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Gerçures d'une galette


Auteur : KHETTAOUI Ahmed

Style : Romantique




Dès lors Djelloul ne cessa de mâcher sa décennie si cruelle, planée en plein cœur de ses soucis et son exil spirituel, ses yeux cernés. Il emmagasina ses représailles, son parcourt scolaire, et toutefois il pensait au Savoir et au bac, étant candidat à la prochaine session .Jadis fredonnait-il sans savoir que ses ancêtres eux- mêmes secouaient leur encens ? Leur propriété, leurs terres empan par empan... (un jardin printanier comme aux temps jadis)

Il s’accoudait sur le coude, paupières gonflées, perplexe, agitant un héritage égaré, contemple les gerçures de sa galette posée à proximité du Kanoun rassasié de visions lointaines malgré son âge de puberté.

Il était cinq heures du matin, d’un hiver glacé. La pluie qui tombait sans reprit dans les berges abreuva sa peau blême et sa djellaba en Laine épinglée par un frissonnement de froid strident. Tandis qu’il s’apprêta a gagner son boulot à cinq km environ de sa chaumière, où il travaille dans une carrière, sa mère Rahma , surgit d’une petite allée au cœur de son manoir, ombrée d’un léger foulard pâle comme ses rides, qu’on apercevait aussitôt triste et soucieux , s’enveloppa d’une couverture qui dissimula tristement une grande amère et une odeur dominant les alentours de cette allée, ne cessa de méditer d’un moment à l’autre son menton où frisaient quelques poils de puberté, ses soupirs s’engourdissaient avec l’âge, voltigeaient aux alentours du kanoun .Elle cherchait une posture convenant à son âge afin de chasser un soupir ébauché, expirant ses derniers jours.

D’une voix expirante s’exclama : « prends bien soin de ta santé mon petit fils unique Djelloul, il fait très froid dehors. » Tiens cette galette.

Une petite tranche de pain en orge, « malmenée » dans un kanoun (four) en argile.

Alors que Djelloul traversa l’unique vestibule démesuré, un« pauvre pain » « survécut »momentanément dans son panier .Sa mère Rahma le suivit d’un regard tressaillant, ses larmes luisantes, brulaient, broutaient son sort ,comme si un lapin broute son herbe en pleine jeunesse .Elle le dévisagea encore de la tête au pieds comme pour tester un présage ou une destinée qui étouffent son pressentiment et abritaient en même temps son courage, ne serait ce que pour en faire- au moins- un brin de conduite , quoiqu’elle lança de temps à autre un sourire qui paraissait terne entre ses rides, et qui ne s’ajustait guère avec ses intuitions et ses émois .

Djelloul, lui tint la main tendrement : « ne crains rien maman, je serai à la demeure avant la tombée de la nuit. »

Flanqué de ses murmures divins, Djelloul quitta le hameau, précipitant ses pas en direction de la carrière.

Un vent glacial pareil à un spectre destin lui boucha furieusement les oreilles. Il souffla dans ses mains pour les réchauffer.

Frileux, las, il arriva à sa besogne.

Un jour surgit d’un désastre qui flottait sur les intuitions de sa mère Rahma, comme si quelqu’un vient lui annoncer une mauvaise nouvelle.

Agenouillée devant le seuil de sa maison, bénissant son fils, elle grommela et dodelina minutieusement de la tête en direction de son fils « Que Dieu Tout Puissant L’assiste et le Protège ».

Djelloul, s’inclina, bâtissant une grande pierre rocheuse, sautillant d’un coin à l’autre, découvrit que la pierre était si lourde a l’arracher de son endroit .Il prit une binette, il se mit a la démolir, les lèvres béantes, il s’accroupit, essayant coûte que coûte de la détacher de son endroit. Promptement, une pierre rocheuse vint à toute allure du sommet, et comme il n’avait pas eu le temps de protester contre son destin, la pierre s’engouffrait véhémentement dans sa cervelle, qui, jadis, emmagasiner son « Savoir perpétuel »

Rahma, ayant besoin d’un réconfort, s’attendait- en outre- à un présage provenant de la carrière.

Offusquée, retint ses sanglots, sa généalogie, sa progéniture, sa candeur, implorant Dieu Tout Puissant de protéger son unique fils et son petit manoir.

Un fâcheux présage fait blêmir ses pensées.

Teinté, le ciel, d’un sinistre présage lui trancha les veines, d’où parvint:
« Ton fils Djelloul n’est plus, il a quitté ce monde !! ».

Rahma s’évanouit, en agonie, l’écho dans les berges, répliqua :
« C’est la providence tante Rahma, nos condoléances. ».

Le silence d’une autre galette enflée dans l’obscurité du kanoun s’était épargnée pour le diner, accommodée d’une tasse de lait de l’unique chèvre, côtoya ses songeries, sa candeur à jamais... !!! Et… ce n’est qu’un présage multiple... !!!





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