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Humain 2000


Auteur : MARQUES Gilbert

Style : Réflexion





Echéance suspendue au-dessus des têtes oublieuses comme une épée de Damoclès ; la fin d'une époque se révolte à son apogée prochain. Point encore de démagogie apparente mais une lente et sourde mutation se produisant non sans violence parfois.

Slogan :
" A bas l'autoritarisme !


La hiérarchie renâcle mais se désagrège inexorablement, entraînant dans sa chute l'épanouissement sociétaire des individus.

Erreur !


Les anciens suffoquent d'indignation. Leurs vieux tabous sont renversés comme des illusions irréalistes. Tous voudraient une immense paix dans laquelle devrait stagner le monde jusqu'à la fin des fins. Ils ont connu les guerres et l'inconscience humaine alors…
L'humain a longtemps travaillé à détruire la planète en croyant naïvement œuvrer à son mieux être. Trop tard ! Il en est réduit à tenter de sauver ce qui peut encore l'être.

Slogan :
" S'il faut s'achever maintenant, que ce soit au moins dans la joie, l'amour et peut-être le bonheur originel retrouvé !


Pourtant, même le sexe sert à faire du fric. Le plaisir, n'importe lequel, se vend et la morale s'excuse presque d'occulter les sentiments.

Erreur !


Cette étourderie coupable engendre une dépravation malsaine dans laquelle se noie un peuple avide de connaître, de savoir, de ressentir pour profiter avant de disparaître dans l'infini. Mourir n'est pas si facile mais vivre non plus alors…
Depuis toujours, il a fallu se battre pour obtenir. Le bonheur n'a de valeur que pour autant qu'il ait connu son contraire, le malheur.

Slogan :
- Il faudrait vivre pour exister et non pour survivre.


Beaucoup croit l'avoir compris. Ils essaient mais impossible de revenir en arrière. Les hypothèses philosophiques, si séduisantes soient-elles, ne sont pas capables de remodeler l'histoire.

Erreur !


Le soleil s'éteint peu à peu pour se reposer enfin auprès d'une nuit incommensurable d'où nul ne reviendra. Il est encore temps de profiter un peu de la lumière, même tamisée, au lieu d'essayer d'en expliquer le mécanisme alors…
La nuit, entresol des abîmes, avant de noyer le monde dans les ténèbres, s'installe dans les esprits. Elle favorise des rêves malsains devenus inévitablement fantasmes à réaliser. Elle habille la réalité d'une sombre auréole dans laquelle l'homme, déjà à demi-mort, se traîne comme une larve qu'un pied de géant a partiellement écrasée.

Slogan :
- Que la lumière soit l'ultime feu d'artifice !


Mais la lumière brille parcimonieusement. Trop de remords pour se permettre d'éclairer la vérité… Laquelle ? En existe-t-il seulement une ?

Erreur !


Ni véritablement mort ni tout à fait vivant, l'homme se regarde avec horreur dans la glace des vingt siècles passés alors…
Il aimerait espérer dans le futur tout en sachant que rien ne changera vraiment. Il y a derrière tout un gâchis trop lourd de traditions, d'obéissance aveugle et de mensonges. L'échec naquit avec l'homme pour se perpétuer au-delà de sa vie.

Slogan :
- Plus question de perdre !


La chandelle ne vaut pas tant que le jeu puisse être modifié. Trop de mauvaises habitudes ont été prises. Des morales trop rigides ont été inculquées, au besoin par la force. Une éducation trop aveugle et irresponsable a été distillée pour ne pas anéantir l'homme en lui assignant le rôle de l'éternel vaincu.

Erreur !


Pour ne plus se sentir perdu, l'homme a jadis créé des idées en lesquelles il s'est efforcé de croire puis il a continué, aveuglément, sans plus se poser de question. Il ne peut toujours pas supporter seul le fardeau de la fatalité contre laquelle il ne peut rien. Alors…
Par pure superstition, pour conjurer le néant, pour imaginer se perpétuer en une immortalité souveraine, l'homme a transformé les dieux en idoles au nom desquelles il s'est permis d'asservir.

Slogan :
- Les infidèles doivent mourir !


De représentations idéalisées, les divinités se sont matérialisées dans des corps de chair et de sang. Les masses ont besoin de se reconnaître dans du concret. Doucement, le commun est revenu vers un paganisme désuet.

Erreur !


Travailler pour s'extraire de la boue envahissante ne sert pas plus aujourd'hui qu'hier. Alors…
L'envie standardisée a créé d'inutiles besoins de consommation démesurée. Le superflu s'est insidieusement imposé comme l'indispensable alors que l'essentiel n'a plus de consistance. Passion de la possession pour posséder mais sans aucun sens utilitaire.

Slogan :
- L'économie chancelante sous la récession commande de consommer pour éviter la faillite !


Le fléau frappe, indifférent. Posséder ne répond plus à une nécessité mais à une mode universelle. Snobisme par lequel devrait s'imposer aux yeux de tous l'image convaincante d'une réussite tangible. Les parvenus ont pour seule conduite l'arrivisme mais… poudre aux yeux. Ils bavent toujours mais plus de concupiscence, seulement de la peur de perdre.

