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Cochise Burger


Auteur : VANDEVOORDE Bruno

Style : Humour




« Indien vaut mieux que deux tu l’auras ! »
(Assise Sur Des Braises, prostituée Iroquoise)

« Les squaws sont toutes des cheyiennes ! »
Geronimo, après trois calumets


Les hommes du Général James Téjnou, montés sur leurs canassons, avancent lentement, en rang par deux, sauf le dernier qui est seul, vu qu’ils sont en nombre impair. Hébétés par le chaud soleil de l’Ouest, les soldats semblent somnoler sur leurs montures. La torpeur dans laquelle ils sont plongés leur fait tout oublier : leurs familles, leurs amis, leurs amours, leurs emmerdes et même leur mission. Le Général Téjnou est chargé, avec l’aide de quinze volontaires courageux, intrépides, grands, beaux et sentant bon le sable chaud, d’escorter un convoi d’immigrants irlandais, venus tenter leur chance vers l’Ouest.

Quatre familles, réparties sur huit chariots, suivent ainsi la colonne de soldats. Les deux premiers sont occupés par la famille O’Ripile : le père, Tim, qui pèse dans les 150 kg, la mère Sarah, et leur fils Junior. La famille O’Clinton occupe les deux chariots suivants : Bill, le mari, Hillary, sa femme et Monica, leur bonne. Cette dernière a la particularité d’avoir constamment un cigare entre les lèvres. La suite est composée de la famille O’Frey, Hugues, le père, Hildegarde, la mère et leurs filles Jamie et Mélanie O’Frey. Enfin, Vivien et Armel O’Dévian ainsi que leur fils adoptif Jamel O’Dévian, complètent la liste.

Après de longues heures de route, le Général Téjnou arrête le convoi :
« -Nous allons nous reposer ici avant la traversée du grand désert du Videssérébral . »
Le désert du Videssérébral est craint de tous les cavaliers. Seuls quelques braves osent s’y aventurer pour tenter la traversée. C’est sur ce critère que Téjnou a sélectionné ses hommes. Une vieille légende indienne raconte qu’il existe dans ce désert, des bancs de sable émouvant. Selon la légende, des sirènes des sables vivent sur ces bancs, les Indiens les nomment l’Araff Abian. A l’instar de leurs cousines des mers, les Môm Pihaf, comme les appellent les autochtones, les sirènes des sables chantent, mais accompagnent leur chant d’un son strident, qui vrille les tympans cérumineux des cavaliers qui poorlonesomecowboy dans cet environnement hostile.

Si le désert du Videssérébral s’étend sur plusieurs centaines de kilomètres, en revanche sa largeur n’excède pas cinquante mètres. Pourquoi alors le traverser dans le sens de la longueur et non dans le sens de la largeur, me demanderas-tu, lecteur curieux. Tout simplement parce qu’il est bordé de deux chaînes montagneuses infranchissables : les Monts Tipiton à l’Ouest, et les Monts Tagnerus à l’Est. De ce fait, ce désert constitue une sorte de couloir entre les deux chaînes de montagnes, qui permet de les traverser au lieu de les contourner, ce qui en fait un raccourci non négligeable dans un voyage si long qu’il mène aux pauses.
Les Monts Tipiton constituent une chaîne montagneuse très plate, ce qui est rare pour des montagnes, peuplée d’indiens de la tribu des Royo Muni, aux dents longues et aux cheveux roux, ce qui est rare pour des indiens. Le grand chef de la tribu se nomme John Médjor, un aventurier irlandais, qui conquit les Indiens Royo Muni grâce à une de vie très particulière : le Touta Lamente.
A l’Est s’élèvent les Monts Tagnerus. C’est une chaîne de montagnes très escarpées avec des pics de force 6 ou 7 et des creux de –25°, pour te donner une idée. La redoutable tribu des Ruscoff hante ces lieux. L’hiver, ils pratiquent le culte de Davôdka et honorent sa déesse Smîr Nôff. Sur le totem, les guerriers écrivent son nom en rouge avec le sang de leurs victimes. L’été, aux beaux jours, ils partent chasser les troupeaux de Tché-Tchens. Personne n’ose les affronter, depuis qu’on les sait protégés par le dieu de la guerre, le grand Tchernô Bill.
Il est évident, après ces éclaircissements, qu‘il vaut mieux traverser le désert du Videssérébral que de le contourner en s’aventurant dans ces montagnes impitoyables.

