Sat, un artiste



Nouvelle écrite par Mathioveski dans le style Noires



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I De la bidoche, de l’art brut et d’un cadavre.

Marcel Mantu se réveille à Bagneux dans un HLM 2 pièces, il est 4 h et Mathilde Pleurotte dort profondément et bruyamment, à ses cotés, le nez dans une cuvette. Marcel est ventru, velu et sent encore la vinasse indigeste de la veille au soir, de même que sa compagne tout aussi ventrue, mais à la chair molle et acnéique.
Se lever pour prendre son tour à l’entrepôt des Boucheries Unies dans Rungis, décrocher les quartiers de viandes de l’intérieur des semi-remorques pour les raccrocher ensuite dans les caves frigorifiques. Voilà le contenu prometteur de la journée qui s’annonce.

Marcel : Ah! Mathilde, Mathilde. Je ne peux plus supporter cette vie, se lever si tôt le matin en sachant qu’il en sera de même le lendemain. J’aimerais avoir le droit de me lever pour me recoucher ensuite sans qu’un justificatif médical, social ou patronal me soit nécessaire.
Mathilde : Bheurps! Et tu me réveilles pour me dire ça? Tout les matins c’est la même, t’as du mal à digérer la villageoise de la veille et tu cherches une excuse dans des problèmes existentiels. Tu pourrais pas aller bosser en silence, non!
Marcel : Mais tu n’aimerais pas vivre au grand air, dans une ferme, sans patron ni usine, ni voisin, ni CO2 et mobylette pétaradante. On ferait pousser not’vigne, 2 ou 3 chèvres, quelques poules, des plants de chanvre, le RMI et le paradis est à nous.
Mathilde : Mmh! Tu veux pas qu’on reparle de tout ça ce soir, ch’uis fatiguée, là!
Marcel : Ben! Justement moi aussi!

Il se lève, enfile sa robe de chambre, orange à pois marrons, et se sert sa kronenbourg matinale.

Marcel : Si cela continue j’vais me faire végétarien, trimbaler de la bidoche toute la journée, PFFF! J’en peux plus c’est pas une vie j’te dis!

Il sort un paquet de saucisse Knacki du frigo, en extrait une et la trempe, froide, dans une mousse au chocolat Danone.
Mathilde ronfle, Marcel parle seul.

Pff, c’est vrai qu’c’est pas la première fois que je le dis, mais là vraiment de vraiment j’en peux plus ! Faut que je réagisse ou j’vais finir par m’encroûter. Si je reste ici, je finirais minable, dans un boulot minable, avec une femme minable dans un appart minable. C’est quand on bouge que l’on se révèle. Tiens, j’ai toujours rêvé d’être artiste mené la vie de bohême, si ça s’trouve c’est possible!

Tout en devisant il se lève, se passe la tête sous le robinet, s’habille et part prendre le bus.

Les bruines nocturnes battent les flancs du camion, sous les saccades d’un vent glacé. Bruits feutrés, les portes du semi-remorque s’ouvrent sur des dizaines de quartier de viande, rouge et blanche, se ballottant aux bouts de crochets acérés. Des hommes en blanc aux mains gantées les saisissent puis les jettent sur un chariot traîné par un petit tracteur. A l’extérieur il fait encore nuit, seule la lumière forte, mais jaune et tremblotante, éclaire le bitume humide et les murs grisâtres des entrepôts. Au-dessus de grosses lettres lumineuses indiquent :

5000 M2 à vendre 10 000 Frs
*****...

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