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Le bon mot


Auteur : BENINI Didier

Style : Réflexion




HHan ! ( Je m’arrête là pour inviter le lecteur à bien aspirer le ‘H’, d’ailleurs j’en ai mis deux. Prononcez ce ‘HHan’ en vous imaginant perdu, n’importe où, dans un endroit à l’envers, un non-lieu, un nul-part. C’est exactement ce qui est arrivé à ce mot pris de panique d’avoir perdu son sens, et donc lorsqu’il en saisit le sens, il pousse un grand..).

HHan ! Mais qu’est ce que je fais là, en pied de page ?

J’ai du perdre mon sens, le vrai, non pas celui qui désigne l’endroit ou l’envers, mais le bon, celui qui tombe sous le sens, me caractérise, me rend intelligible.

Si seulement je me souvenais du mot qui me désigne. Ça n’est quand même pas ‘Oubli’. Remarque cela expliquerait que je suis perdu au bas de ce nul-part. Suis-je au bas d’un paragraphe, d’une page, d’un chapitre, pire en fin de livre ? Ce serait un comble moi qui ai tant de mal à en commencer un.

L’horreur si j’étais la FIN. Celle qui ne peut qu’être précédée, que rien ne suit, celle que tant de fous visionnaires ont prédit.

Remarque j’aurai échappé au pire, l’avant FIN, les quelques mots juste avant que tout ne s’achève, le bain de sang, les cris, la prise de conscience de l’inéluctable.

Non, je ne me sens pas fini.

C’est terrible d’en être là, un mot sans signification. Si au moins j’étais précédé ou suivi, entre deux mots. Je saurai me définir verbe, nom commun, interjection. Mais là entre les lignes, je n’ai pas de sens.

Je suis peut-être un grand mot. Ça c’est mon côté ambitieux, vaniteux. Non plus sérieusement je me sens plus proche du gros mot, même petit. Pas vulgaire, juste un peu grossier pour mieux déchirer.

Une chose est sûre je ne suis pas un mot savant, je n’en serai pas là.

Et si j’étais une maladie, une affection, un de ceux qui la nomment, que l’on ne prononce pas ou dans un souffle, le dernier. Ça n’est tout de même pas ALZHEIMER je m’en souviendrai.

Bon pas de panique, il faut que je me pose. Je vais me mettre là entre le « saint » et l’ »esprit », juste sous le « père » et sur le « fils », voilà.

Pas terrible comme endroit. Le fils comme le père n’ont pas l’airm arrant, non je ne vais pas rester cloué ici, je vais aller voir plus loin.

On finira bien par me retrouver, me remettre en place. Je ne suis tout de même pas un de ces mots trop vite lâchés et que l’on se dépêche d’oublier pour éviter d’avoir à le regretter. Un mot d’excuses peut-être. Pourquoi pas si cela se justifie !

Je crois que je ne dois compter que sur moi-même pour me retrouver, ne rien attendre du mot, cette stupide succession de lettres qui d’une langue à l’autre devient imprononçable, incompréhensible, change de sens, de nombre, de genre. Non tout cela ne me ressemble pas.

Pourvu que je ne sois pas une odeur, avec ma chance je serai mauvaise. Ce qui ne m’irait pas, mais vraiment pas serait d’être vélo, fil, bille, mouchoir. Ou alors il me faudrait du vélo les plaies et les bosses, je serais fil du rasoir et du sac de billes je pourrais être celle de nacre qui en vaut dix de terre. Mouchoir j’essuierai les larmes de joies !

Si j’en suis là c’est peut-être que je suis difficilement prononçable, peu usité. Un peu comme ces mots choisis que l’on glisse, pas toujours heureusement, dans une conversation de salon.

Essayons de réfléchir. Il me semble m’être déjà retrouvé insensé, galvaudé et botté en marge. Sans mémoire, difficile à délivrer, mais également si souvent attendu, espéré, chuchoté, hurlé.

Bon sang mais c’est bien sûr ! Je suis même le premier d’entre tous, amour.





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