Madness



Nouvelle écrite par Michel SEBASTIEN dans le style Noires



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1



J’ouvre doucement les yeux sur les murs blancs d’une chambre d’hôpital….
Qu’est ce que je fabrique ici ? Mais est ce vraiment une….
Prenant appuie sur mes coudes, je reconnais être bien dans une chambre d’hôpital. Sonnée, n’arrivant pas à m’en rappeler la raison, je panique et retombe en pleurs juste au moment où reviennent mes souvenirs.
Je suis en compagnie de Denis….
Je pilote une 406…

*



- Bourre Sonia, bourre !
La voiture est une bombe que j’ai du mal à maîtriser correctement sur cette route infestée de tortues venues admirer le panorama qui s’étend de la Ciotat à Cassis.
-Ralentis Sonia, tu vas finir par nous foutre en l’air !
Bien que concentrée sur la route, je ne peux m’empêcher de lui jeter un regard meurtrier et de cracher.
- Boucle la Denis, si tu avais été un peu moins con, nous ne serions pas en train de risquer notre peau sur cette saloperie de route avec les collègues au cul…. Alors ferme la et décide toi. Je speed ou je m’arrête ?

La route des Crêtes, qui descend sur Cassis est belle, belle mais sinueuse, et un peu trop fréquentée à notre goût, car la sirène des flics semble se rapprocher.
Denis, le visage tendu, ne répond pas. Il regarde droit devant lui, laissant les stigmates de la déception et de la peur durcir ses traits. Ses lèvres frémissent et la sueur perle à ses tempes.
Les virages qui se succèdent à un rythme insensé finissent par me faire disjoncter. Je rétrograde comme une andouille et n’arrive plus à négocier correctement ces vacheries. J’ai les nerfs qui se vrillent à force de doubler dans ces épingles à cheveux, de freiner derrière les traînes savates qui n’avancent pas et de leur coller aux fesses avant de les doubler à plus de cent à l’heure en prenant un maximum de risques.

Cette course est devenu un enfer….

Le braquage se serait bien passé, et nous n’aurions pas les condés aux fesses, si cet imbécile de Denis ne s’était pas amusé à tirer inutilement sur deux gendarmes qui arrivaient tranquillement alors que nous partions rapidement, certes, mais pas assez pour inquiéter vraiment les habitants de ce petit village. Les deux pandores, n’appréciant pas spécialement ce genre de plaisanterie, ont immédiatement riposté et le moteur de la BMW nous a abandonné dans un nuage de fumée et de vapeur d’essence.
Je revois Denis descendre en trombe de la voiture et réussir par je ne sais quel sortilège à tenir en respect les gendarmes et les curieux plantés peureusement sur les lieux. Le 357 magnum en main, j’en profitais pour arrêter un automobiliste qui me laissa sa 406 avant même d’en comprendre la raison.

L’ami Pierrot semble perdre les pédales. Il geint et respire de façon saccadée en fixant le vide poche, sans réagir aux tangages de la voiture qui le ballote comme un pupazzo.
Un coup d’œil dans le rétroviseur me confirme que les collègues se rapprochent dangereusement.
- Ecoute moi Denis, le fric est dans le coffre et nous n’avons tué personne, alors arrêtons nos conneries et…
Il tourne son hystérie vers moi.
- Boucle la Sonia, bououououcle la !
Complètement névrosé, il pointe son automatique vers l’arrière de la voiture.
- Approchez les copains, allez, allez… C’est ça, vous préférez rester au loin. Bouffons ! Prenez toujours ça à travers la tronche !

Quatre détonations pulvérisent notre lunette arrière et une partie de la calandre de nos poursuivants.
- Marre Denis, maaaaaaaarre, tu es trop nase, j’arrête.

