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Céleste in Pisse


Auteur : Santobarenus

Style : Fantastique




Le Paradis, oui ! Moi, j’en ai plus qu’une vague idée, avec mes deux ailes au cul ! Tandis que l’homme lui, ne serait-ce que pour en avoir un chiche aperçu, il doit bosser dur pour ça…mentalement surtout ! »
Ange A. H-G


Très intrigué par ce que nommaient des anges ici, sur terre :
Une scène de crime, ange Amiel longea de nouveau l’avenue de cette ville grouillante, pour se retrouver dans cette impasse dans laquelle il vit un groupe, de collègues – anges ailés, invisibles aux hommes, avec aussi d’autres angélus incognitos comme lui, visibles comme n’importe quels mortels, aux physiques d’adolescents humains encore embourbés dans l’enfance.
Tous semblaient discuter, piailler, s’exciter, les yeux en direction du sol.
Ange Amiel approcha, en se frottant les jambes, puisque bien chichement attifé pour ce climat frisquet de cette métropole vaste et grisâtre.
Il se fraya un chemin tout en se présentant brièvement à ses comparses, l’air découvrant l’Affaire. Il baissa les yeux sur le macadam fissuré pour constater sur son dessus, et aussi partant des 50 centimètres verticaux du mur, un gazon d’un vert irradiant, agrémenté de fleurs aux couleurs variées poussant presque à vue d’œil.
Ça, c’est la merveille – ou plutôt le résultat d’un angélus qui s’est oublié « ici ».
Un petit coin vert bien insolite pour cette impasse, elle-même lézardant dans une ville si crasseuse. Mais plaisant aussi, potassa silencieusement l’angélus fraîchement arrivé ici.
« Tiens, Amiel, tu es là aussi ?
_ Oui ! Mais que ce passe-t-il ici, ange Orvia ?
_ Ne vois-tu donc pas, l’un de Nous, a certainement uriné dans les Champs du Seigneur, et voilà le résultat, lâcha la « fille », perturbée comme un caniche coincé dans le lave-vaisselle et comme le restant de l’attroupement officieux – visuellement du moins.
« DES TRACES, ÇA LAISSE DES TRACES ! ET ÇA POUSSE ENCORE, REGARDE-MOI ÇA !! »
_ Et alors, lança Amiel, un peu perdu par toutes ces affres immodérées, comme si leur Septentrion s’était une nouvelle fois embrasé.
C’est plutôt joli, non ! Enfin quoi, regarde-les admirer cette… floraison. » Amiel lui fit voir d’un geste vague, qu’il voulut le plus imprécis possible, que de simples badauds furent aussi de cet attroupement angélique, visibles ou non et sans le savoir, à découvrir, ahuris, cet espace vert qui en rien était une oasis prévue pour une déco extérieure, qui serait bien inappropriée ici, sur le mur d’une H.L.M crasseuse.
_ NE DIS PAS DE SOTTISES, C’EST UN CRIME IMPARDONNABLE !
_ Ah, je vois ! Un angélus a pissé ici-bas, quelle Affaire ! Diligentons Dieu, pour le châtiment de cela, ou Satan pour lui faire boire cette pisse qui est sûrement sienne ! soupira Amiel, tournant la tête, histoire d’affirmer le ridicule de ce Prodige Pissé.
« Tu n’as pas l’air de te rendre compte. On attire la curiosité des hommes seulement par des laxismes de ce genre. On ne doit pas se faire remarquer, Nous Autres. Restés dans l’ombre des mortels, telle est nôtre mission.
_ …Oui, et si tu veux mon avis, c’est bien triste !
Nous autres angélus, n’avons-nous rien d’autre à faire que de houspiller l’ange qui a juste…uriné ici alors qu’il y aurait à faire d’autres choses bien plus utiles, oui !
Et puis c’est plutôt bien si un pipi angélique occasionne de tels endroits. Non ?!
Regarde un peu où vivent nos Brebis, Orvia.
On devrait avoir pour seule mission angélique ; pisser partout dans cette ville. Dans ce monde censé être de paix et d’harmonie.
Oui, rendons le monde meilleur, pissons plus que de raison !! Mais va savoir pourquoi, « nous autres », comme tu dis : emplumés du pétrousquin, nous devons restés dans leur ombre.
Mais tu ne sais pas quoi, ange Orvia ?!? Nous, nous sommes leurs Ombres.
_ Tu devrais rengainer et… rapidement encore, un peu tes…vifs opposés, ange Amiel. Des anges ici bien mécontents ont aussi l’oreille fine.
_ Hystériques emplumés, oui !
_…Puis, ce n’est pas très fin de la part d’un chérubin, proposé à l’Evolution, en plus. Cela peut ramener à des souvenirs de révoltes passées, aux angélus présents ici !
Et je dois comprendre quoi encore dans tout cela ? Que pour toi, rien de si effarant n’est arrivé ici ?
_ Comprendre qu’il y a mieux à faire que de potasser sur un petit coin de paradis vert, bien impromptu, il est vrai !
_ Oui, comme apprendre à s’habiller comme les mortels que l’on côtoie.
_ Que veux-tu dire ?
_ N’as-tu donc pas remarqué qu’il te manque… un habit ?
_ Si, vois-tu, soupira ange Amiel, lorgnant plutôt en direction de cette trace d’urine magnifique qui peu à peu évolua en une parcelle herbeuse, presque une mini prairie printanière avec de jeunes pousses fleuries.
Ça ne va quand même pas devenir une jungle, marmonna-t-il, en voyant ses comparses là-bas s’exciter de plus bel, à défaut de s’émerveiller comme le faisaient ces modestes humains a leur cotés.
« Crois-tu que cela puisse pousser encore beaucoup, ange Orvia ?
_ Je ne sais pas pour tout dire ! Je suis Séraphin préposée aux Arts, pas aux pisses des anges ! »
Amiel se contenta de cette réponse sans un semblant de considération critique. Là-bas, le souvenir d’urine angélique en ces lieux devint toujours plus dense, sans pour autant perdre de son éclat. Les fleurs devinrent plus belles, car plus épanouies, les tiges de jeunes arbrisseaux bariolés de fleurs reluisantes au moindre pet de lumière. Amiel put même sentir leur fragrance. Au moins se l’imaginer.
« Rengainé mes opposés !! Tu parles ! Quant tu vois ça quand même… ! », maugréa a faible voix l’ange en humectant l’air nouvellement assaini de la ruelle.
Il réalisa qu’il avaitt vraiment froid aux jambes, que sa longue vareuse aux tons lunatiques et aux allures de jupes ne suffisait décidément plus. Et vu qu’il n’y avait plus de prodige à faire ici, d’un signe lointain, il proposa a ange Orvia, de déguerpir vite fait de cette scène de crime bien gasconnée par des angélus en mal de se rendre intéressants à défaut de pouvoir (pour la plupart d’entre eux) se rendre visible a leurs chers mortels.