Les colons, inquiets avant la traversée, profitent de la pause pour se rapprocher des soldats, afin de les questionner sur les risques encourus. Tim O’Ripile interpelle le Général Téjnou :
« -Excusez-moi, mon Capitaine !
-Je suis Général, répond Téjnou, vexé qu’on ne reconnaisse pas son grade.
-Excusez-moi, mon Général, qu’avons-nous à craindre de la traversée ?
-Il y a bien quelques tribus d’indiens, mais ceux-ci sont généralement inoffensifs. Les sables émouvant constituent un danger bien plus considérable. Les chants des sirènes, les l’Araff Abian, sont redoutables pour la raison. Les individus les plus sensibles, à l’instar des autruches, se plantent la tête dans le sable pour échapper au son perçant qu’elles émettent. Le plus souvent, ils meurent asphyxiés, car ils oublient de respirer tant le soulagement de l’ensablement est grand !
-Pourtant, mon Lieutenant, vous l’avez traversé plusieurs fois sans dommage.
-Je suis Général, reprend James. Voyez-vous, il me semble que j’ai trouvé la parade. J’ai toujours avec moi quelques bouteilles de bon vin et dès que les chants se font entendre, je les ouvre et les vide. L’ivresse me détourne l’esprit et j’échappe ainsi à l’ensorcellement des sables émouvants.
-Si je comprends bien, dès que vous entendez les sirènes, vous descendez à la cave ! S’il faut boire pour échapper aux chants maléfiques, nous boirons, mon Colonel ! promet l’Irlandais.
-Je suis GENERAL ! s’impatiente Téjnou.
-Pardon, mon Général. Il y a deux ans, mon oncle Sam m’a écrit pour m’informer qu’il avait réussit la traversée de ce désert, sous votre escorte.
-Comment s ‘appelle-t-il, mon garçon ?
-O’Ripile, mon Commandant.
-Je suis GE-NE-RAL !! s’énerve James.
-Pardon, mon révérend. Mon oncle se nomme O’Ripile. Sam O’Ripile.
-O’Ripile, O’Ripile, tente de se souvenir le Maréchal.
-JE SUIS GE-NE-RAAAAAAL !!!!! (Pardoooon !!) . Ah ! Je me souviens ! Le vieux Sam ! Nous avons perdu beaucoup d’hommes lors de cette traversée. Tout se passait bien, lorsque le terrible vent du désert, le Sélin d’Hyon, comme disent les Indiens, nous poussa vers les sables émouvants. J’y ai laissé 12 hommes, tous des buveurs d’eau ! Le vieux Sam fut héroïque. Pourtant, il était en difficulté : il avait cassé son chariot. C’est grâce au whisky qu’il tint le coup. Une barrique complète ! Héroïque, je vous dis ! Surtout qu’il avait récupéré trois jeunes femmes qui avaient dû abandonner leur chariot, qui s’était ensablé. Elles se nommaient Martine Hidraï, Nelly Hédieudoné, et Daisy Draté. Toutes se rendaient dans la ville de Fouzitou pour travailler dans le saloon tenu par Ma’ Damclode.»
Junior, le fils de Tim, demande au Général:
« - Comment qu’il a fait l’oncle Sam pour continuer la traversée, si son chariot était cassé, mon Adjudant ?
-Je suis Général, soupire le Caporal !
-MEEEEEEEEEEEERDE !!!!!!!!! (Pardon, mon Général !)
-Merci !
C’est le gros Tim qui répond à la question de son fils :
-Un des rayons de la roue avant droite s’était brisé après avoir heurté malencontreusement un rocher. Pour la réparer, l’oncle Sam mit des vis, Junior ! Ainsi, il put continuer sa route.
-Les chants des sirènes avaient commencé juste au moment du repas, se souvient James. Bill Boquet, notre cuisinier, avait fait cuire nos derniers morceaux de bœuf dans une eau troublée par le sable qui s’infiltrait jusque dans les marmites. Le vieux Sam s’était installé autour du feu, en compagnie de ses nouvelles amies. « J’ai faim, sert moi du bœuf à l’eau, Bill ! », avait -il dit à notre cuisinier. « Et toi, tu dînes, Martine ? » demanda-t-il à son amie. « Non, répondit-elle, je ne mange que du gigot à l’ail, accompagné de tarte Hôpoils, comme disent les Indiennes.