Trop tard, la police a riposté. Le rétroviseur droit est détruit et j’ai l’impression que le par brise m’explose en pleine figure pendant qu’un pneu arrière éclate.
Je ne contrôle plus la voiture qui part dans une longue glissade qui me tétanise. Plus rien n’existe que ce dérapage qui n’en fini pas. Horrifiée, je vois le talus que nous allons percuter s’approcher lentement, trop lentement, comme déconnecter du temps…
Un choc mou, silencieux, presque écoeurant…
Complètement déséquilibrée, la voiture se couche sur le coté et se désintègre dans une série de tonneaux qui me paraissent tous plus lents et majestueux les uns que les autres. Nous sommes mitraillés par des éclats et débris divers et je sens chacun d’eux pénétrer dans ma chair. Une peur, faite de soumission et d’attente impuissante me révulse, et quand, enfin ! La carcasse de la voiture finit par mourir, le nez contre un arbre, je reste immobile quelques secondes, submergée par un vrai bonheur, pimenté d’une grande lassitude dans laquelle je me dissous. Tout est silencieux et le soleil joue à travers les feuilles de l’arbre contre lequel le capot est venu s’écraser. Seule la sirène des flics trouble mon bien-être.
La sirène !...
La sirène qui se tait ! Les collègues qui sortent des voitures ! Pas le temps de traîner !
Je pose les yeux sur Denis qui essaie, en gémissant sa souffrance, de dégager ses jambes coincées entre la console et un morceau de tôle. Ses guibolles ne sont plus qu’une charpie sanguinolente.
Tant pis pour toi l’andouille !...
Jetant un coup d’œil autour de moi, je récupère le 357 magnum et, laissant Denis à ses problèmes, je me dégage de ce tas de ferraille sans trop de difficultés. Le coffre est suffisamment entrebâillé pour que je puisse me saisir du sac contenant l’argent. Un dernier coup d’œil en direction de Denis, qui s’est mis à geindre, et me faufile entre les rochers en me frayant un passage dans les broussailles, non sans avoir observé les flics qui descendent du sommet de la ravine, l’arme à la main. Marc, mon ex amant, fait partie de l’équipe.

Adieu Denis la poisse, a moi l’avenir, avec ce paquet de fric, je suis parée pour une autre vie.

Au bout de pas mal d’écorchures et de chutes diverses, dues à ma précipitation, j’arrive sur la promenade des crêtes, près du vallon de la bécasse.

Après m’être calmée et reposée quelques secondes, j’emprunte le GR 98 en direction du pas du vicaire. Mon but est de suivre ce sentier de grande randonnée le plus longtemps possible, en direction d’Aubagne, en espérant que la police orientera ses recherches sur Cassis ou Marseille.
Une petite demi-heure de marche et j’ai la surprise mais aussi un certain plaisir de voir surgir une auberge. L’auberge du Mentaure, faite de Chaudes meulières dévorées par de longues gerbes de lierre semble très accueillante, d’autant plus que le chant des oiseaux est une harmonie que je qualifierais de chatoyante.
Quelques tables sont dressées sur la terrasse, et les consommateurs, en couple ou en famille, devisent gaiement.
La servante, qui sort de l’auberge pour aller servir un gratin de choux-fleurs, parait étonnée quand je lui demande si je peux aller faire un brin de toilette.
Et me désignant.
- Vu l’état…
- Ouou…Oui… Bien sur, avant dernière porte à gauche, désirez vous une table ?
- Oui, mais à l’intérieur, et un double whisky coca pour commencer !


2



L’image renvoyée par la glace me pétrifie. Non seulement je n’ai gardé aucune trace de l’accident, mais je suis fraîche et pimpante comme jamais je ne l’ai été. De plus, je porte un ensemble veste pantalon alors que j’ai opéré la banque en jeans.
Les jambes me manquent et je suis obligée de m’asseoir sur la cuvette des toilettes.
Que m’arrive t’il ? Que signifient ces brusques trous de mémoire ? Est-ce à cause de l’accident ?... Oui c’est ça, j’en suis certaine… C’est l’accident !... Peut être un AVC? avec tout ce que cela comporte de visions incertaines, ou autre chose.
Oh putain ! Que vais-je…
Je me suis bien vue dans le rétro, avec des ecchymoses sur le visage et les cheveux en bataille, et je portais un jeans.
Je me lève d’un bond, prend appuie sur le lavabo et me dévisage dans la glace, cherchant une réponse à ma détresse. C’est bien ma tignasse noire et mes yeux bleus, c’est bien ma bouche, alors ?

