échapper à son visage qui surgit dans ton esprit, et voila pourquoi t'écrases ce corps mou sans parvenir à t'arrêter.

Tu voudrais la jeter, tout comme jeter les souvenirs qui s'accrochent à tes paupières. Un liquide coule sur tes doigts raides. Tu lèves les yeux vers le ciel et prie pour que ton âme soit bénie. La douleur s'installe, creuse un profond trou dans ton estomac, traverse ton corps, l'électrifiant. Son parfum s'enfonce dans tes narines, mais toi tu brailles, tu hurles, jusqu'à en suer. T'as peur de toi-même, c'est clair. Pourtant, tu ne peux rien faire.

Ça y est, tu finis par la laisser tomber, son corps s'écrase sur le sol de pierre, et toi tu tombes à genou, à ses côtés. Les gens qui passent devant ta maison te regardent avec un drôle d'air, alors que la chose qui vivait autrefois gît à tes côtés. Tu trembles, serres les dents. Tu te relèves tant bien que de mal, les jambes molles, le cœur sur le bord des lèvres. Tu soulèves le souvenir que t'as brisé avec une facilité presque fascinante. T'ouvres la porte et y mets les pieds. Tu refermes la porte, suspends ton manteau sur la penderie, traverses la pièce sombre avec une lenteur indéfinie, et termines ta route en te laissant tomber durement sur le sofa. Tu lèves la main, et ravales les larmes en voyant cette rose parsemée d'épines, que t'as cassé, ramollie entre tes doigts. T'essuies le sang, ton sang, avec ton t-shirt et pour la seconde fois, tu laisses tomber la fleur sur le sol.

La douleur est trop forte. Elle te fait penser à ton ex, qui t'as laissé pour un autre, alors qu'avec une gentillesse inouïe, tu lui rapportais cette rose avec un dialogue empli d'amour envers elle. Tu lui aurais dit :
«Mon amour, en voyant cette rose dans la vitrine, je me suis dis qu'elle serait heureuse d'être tenue par toi. Puisque tout ce que tu touches, deviens de l'or. Acceptes-tu la rose que je te tends, ma tendre aimée ?»





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