C’est à ce moment que s’élevèrent les chants stridents des sirènes des sables. Je me précipitai jusqu’à la cantine où étaient entreposées les boissons alcoolisées. J’ouvris deux bouteilles de vin « Dupéis » et les vidai en un temps record de 1 mn, 12’ et 43’’, puis je m’endormis. Le lendemain matin, je me réveillais avec le syndrome de la « Gueuld’Heû Boâ », comme disent les Indiens, depuis que l’homme blanc a remplacé l’herbe de leurs calumets par « l’eau de vie, quoi qu’à la fin on en meure » ! J’ouvris les yeux et un triste spectacle s’offrait à mes yeux embrumés par les vapeurs d’alcool. Douze de mes hommes s’étaient enfouis la tête dans le sable, et avaient péri dans cette position grotesque, qui rappelle les invitations à la sodomie d’une faune bariolée et accueillante, qui hante certaines allées du « Bouade Boul Oigne », comme disent les Indiens. Quelques colons avaient subi le même sort, parmi lesquels je reconnus les admirables fessiers rebondis de Martine et Daisy, les amies de Sam. Quelques chevaux avaient également succombé à la puissance destructrice des l’Araff Abian.
-Et l’oncle Sam, mon GENERAL ? demandent en chœur les colons Irlandais, captivés par ce merveilleux récit.
-Merci, répond Téjnou, pas fâché de voir son grade enfin assimilé par son auditoire. Mais de grâce, pas tous à la fois ! ». Le Général (merci !) se trouve en effet incommodé, lorsque les colons s’expriment tous en même temps.
-Je découvris Sam sous son chariot, une barrique de whisky vide à ses côtés. « Beurgh !! » me dit-il, comme pour me prouver qu’il était encore vivant. Il avait eu le réflexe de la saisir et de la vider dès que les chants se firent entendre. Dans son élan, il avait eu le temps d’entraîner Nelly et la couvrit de tout son poids, la forçant à ingurgiter de grandes lampées de whisky, la sauvant ainsi de l’envoûtement des sables émouvants. S’il vida la barrique, en revanche, il remplit Nelly ! Ils restèrent ainsi toute la nuit, dans les brumes de leur ivresse, intimement unis, tels des avions à réaction, lors d’un ravitaillement en vol.
-Mais ça n’existe pas, des avions à réaction ! le coupe Monica Lumet, la bonne des O’Clinton, toujours le cigare aux lèvres et émoustillée par l’évocation de la nuit passée par Nelly, dans les bras du vieux Sam, ce qui lui provoque des picotements d’excitation là, mais aussi là !
-Ca viendra un jour, ma belle demoiselle, répond James, en se promettant de lui faire déguster à la première occasion son célèbre cigare à moustache, offert par sa maman, le jour de sa naissance. Nelly, continue James, une fois remise de sa nuit agitée par les assauts érotico-éthylique répétés du vieux Sam, le remercia de lui avoir sauvé la vie : « Tu as été formidable, lui dit-elle, les yeux et l’entrejambe plein de reconnaissance.
-C’est normal, répondit-il, c’est ça les amis, Nelly ! ». La suite de la traversée fut éprouvante, sans nourriture, les bagages partagés entre les quelques chevaux qui survécurent aux sirènes. Nous atteignîmes l’Ouest, épuisés, mais vivants. Sam et Nelly se revirent régulièrement, car il devint un habitué du saloon de Ma Damclode où, en mémoire de cette traversée, il consomme le whisky sans modération, pour le plus grand plaisir de Nelly, qui n’en revient pas de tant d’ardeur et d’endurance de la part d’un aussi vieux bonhomme. »

A ce moment là, le Caporal Toulten arrive en courant. Il s’arrête, le souffle pareil à une locomotive à vapeur, devant James Téjnou.
« -Que vous arrive-t-il, mon garçon ? l’interroge le Général.
-Mon lieutenant !
-Je suis Général ! le coupe Téjnou.
-Excusez-moi, mon Capitaine. La patrouille de reconnaissance a capturé un indien.
-Un indien ? Qu’on me l’amène ! ordonne l’Amiral.
-(Faites chier, à la fin ! Oubliez mon grade. Appelez--moi James !
-A vos ordres, Jim !
-Et merde !)