MADNESS !...
Madness… Folie en français, démence, aliénation, aberration, absurdité et j’en passe.
Il me faut me calmer et réfléchir à la situation, posément, en utilisant ce qu’il me reste de logique pour résoudre cette énigme.
Primo : Denis et moi, flics ripoux, profitons de l’indiscrétion d’un agent de sécurité pour braquer une banque.
Secundo : Après avoir réussi au delà de nos espérances, Denis fait l’andouille et j’échappe à nos collègues. Jusque là rien à dire, c’est après que j’ai disjoncté, car si je me rappelle très bien être sortie de la 406 en jeans avec le visage couvert de meurtrissures, je ne me souviens absolument pas, ni m’être soignée, ni m’être mise en veste pantalon.
Me baissant rapidement, j’ouvre le sac et j’y trouve les billets, le colt et mon portable. Que fiche mon téléphone la dedans ? Un mystère de plus… J’ai donc perdu la mémoire entre le moment ou je suis sortie de la voiture et celui ou j’ai trouvé l’auberge. Mais combien de temps ais je mise pour trouver cette auberge ? Je ne me suis quand même pas baladée plusieurs jours avec le magot et le flingue sans en avoir conscience. Et avec les flics aux fesses !...
Il me faut en avoir le cœur net.

Nous sommes le 09/09/09. C’est certain. Une date qui ne se reproduira pas avant cent ans !
Sac en main, je reviens dans la salle ou m’attend mon whisky coca et m’assois, face à la porte d’entrée, en faisant signe à la serveuse d’approcher.
- Dites-moi madame, j’attends quelqu’un depuis près d’un quart d’heure et je crains fort de m’être trompée de date, nous sommes bien le 9 septembre ?
- Effectivement, c’est la bonne date. Mais à dix jours près, me lance t’elle dans un sourire, nous sommes le 19 !
- Merci.

Tétanisée, sonnée, complètement ravagée, j’avale mon verre en trois gorgées et vais pour en recommander un autre quand la porte s’ouvre avec fracas. Denis, accompagné de Marc et de Francis, fait irruption dans la salle. Les trois hommes sont armés !
Pas le temps de laisser l’étonnement me fossiliser car Denis tire déjà dans ma direction. J’empoigne mon sac et plonge à terre, éparpillant tables et couverts, l’ouvre vitesse grand V et empoigne le 357 magnum sous une volée de balles qui font tout éclater sous leurs impacts. Je roule sur moi-même et me retrouve à genoux derrière une table renversée.
Posant rapidement les avants bras sur le rebord, je chope Francis dans ma ligne de mir et appuie deux fois sur la détente. Propulsé en arrière, le ventre et la poitrine défoncés, il va s’aplatir contre le comptoir au pied duquel il s’effondre, la bouche et les yeux grands ouverts.
Marc est sorti sur la terrasse et Denis s’est réfugié derrière le comptoir. Classique ! Classique mais dangereux pour ma petite pomme.
Sur ma gauche, un escalier. Si j’arrive à le gravir sans me faire descendre, j’aurai une partie de la situation en main, mais…
Pas de mais Sonia, Foonnnce.

J’ai déjà la rampe en main quand Denis surgit de sa planque. Je me lance comme une vraie folle et grimpe les marches, accompagnée de cinq détonations qui saccagent un pan de mur et une partie de la rampe.
Pas une égratignure ! Et toujours le fric en main !
J’ouvre à la volée la première porte qui se trouve à ma gauche et me retrouve dans une chambre chichement éclairée par une fenêtre aussi sale que délabrée.
Un dernier coup d’œil dans le couloir en refermant doucement la porte et me retourne sur cette pièce qui pleure sa tristesse.
Quelques pas et, pensive, appuie mon front sur la saleté d’un carreau. Il en manque plusieurs et le mastic effrité laisse apparaître quelques têtes de pointes rouillées qui ne servent plus qu’à accentuer le mal être de cet endroit que je balaie du regard. Je me retourne et m’attriste devant ces meubles vétustes, couverts de meurtrissures qui gueulent leur abandon.
J’abandonne cette misère pour jeter un regard à l’extérieur. Les arbres malades et le manque de verd…
Mais ou en es tu ma fille ? Tu as des flics aux fesses et…
Je file m’allonger face à la porte, le 357 bien en mains. Le premier qui se pointe ne sera plus jamais enrhumé.

