Le macro-ondes



Nouvelle écrite par Joseph OUAKNINE dans le style Science-fiction



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Je n’ai jamais été un grand savant. J’ai été poussé par mes parents dans la recherche, car, disaient-ils : "Il suffisait d’une fois !…”

Mon père a participé presque chaque année de sa vie au concours Lépine sans jamais rien récolter de plus que des regards faussement amusés et ma mère a eu la bonne idée d’inventer les fleurs comestibles. Cela n’a l’air de rien comme ça, mais c’est ce qui nous a souvent fait vivre. À défaut d’en vendre, on en mangeait !

Une bonne partie de l’héritage des grands-parents est partie dans les brevets en tout genre, et le reste, dans des réceptions mondaines à n’en plus finir auxquelles étaient conviés les incontournables "Potentiellement intéressés".

Trop peu passionné par mon métier, j’ai souvent à peine regardé les nouvelles inventions du bout des yeux, de par les magazines, plus pour ne pas avoir l’air idiot lors de ces fameux dîners que par passion pure. Pourtant, quand on a commencé à parler de four micro-ondes super-intelligents, cela a fait TILT dans mon cerveau. C’était l’exemple type de l’invention qu’il me fallait !
La chance !

Eh oui, il en avait bien eu de la chance, le docteur Percy Spencer, en 1946, lorsqu’il était passé près du magnétron d’un radar sur lequel il travaillait, avec un bonbon dans sa poche ! Certes il a dû changer de pantalon, mais… la découverte était toute cuite !

C’est en lisant un article dans le Monde Informatique sur cette géniale découverte dotée du tout dernier processeur que je me suis dit en me tapant dans la paume de la main :
— Si la nourriture chauffe, cuit et mijote à 2450 millions de cycles par seconde, il doit bien y avoir une autre fréquence qui fait autre chose ! Et puisque les fours micro-ondes deviennent de véritables ordinateurs, autant en profiter !
Ne restait plus qu’à trouver…

Prenant la chance à bras le corps, je me suis lancé dans une série d’expériences à n’en plus finir. J’y ai passé tout mon temps, presque jour et nuit. Le chef de labo dans lequel j’étais employé était content : Enfin je cherchais !

Changer de fréquence, les essayer toutes, Herz par Herz, à la décimale près, c’était facile, j’avais à ma disposition les émetteurs les plus sophistiqués du moment et la puce du nouveau micro-ondes permettait toutes les combinaisons. Un travail de longue haleine, pourtant, titanesque ! Pour chaque matériau, chaque objet, chaque corps minéral, végétal ou animal enfermé dans une cage spécialement étudiée à cet effet, j’ai balayé tout le spectre des fréquences de 1 Hz à 1 Ghz ! Et pour chaque cas, j’ai analysé la structure moléculaire et le métabolisme au microscope, vérifié les variations d’aspect, d’odeur, de température et de consistance. Si cela s’avérait possible et non toxique, je testais même le goût !

Il suffisait que je trouve une variation, même la plus infime, pour que je recommence dix fois, vingt fois, en affinant mes tests et mes mesures au maximum. Chaque résultat était répertorié dans une base de données ultra complète à en faire pâlir de jalousie le plus grand ordinateur du monde !

Dieu que j’en ai fait des dépenses ! Je voulais tout tester, même les plantes les plus rares. Quand mon chef de labo, mettant en avant son budget limité, ne voulait pas me suivre, j’achetais les matières premières sur mon propre compte. J’aurais fait des crédits, si j’avais dû, pour assouvir mes instincts les plus assoiffés de découverte.

J’ai perdu presque tout mon argent, j’ai perdu mon temps et ma santé… Mes parents sont morts, désespérés de ne pas me voir aboutir. Je me suis marié… J’ai eu des enfants, quatre ! J’ai divorcé… J’ai été viré !

Alors, je me suis dit :
— Raté pour raté, autant tenter le tout pour le tout !…

Avec le peu de pécule qui me restait, j’ai acheté un émetteur géant et j’ai construit une cage suffisamment grande pour que je puisse y entrer… Grâce à un tout nouveau processeur, j’ai programmé l’émetteur pour qu’il balaye toutes les fréquences une à une en s’arrêtant sur chacune d’elles pendant cinq secondes, en partant de 1 Hz.

Je me suis assis à l’intérieur, sur une chaise en plastique spécialement étudiée pour cette expérience, avec, dans la main, un bouton d’arrêt d’urgence que j’étais prêt à actionner si je sentais qu’il se passait quelque chose… Malheureusement, cela ne s’est pas bien passé…

204,16 minutes plus tard, j’avais cuit !

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