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Culpabilité d'une mère


Auteur : MARANDA Kim

Style : Drame




«Maman !»
La petite fille s'agrippe au pantalon de sa mère, tire jusqu'à ce que celle-ci, mal à l'aise, regarde autour d'elle pour s'assurer que personne n'a vu sa petite culotte rose bonbon qui dépasse.
La fillette semble ne pas s'en rendre compte, tenant toujours l'épais tissu entre ses doigts gantés.
«Mamaannnn!» Se plaint la petite fille, tendue, le dos voûté.
«Sophie, ma chérie, lâche maman, tu veux bien ?»
Le sourire vague que lance sa mère la calme pour quelques minuscules secondes.

Mais il n'y a même pas le temps de s'écouler une minute avant que la gamine ne recommence sa scène. Elle est appuyée sur la grande porte coulissante qui mène directement au stationnement et se lamente, penchée par en avant, pendue par les bras sur la poignée.
Cette fois-ci, sa mère réussit à esquiver le petit poing de la fillette derrière elle, qui, alors, ne tenait plus en place.
«Sophie! Qu'est-ce que je t'ai déjà dit à propos de frapper maman?» Sa mère la regarde à peine, mais laisse paraitre un léger sourire sur ses minces lèvres, mais que sa jeune fille ne pu remarquer.
La gamine pleurniche, presque à genou.
«Je... Mais... Maman...» Manque-t-elle de s'étrangler.
«Je te l'ai déjà dit que je n'achète pas de bonbon, il y en a déjà un gros, grooos sac à la maison.»

Sa mère, pour la deuxième fois, aborde un sourire qui se veut rassurant, mais l'enfant ne la regarde même plus.
«Bon allez viens, ma chérie, on s'en va.»
Celle-ci se retourne vers sa fille, mais seul un trottoir vide répond à son appel.
«Sophie? Sophie! Ce n'est pas le temps de jouer.»
Difficile de cacher la panique qui s'empare d'elle.
Silence. Aucune Sophie.

«Soph! Ma chérie! Ce n'est pas le temps de jouer à cache-cache, nous devons faire les préparatifs pour Noel!»
Maintenant, sa voix tremble. Une vague de panique s'empare d'elle. La femme regarde tout autour, mais n'aperçoit que quelques personnes, au loin, qui traversent la rue pour entrer dans le centre commercial.

Ce n'est pourtant pas dans les habitudes de Sophie de faire des blagues comme cela.
Elles se trouvent dans un stationnement refermé par un toit de béton.
Et soudain, horreur.

La maman de Sophie veut crier, mais sa gorge se noue violemment. Elle manque de s'étrangler avec sa langue épaisse et sèche.
Elle accourt vers sa petite fille et avale une goulée d'air glacé.
Sophie est là, couchée sur le sol givré, inerte.
Juste à côté de la voiture. De la voiture à maman, comme elle disait toujours.

Aucune blessure apparente, mais le visage de Sophie est comme crispé dans une grimace, les yeux clos.

«SOPHIE! NOONN! Sophie! Réveille-toi, je t'en prie!» Hurle la mère, ravagée par toutes ses larmes qui inondent son visage translucide, lui donnant l'impression d'être un fantôme ressuscitée.

La mère de la fillette inconsciente, ou pire encore, peut-être morte, appelle les secours et prend ensuite son enfant dans ses bras. La femme remarque soudain une seringue, juste où était situé le petit corps.
Elle la prend entre ses doigts gelés et lâche un cri de désespoir. Elle crie, hurle, s'époumone, mais personnes pour l'aider. La seringue coule vers le sol, aussi droite qu'un piquet, dans un mutisme où la vie ne peut s'y écarter. Pourquoi? Pourquoi? Mais pourquoi!? Sa tête, son âme, son cœur hurle la douleur qui s'empare de son corps tout entier. Non! Non! Non!

Ce qu'elle a mal ! Si mal ! Que même Dieu lui pardonne ! Sa chevelure noire se rapproche dangereusement du sol, suivant le mouvement de son corps. Le coup est dur, mais beaucoup moins que cette culpabilité.
Elle s'en veut comme elle ne s'en ait jamais voulue. Elle veut se poignarder le cœur, ne plus ressentir cette profonde tristesse.

Elle peut presque voir un ravin se creuser sous ses genoux collés sur le gravier recouvert d'une mince couche de glace et l'avaler dans la noirceur la plus totale. Une noirceur que même la lumière ne peut percer.
Si elle avait fait plus attention à Sophie... Elle aurait du s'en douter...

Sa fille était en train de faire une crise sévère de diabète juste sous ses yeux, et elle ne l'a pas écoutée... La gamine aurait alors voulue se piquer pour contrer la crise... Elle aurait ensuite marchée jusqu'à la voiture, mais le temps de sortir la seringue, il avait été s'en doute trop tard...

La femme à l'âme brisée à vie enfouit son visage au creux du cou de sa fillette, et la serre si fort, si fort...

Une sirène, des voix résonnent. Quelqu'un tente de lui enlever sa fille. Elle rage, pleure, hurle. La femme gesticule sauvagement, battant en retraite contre ceux qui tentent de la calmer, de la rassurer. Elle ne veut pas qu'on lui enlève sa petite chérie.

Quelques instants plus tard, rien pour combler le vide, replié sur elle-même, la tête enfoncée entre ses genoux, une voix d'homme mûr lui parvient comme une dose de bonheur intense:
«Mademoiselle, votre fille n'est pas morte... Elle va bien. Si vous aviez l'impression que son cœur ne battait plus, ce n'est que parce qu'il battait très faiblement, mais nous avons trouvé un pouls.»

Puis, le ravin qui était sous elle, se referme aussi vite qu'il s'était ouvert.





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