Deux soldats arrivent, encadrant un individu au teint pâle, ce qui est rare pour un indien, au front dégarni, les quelques cheveux en bataille. Ils le présentent au Général. (Ah ! Quand même ! Merci !)
-« C’est un indien de la tribu « Degr’Eff », que l’on ne trouve habituellement que sur les vertes collines du « Quéhandr’Hécitroén », et nulle part ailleurs. Il se caractérise par son langage, proche de celui de la tribu des « Gainsb’Barr ». Je me demande ce qu’il peut bien faire ici, près du désert du Videssérébral.
-Comment t’appelles-tu ?
-Hugh !
-C’est un nom comme un autre, Hugues comment ?
-Hugh ! répète l’Indien.
-Il ne comprend apparemment pas notre langage. Que fais-tu dans ce désert ?
-Hugh !
-Bon, nous verrons cela plus tard, promet le Général (merci !). Nous allons le mettre aux arrêts, pour plus de prudence. Soldats, mettez Hugh au frais ! (elle est facile, celle-là !). Nous allons repartir.
L’Indien tente bien de résister, mais le soldat Marshopa le saisit par l’oreille, ce qui est très risqué, car lorsque l’on a à faire à un indien, lui tirer l’oreille est hardi ! L’habitant des collines se débat comme il peut, lorsque le sergent Beusteur, une grosse brute ravagée par l’alcool, à force de traversées du grand désert, le secoue en lui aboyant des insultes jamais entendues de mémoires de Peau-rouge, en lui intimant l’ordre d’obéir. Finalement, l’Indien s’incline devant Beusteur qui tonne.

