Neurones déphasés



Nouvelle écrite par Max-Louis MARCETTEAU dans le style Drame



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Me brûler la cervelle. Une idée, pour ne plus jamais penser. Que le dernier acte de ma vie, s'accomplisse, maintenant. Neurones en délires, prenez vos bagages, d'ici peu, ça va chauffer dans les environs. Allez vous barricader dans le tréfonds d'un déplorable souvenir et oubliez-vous. Ne demandez pas de reconnaissance, votre vie n'est qu'un détestable aliment qui se répand comme un air trop pollué que nous respirons chaque jour, sans nous rendre compte de notre souffrance. Neurones infernaux, éparpillés dans la multitude des noires pensées, vous amplifiez votre désir de paraître plus vivants que jamais, votre cape est maculée de mots crasseux, de phrases pouilleuses, d'abjections personnelles outrageantes à l'extrême. Vous êtes au sommet de l'indicible. Je vous reconnais, chacun de vous est une parcelle de destruction de mon moi. De celui que j'essaye de reconstruire et qu'irrémédiablement vous détruisez comme un vulgaire château de cartes, alors que laborieusement, je cimente chaque pierre, et que chaque geste est précis, chaque respiration est mesurée, chaque pas est longuement préparé. Vous pleurez mes larmes à ma place. Votre ironie sur mon sort est d'un degré des plus introvertis. Neurones néfastes, vous prenez la liberté de mes actions, vous bouleversez la cohérence de mon devenir. Vous prenez vos aises d'envahir ma propre demeure, l'habitation de ma conscience profonde.

Je vous parle, neurones injurieux ! Ecoutez-moi, où je vous brûle comme de la broussaille en été ! Votre indécence se propage dans mon entourage que je fais souffrir par votre faute ! Vous êtes responsables et je suis coupable de ma déchéance. Vous combattre, m'épuise.

Comment ? Vous aimez ? Mais votre obscénité n'a pas de mesure ! Vous êtes dans une demeure où le bon droit de vivre heureux était inscrit avant que vous n'arriviez. Vous avez effectué un travail de sape. Minutieusement vous avez concrétisé votre réalité. Je suis bonne poire et vous êtes le ver. Je vous hais et vous m'aimez. Je suis dans l'impasse et vous êtes sur le boulevard. Répugnant est votre savoir-vivre. Riez, neurones déphasés ! Recensez vos coups, le temps vous est compté. Nous sommes liés sur la pente d'un avenir, aujourd'hui qui se finit. Je vais céder, sous votre propre poids de détritus. Je vais abdiquer. Je ne suis plus maître de ce moi. Vous prenez possession de mes actes et les réduisez en des expressions douloureuses !

Gagnerez-vous au jeu de la balle qui siffle ? Votre destruction, par ma destruction sera le parachèvement de votre sinistre et reconnaissable œuvre.

Armez, le coup fatal.

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