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En scène


Auteur : Everclay

Style : Action




Brexton Place, vous connaissez ? C'est un joli patelin qui, ma foi, vaut le détour. En plus de ses deux mille habitants, on y trouve un chouette bowling, un cinéma, un temple protestant ainsi qu'une église morne, et quelques bars plutôt sympathiques.

Je me désaltérais dans l'un deux, sur le trottoir, quand soudain une fillette maigrichonne s'est mise à crier, sa main droite en visière.
"Là - haut, un homme ! Regardez !"
Alertée, toute la clientèle s'était déjà précipitée au dehors pour observer le spectacle. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, la rue fut pleine de monde. Une vraie tornade tous azimuts.
"Là-haut, là-haut, là-haut...!!" répétait l'enfant, excitée comme une puce.
Je sortis à mon tour et me faufilais dans la foule, mon blouson de toile kaki jeté sur mes épaules.

Au dernier étage d'un vieil immeuble, un gars menaçait de se lancer dans le vide. Pour ma part, je ne connais rien de tel, pour stimuler une telle foule, qu'un homme empressé d'en finir avec sa pauvre vie. Et chacun commentait l'évènement.
"Pauvre type !"
"Un dingue, ce mec, sûrement !"
"C'est qu'il va plonger, l'abruti"
Regardant l'homme, le nez en l'air, je ricanais férocement tout en secouant la tête.

"Ne vous en faites pas", dis-je à voix haute, ce gars il ne sautera pas. Ca je suis prêt à le parier. Je prétends qu'il cherche seulement à se rendre intéressant. C'est tout. A ce que je vois, il y réussit drôlement.
Jouant des coudes, je me déplaçais tout en parlant envers la foule. De partout sortaient des têtes curieuses. Les places étaient gratuites, allez donc !!

"Une sacrée vedette ce type ! lançais-je. Je pense qu'il mérite quelques applaudissements."
De toute évidence mes paroles énervaient les spectateurs. Certains d'entre eux me foudroyaient du regard. Tandis que d'autres m'insultaient de toute leur hargne. Néanmoins, je continuais mon discours.
"Je vous répète qu'il n'y aura pas de chute libre, allez jeunes gens vous pouvez rentrer chez vous, c'est l'expérience qui parle."
Un grand costaud m'accosta :
"Alors, cria t-il, monsieur joue au petit malin ?"
"Ni petit, ni grand !"lui répondis je.
"Pas plus tard que dans cinq minutes, je vous parie mon billet que ce gars va nous rejoindre par l'escalier de service."
"Qu'en savez vous, vous ?" hurla à mon oreille une femme assez enveloppée, coiffée de bigoudis multicolores.
Souriant je dis :
" Vous verrez bien !!"
"Le suicide se déroule à huis clos, ce n'est pas un spectacle ! Quant à moi je vous parie mon slip à petits pois rouges qu'il ne sautera pas et qu'il fait ca pour épater la galerie." affirmai-je.

"Vous ne savez pas ce que vous dites, gueula une fausse blonde. Ce malheureux va sauter, c'est certain !!"
"Il faut tenter quelque chose avant qu'il ne soit trop tard" répliqua une voix autoritaire. !"
"N'embêtez personne, répliquai-je, et laissez ce fou se débrouiller seul. S'il a vraiment l'intention de jouer l'homme volant c'est sa vie qu'il s'agit et non la nôtre, non ?"
"La ferme, sale imbécile ! s'écria une jeune métisse. Vous devez être saoul pour raconter de telles choses. Il faut porter immédiatement secours à cet homme."
Au risque certain de me faire taper dessus, je partis en riant.
Comme je tournais la tête, mon regard rencontra un insigne sur une chemise bleu : un flic en chair plus qu'en os.
"Je n'aime guère les vantards de ton genre, dit-il d'un air de dégoûté. Surtout, quand ils sont pas du patelin. C'est compris, monsieur la grande gueule ?"
Confronté au flic, je me décidai à me taire et m'éloignais en sifflant.
Alors le policer décida de monter en haut pour voir le gars. A l'étage, le candidat ne bougeait pas d'un poil, tandis qu'au sol quelques soeurs faisaient des prières. C'est à cet instant précis que la tête du policier apparut à la fenêtre. Dès lors un interminable dialogue s'engagea qui s'acheva par la victoire du bons sens et non de la sottise.
"Du bluff ! m'écriais-je aussitôt. Je vous l'avais bien dit..."
Jouant des coudes une dernière fois, je regagnai ma voiture qui était stationnée au bout de la rue.

La nuit tombait lorsque j'arrivai à Brandle. Au comptoir d'un Mac Do je dévorai un cheese … pleines dents, avant de louer une chambre dans un motel. Le matin, je me réveillai tôt, le cerveau embourbé mais dans lequel mille et un projets faisaient foule. Ken Bendick mon fidèle compagnon arriva pour le déjeuner. Après le spectacle me raconta t-il, il avait était conduit à l'hôpital, on lui avait administré une dose de sédatifs. Ken en avait l'habitude, cela se passait toujours ainsi. Lui et moi, on s'est connus en taule. Ken était funambule dans un cirque, avant de forcer la caisse du cirque. Quant à moi je suis pickpocket. Nous traversons tout le pays faisant ce spectacle. Lui dans les airs moi au sol avec mes mains baladeuses du temps que les têtes curieuses scrutent Ken. C'est l'entente parfaite. En ce qui concerne Brexton Place, j'avoue qu'on s'en est pas trop mal sortis. En quelques jours de "fiesta", Ken et moi allons claquer jusqu'au dernier centime. Après quoi nous partirons ailleurs pour refaire notre petite exhibition. En scène telle est notre devise.





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