Après cet incident, la colonne se reforme et entreprend la si périlleuse traversée. Un silence de plomb, c’est te dire s’il est lourd lecteur faisandé, s’abat sur le cortège. Un silence si lourd qu’on entendrait penser un poète. «- C’est quoi un poète ?
-C’est de l’art Monica, et ta gueule ! Fumes tes cigares et n’interviens pas inopinément dans le récit ! La tension et l’attention sont extrêmes! » Les colons appréhendent en effet la rencontre avec les sirènes des sables.
Soudain, un hurlement strident fait sortir les hommes de la torpeur dans laquelle ils étaient plongés :
« Toutéfinihentrenouuuuuuuuuuuuuuuu !!!! »
Les cœurs battent à la Twingo, pardon: à la chamade ! Tim O’Ripile s’approche de James Téjnou et demande d’une voix rendue fébrile par la peur :
« -Sont-ce les sirènes des sables ? demande-t-il, abasourdi par ce cri inhumain ;
-Non, répond Téjnou. Il s’agit probablement d’un coyote Texavri qui annonce à sa femelle qu’il la quitte pour une autre. Les l’Araff Abian sont bien pires. » Comme pour lui donner raison, un second cri se fait entendre, surpuissant, apocalyptique, à côté duquel, le hurlement du coyote passerait pour un soupir de moucheron aphone. Tout le désert est secoué ! Les maigres cactus perdent leurs épinent ! Le coyote adultère bondit dans les bras de son ex-compagne, ravie de l’aubaine ! Le soleil, qui avait rendez-vous avec la lune, se voile et sera sûrement en retard ! Le sable s’ensable un peu plus ! Les serpents, malgré leur surdité, sont également touchés par les décibels maléfiques, et prennent leurs jambes à leur cou ! Les lézards se lézardent ! Chez les immigrants, c’est la panique !
« -Allons z’enfants de la partie, le jour de boire est arrivé ! » hurle Téjnou en saisissant ses précieuses bouteilles de vin « Dupéis ».
-« On brame, citoyens, fort mais nous bataillerons ! Allons, allons, qu’un sanguin pur abreuve nos dents du fond ! Sus aux flacons, non, Monica, j’ai pas dit : « suce ton patron !».
Tous se précipitent sur la réserve d’alcool, sauf Vivien et Armel O’Dévian, qui se sont jurés de ne jamais toucher une seule goutte de spiritueux. Ils préfèrent prier, mais mille deux cent vingt trois fois hélas (pourquoi toujours « mille fois » tout rond ?), leurs prières se noient dans la tornade de décibels, provoquées par les pernicieuses sirènes. Jamais, elles n’atteindront leur destinataire et ne seront exhaussées. A bout de résistance, les malheureux finissent par se planter la tête dans le sable, offrant ainsi leur cul irlandais au ciel tourmenté par le déferlement pantagruélique, des ondes engendrées par les insoutenables chants diaboliques. Ils ne connaîtront jamais l’Ouest. Le tumultueux cyclone sonore dure un peu plus d’une heure.
Aussi soudainement qu’ils étaient apparus, les chants cessent, laissant place à un silence quasi religieux, à peine troublé par les éructations post-éthylique des survivants de cette maudite traversée. Le Général Téjnou (merci !) sort lentement de sa biture. Il se dresse et établit un premier bilan d’un rapide coup d’œil : les O’Dévian sont morts, les O’Cédar ont balayé les effets néfastes des chants à grandes rasades d’alcool de paille, les O’Frey ont survécu également. Les O’Clinton ont péri. Leur bonne, Monica gît lamentablement sur le sable, tous les orifices obstrués par ses précieux cigares. Le gros Tim O’Ripile et sa famille ont suivi les conseils de James et sont sains et saufs, quoiqu’un peu sonnés par l’alcool. Quatre soldats ont péri, tous des buveurs d’eau, ce qui est rare dans l’armée. Deux chevaux, six troènes et deux chariots se sont ensablés, tant les vocalises ont été puissantes. Le Général (merci !) constate également que l’Indien capturé est indemne. Il s’approche de lui :
« -Comment as-tu fais pour survivre au sortilège des sirènes ?
-Hugh ! répond l’Indien.
-Quelqu’un parle-t-il son dialecte ? demande James à la cantonade.
-Je connais quelques termes de son langage, mon Amiral, répond le Caporal Al Hinchaba.
-Je suis Général, Sergent ! insiste James
-Et moi Caporal, mon Lieutenant ! lui rétorque Al.
-Bon, passons ! s’impatiente James. Comment se fait-il que vous ayez des notions de cet étrange dialecte ?
-Avant de servir sous vos ordres, j’ai passé quelques temps sur les collines du Quéhandr’Hécitroén.
-Très bien, demandez-lui d’abord ce qu’il fait dans le désert du Videssérébral, si loin de chez lui, et comment fait-il pour ignorer les dangers qui jalonnent la traversée.
Le Caporal traduit tant bien que mal à l’Indien, dont le visage s’illumine aussitôt, en entendant quelqu’un user de son jargon des collines.
-Dékal Kéokanâ Bis ! répond-il.
-Il déclare qu’il est à la recherche de son animal de compagnie qui s’est égaré, un Ghîl Dass à poils rebroussés et revêches, les plus rares !
-Il n’a pas entendu les sirènes des sables ? demande James.
Al interroge l’indien.
-Tanvâla Kruchalo, Céd’Ladôbe. Répond celui-ci.
-Il dit que ne connaissant pas les sirènes, il n’a aucune raison de les craindre. Du reste, il ne les entend même pas.
-N’existe-t-il pas de sirènes des collines sur son territoire ?
-Hélébone Mamzéla Gnês !
-Il dit qu’il existe effectivement des sirènes sur les collines, mais elles ne chantent pas.
-Biliolidé Ch’Antleub Loûze !
-Il dit qu’elles ne chantent pas, mais par contre, elles parlent énormément.
-Je pense qu’on peut le laisser repartir, décide Téjnou. Bravo pour votre traduction caporal.
-Merci mon Général !
-Merci !
Le gros Tim O’Ripile intervient :
-Je crois que nous n’avons plus rien à craindre de cette traversée.
-Tabêdolé ! répond l’Indien.
-Que dit-il ? s’intéresse James.
-Il dit que la vérité sort toujours du gros colon !
-Nous devons cependant nous mettre en route très rapidement, pour le cas où les l’Araff Abian feraient un rappel, prévient le Général.

Les rescapés reforment une colonne et reprennent leur traversée, en se dirigeant vers le soleil couchant, vu que c’est toujours la route que prennent les héros de l’Ouest à la fin des histoires, même si ce n’est pas par-là qu’ils doivent aller, mais c’est leur problème. La suite de la traversée se déroulera sans accroc. Les Irlandais s’établiront dans l’Ouest et pourront conter cette merveilleuse aventure à leurs petits enfants, au coin du feu, lors des longues soirées d’hiver. Le Général (merci !) Téjnou et ses hommes affronteront encore bien des dangers lors des multiples traversées qu’ils effectueront dans leur mission d’escorte. Notre ami l’Indien a retrouvé son animal de compagnie et a rejoins sa tribu sur les collines. Finalement tout est bien qui finit bien dans le meilleur des mondes.





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