Erreur !


Le troupeau se sépare en deux catégories : ceux qui crèvent de trop posséder à ne plus savoir que faire pour avoir plus encore et ceux qui agonisent de ne rien avoir. Alors…
Epoque absurde du partage illusoire même si martelé comme une volonté irréalisable ! Il faudrait répartir équitablement les richesses pour parvenir à la paix dans la liberté mais trop d'intérêts particuliers et contradictoires entravent les rêves altruistes.

Slogan :
- Chacun a le devoir impératif de contribuer à la construction de son époque !


Cependant, les héros n'appartiennent pas à ce monde. Ils existent seulement dans les contes de fées, à condition qu'il n'y ait pas de sorcière, et dans les romans finissant bien pour tromper les lecteurs. Du reste, ils n'ont pas d'histoire.

Erreur !


Il subsiste le souvenir mythologique. Il ne sert pas à grand chose face à ce présent projeté dans le futur afin qu'il devienne mirifique. Fait brut : il s'agit uniquement de l'évolution normale de la race qui pense laisser à chaque étape une pierre utile aux générations suivantes. Alors…
Les enfants des enfants s'en fichent. Ils détruisent sans aucun respect ce qu'ont péniblement bâti leurs aînés. Ils construisent pourtant eux aussi quelque chose à partir des fondations de leurs aïeux même s'ils le refusent. Nul ne fait jamais complètement table rase du passé. Il y a toujours des gènes qui subsistent…

Slogan :
- Il faut tout recommencer à zéro !


Illusion ! On ne recommence jamais rien. On continue, c'est tout, tant bien que mal souvent et plutôt mal que bien. Ainsi pourrait se définir le progrès de l'avenir pour lequel chaque humain a sa fonction qu'il appelle destinée. Plus aucune fantaisie dans l'existence… Tout est minutieusement calculé, projeté, programmé et surtout, pas d'erreur possible mais parfois pourtant, des accidents de parcours.

Erreur !


L'homme vieillissant a cru conquérir la sagesse pour l'avènement de l'Age d'Or. Dans son jeune temps régna en effet une douce folie ouvrant accès aux paradis interdits et artificiels. Il pensa ainsi pouvoir maîtriser les événements mais il précipita au contraire l'histoire dans une infinie série de catastrophes cycliques. Alors…
Le présent s'est mué en un ordonnancement mécanique que nul ne peut plus diriger. L'informatique inventée pour suppléer les défaillances humaines, n'en fait plus qu'à sa tête. La robotisation envahissante qui aurait dû permettre à l'homme d'exister selon son gré, produit l'effet inverse en précipitant la majorité dans le cataclysme de la précarité.

Slogan :
- Les pauvres ne doivent plus exister !


Certes mais… comment interpréter cette déclaration sentencieuse ? Doit-on comprendre que la pauvreté doit être éradiquée ou bien les pauvres exterminés ? Tout est tellement planifié que l'homme n'a finalement plus très envie d'exister par lui-même. Tout paraît tellement facile que ça en devient en vérité tellement difficile et inaccessible pour la plupart que tous finissent par prendre leurs désirs pour la réalité.

Erreur !


Les désirs sont un leurre conditionné par l'environnement au point d'en devenir une obligation. Les nantis n'ont aucun effort à fournir pour les réaliser. Les autres se transforment en voleurs, assassins parfois, parce qu'eux aussi éprouvent des envies et n'ont pas d'autre moyen pour les assouvir. Alors…
L'homme se désagrège peu à peu. Son corps s'atrophie en une espèce de masse obèse, visqueuse et repoussante ou bien en une sorte d'échalas squelettique et au regard hagard. Quant à l'esprit, il se borne à ingurgiter le magma informatif sans plus aucune capacité d'analyse sauf à enregistrer des images prédigérées créées pour exorciser ses fantasmes, y compris la possibilité de faire l'amour par procuration.

Slogan :
- Civilisation de loisirs !


Peut-être mais… pour qui ? Ce qui aurait dû être un moyen de mieux vivre est vite devenu une prison dorée génératrice d'oisiveté, certes, mais surtout une course effrénée vers l'ennui pathologique. L'art même s'est dégradé à tel point que restent seulement des créations primaires sans cohérence ne parlant plus à un public insensible ou indifférent.

Erreur !


Tout est oublié, annulé, détruit, enseveli dans une rage révolutionnaire qui, impuissante à se régénérer, vacille et s'éteint en s'autodétruisant. Alors ?
DIEU ?!
Le vieux Léo a chanté "La vie moderne" mais il n'a pas vu s'achever le deuxième millénaire et même si ses paroles lui survivent avec un accent de vérité lucide, elles paraissent déjà dépassées. Tout continue comme depuis… toujours et l'homme survit, fou et sage à la fois mais malade de ce futur qu'il essaie d'imaginer pour le circonscrire parce qu'il en a peur !


Texte tiré de Nouvelles improbables





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