C’est Denis qui a choisi de se passer de mouchoir. A peine s’est il précipité dans la pièce qu’il se ramasse trois balles qui le font tressauter d’une façon grotesque avant de se répandre dans le couloir, la porte étant restée ouverte.
Je trouve curieux, sinon anormal, qu’il ce soit précipité ainsi sans aucune précaution. Et …
Mes pensées se scotchent… Un courant tétanisant me traverse le corps en fixant Denis. Comment s’est il débrouillé en dix jours pour me retrouver ici avec des hommes chargés de nous neutraliser et faire alliance avec eux pour m’abattre et récupérer, j’en suis certaine, le magot ? Et ses jambes sont intactes !
A ce mystère s’en rajoute un autre. Comment s’y est il pris pour amener Francis qui est entré à l’hôpital il y a quatre jours avec une balle dans l’épaule et une autre dans un bras ?...
Je me relève péniblement avec la certitude d’avoir perdu la raison, une certitude absolue, celle qui fait paniquer…
Je n’ai plus de repères et ne sais plus ou m’accrocher…
… L’horrible impression de partir en miette…

Un frôlement contre le mur, dans le couloir, et un très léger craquement me font sursauter. C’est Marc ! J’en suis certaine. Je perçois sa présence à travers tous les pores de ma peau… Il me faut le bloquer et l’obliger à éclaircir tout ce mic mac.
Tous mes sens aux aguets, je me glisse silencieusement derrière la porte, restée ouverte, et j’attends, le colt bien en main, prêt à servir.
Un coup d’œil dans l’angle formé par la porte et le mur m’assure de son arrivée. Il glisse fantomatique le salaud, je ne l’entend même pas bouger. Plaqué dos au mur, l’automatique en mains, prêt à faire feu, il est aussi silencieux qu’un chat.
Il jette un regard rapide en direction des paumelles mais ne peut me voir, la pièce étant trop sombre. Il hésite une fraction de seconde, se ramasse imperceptiblement et bondit, l’arme pointée. C’est le moment !
Il se prend la porte en pleine gueule avant de réaliser son idiotie et je l’entends s’écrouler contre le mur d’en face en jurant comme un charretier.

Je suis déjà dans le couloir, le magnum pointé sur son front.
- Tu es toujours aussi con Marc. Maintenant éclaire ma lanterne, et gentiment s’il te plaît, je n’ai plus grand-chose à perdre, mais si je dois le perdre…
- Il se relève d’un bond en éclatant d’un rire inhumain. Un rire fou, comme je n’en ai jamais entendu. Un rire en cascade qui n’en finit pas. Un rire déstabilisateur, démoralisant, sans vie. Ses yeux, vides de toute expression, me fixent sans me voir.
Horrifiée, j’ai reculé de quelques pas, il lève son arme et me met en joue.
- Eclairer quoi salope ? Le fric, c’est le fric qu’on veut !
J’explose…
- Ecoute Marc, je n’y comprends absolument RIEN et je veux m’en aller d’ici. J’en ai plus que marre de ce qui m’arrive. Je voudrais comprendre une fois pour toutes. Dis moi, rien qu’une chose, par quel miracle es tu arrivé jusqu’ici ? Et Francis ? Dis moi, et Francis ?... Et Denis ?... Mais ne me laisse pas dans cette merde bordel, j’ai besoin de savoir. J’ai l’impression d’être seule avec moi-même et de tourner en rond. QU’EST-CE QUI CE PASSE ?
Pour toute réponse, il lève son arme une seconde après que mon doigt s’est crispé sur la détente.
Il se prend une balle en plein cœur, pivote sur lui-même tel un pantin désarticulé, et s’écroule d’un bloc, face contre le sol.
L’arme à la main je me dis que le mieux est de vivre ce cauchemar en attendant la visite du « psy » Je pense que c’est sincèrement le mieux.
Je laisse tomber mon arme, enjambe le cadavre frémissant, et descends lentement l’escalier en m’aidant de la rampe.