Déjà quelques pas dans l’avenue grouillante de mortels agités, ne regardant que leur pas, et Orvia, s’imagina comme un poisson éjecté d’un ridicule aquarium, pour se retrouver au final dans un infini raz-de-marée l’asphyxiant du premier coup. Elle soupira alors qu’Amiel, lui, regretta déjà de tourner le dos à cette oasis, à cette tâche, cette pisse magnifique, salissant avantageusement ce monde plein de purin grouillant de vermisseaux sans joie.
Il ne songea à présent qu’à rentrer chez lui, comme un « humain » après le lycée de la vie, une Vie meilleure quelques minutes.
« Zut, alors, je n’ai plus mes … ! Oh non, c’est dans !… ».
Il se tâtonna les cuisses, en remuant son ridicule caleçon bel et bien dévoilé.
_ Doit-on faire demi-tour, ange Amiel ?
_ Eeeuuhhh Non !
Je me souviens dans quelle poub…Attends voir !
Pars devant, je te rejoindrais, non sans hâte, ange Orvia ! »
Orvia continua seule sur le trottoir bondé d’âmes insouciantes, marquant le pas vers de banales destinations. Amiel l’observa s’éloigner tout en approchant subrepticement une poubelle dans laquelle il fouilla entre deux coups d’œil devant, voir si ange Orvia, là-bas, ne se retournerait pas trop tôt.
Orvia se retourna et ne vît plus ange Amiel. Elle rebroussa chemin, près de la poubelle ou précédemment, ange Amiel venait de marquer un bien étrange arrêt il y a quelques secondes. Elle y remarqua un tissu. Non, un pantalon couvrant les autres déchets.
Amiel n’apparaissant pas, elle pinça et sortit chichement l’habit de la poubelle. Elle remua la tête en remarquant des traces vertes sur la jambe gauche. Puis au niveau de l’ourlet, des brins d’herbes entourant même un coquelicot sur un lit de mousse verte parsemée de violettes.
« Tout découvert, tu as, ange Orvia !
Une bien pressante envie inévitable, devenue maintenant ; présente vie végétale, oui !
Durant mon pipi anodin, ces deux angélus sont apparus comme de derrière de l’un de leur nuage ventripotent des Cieux.
Bref ! Tout ce que je puis te dire, c’est que, point fin, je fus là aussi et c’est ainsi que je ne me suis pas opposé à « la » rengainer …mais, un peu rapidement dans le pantalon, il est vrai ! »





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