3



La salle du restaurant, déserte et sombre, vibre à l’unisson de l’orage qui gronde au loin. Je jette un regard à ma montre et je relève des yeux étonnés. Quinze heures cinquante ?
On se croirait à vingt deux heures…
Pas un chat dans la salle. Même le corps de Francis a disparu…
J’avance jusqu’à la porte qui donne sur la terrasse, l’ouvre et me pétrifie. Dehors, là ! Sous mes yeux ! Une palanquée de clients à rejoint les précédents et, seuls, en couples ou en groupes, ils consomment tranquillement sous l’œil attentif de la serveuse. Plus loin, entourés de supporters plus ou moins bruyants, des joueurs de pétanque disputent une partie apparemment acharnée. A droite, des enfants jouent à je ne sais quoi en se poursuivant avec de grands cris

Mains sur les tempes, complètement dévastée, je me retourne d’un bloc pour constater que la salle du restaurant craque de partout sous l’assaut de l’orage.
Broyée par l’inexplicable, noyée dans une solitude désespérante, je me mets à hurler en ayant la certitude de vivre une réalité que je n’arrive pas à comprendre, à pressentir.
Titubant dans le fracas du tonnerre, je m’approche d’une chaise et d’une table, m’assois, plante mon front sur mes avant-bras posés à plat sur la nappe, et laisse de grosses larmes couler sur ma déchirure. Sur la peur distillée par l’incompréhensible…
Je n’ai plus ni l’envie ni la force de réfléchir. Mes pensées se fragmentent et partent à la dérive dans un labyrinthe sans fin. Seule, une musique venue de nulle part se fait entendre. Je m’y sens bien et m’en imprègne. Elle arrive par vagues successives et va crescendo, accompagnée de mille couleurs qui sont elles mêmes une symphonie. Le chant puissant des orgues m’exalte. Les couleurs s’irisent dans un gigantesque ballet chatoyant tandis que le concert s’amplifie jusqu’au supportable.
Je tends avidement les mains vers ce bonheur, vers cette musique dantesque qui s’empare de tous mes sens, m’entraînant dans un univers peuplé d’amour, de paix, et d’être aimés.


4



Le canon de l’automatique se pose rapidement sur la tempe de Denis.
- Plus un geste fumier, pose les mains sur le volant. Francis, récupère son flingue !
Denis, à des années lumières de ses anciens collègues, est penché sur la jeune femme brune qui, les yeux grands ouverts, contemple l’éternité.
- Sonia ! Réponds moi nom de Dieu, réponds moi… Putain ce n’est pas vrai, pas possible, tu n’es pas partie dis ?...

Il pose délicatement ses lèvres sur celles de la jeune femme, laissant des larmes de désespoir sillonner ses joues pendant que sa main effleure délicatement le visage de la morte.
Il relève un visage ravagé.
… A l’instant je te dis, à l’instant même. Quand la voiture s’est écrasée contre les rochers elle vivait encore, je le sais Marc, j’en suis sur, le temps que vous arriviez. Elle m’a jeté un regard, un seul… Puis elle a perdu conscience et a déliré quelques minutes, jusqu’à votre arrivée, jusqu’à maintenant. Et je n’ai rien pu faire avec mes jambes coincées. Je l’ai entendu mourir Marc, je te le jure, elle a parlé d’une auberge, de toi qui riait et qui l’a provoqué en duel, de moi qu’elle avait abattu, de fringues changées et de je ne sais quoi encore…
…Oh j’ai mal les gars, vraiment mal, dégagez moi vite !... Elle a parlé aussi de toi Francis… Je n’ai rien pu faire, rien, vraiment…
…Regardez comme elle avait de beaux cheveux. Et ses yeux ? Regardez ses yeux les mecs, magnifiques, ce bleu superbe. Ils sont étonnés ou inquiets je ne sais dire… Mais son visage est reposé…
…J’ai été pris de panique vous savez. Mes dernières paroles n’ont pas été sympas pour elle… Dites moi, c’est vraiment fini ?
Francis tend la main et ferme les yeux de Sonia.
- Oui Denis, vraiment fini.

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