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Ces drôles de soldats


Auteur : Everclay

Style : Action




Les jours devenaient de plus en plus longs, de plus en plus gris. La guerre continuait à faire rage entre les deux camps. Une lutte sans merci écrasait la vie de la cité. Les habitants ne sortaient que la nuit, afin d'éviter les tirs des "snipers". Et même la nuit, ils devaient éviter et se frayer un chemin entre les bandes rivales qui se battaient pour un morceau de pain. D'un côté, il y avait la guerre des soldats, des armes, et de l'autre celle de la nourriture.

Il était 17h la nuit s'installait doucement dans les rues. Quelques chiens crédules ou bien courageux vagabondaient à travers la ville. Les ruines de la ville goûtaient aux derniers rayons de l'astre couchant. La journée avait été calme, trop calme, pour un jour de guerre. Retranché à l'ouest de la ville, un commando Serbe assiégeait la ville.

A peine cinquante hommes sous le commandement du lieutenant Zerger, un mètre quatre-vingts, quatre-vingts kilos, des épaules de déménageur, un menton carré et une voix caverneuse qu'il faisait remarquer tous les jours à ses hommes. Il était aux commandes du 9ème commando des forces Serbes. Il était 11 heures du matin quand surgissant du dehors, un homme fit irruption sous la tente :
- Mon lieutenant, un camion Bosniaque vient de verser dans une rue à quelques kilomètres d'ici. Apparemment, il transporte des munitions, et de l'argent. Et je me permets de vous dire...
- Oui, oui je sais, on ne tiendra plus longtemps, l'interrompra sèchement Zerger. Allez chercher Kogi, prenez des grenades fumigènes et de défenses, et allez me chercher ses munitions, soyez de retour avant la nuit.
Obnibulé par la perspective du butin que cette mission pouvait lui rapporter le sergent chef Moakovich ne posa pas de questions et il était tout à fait disposé à partir pour la mission. Les deux hommes s'habillèrent vite, enfilèrent leur gilet par balles, prirent leur fusil et quittèrent le camp. Après une bonne demi-heure de marche, Kogi aperçut enfin le camion au fond d'une rue. Kogi était un solide gaillard bâti en athlète, un garçon qui respirait la santé. Quant à son coéquipier Moakovich, petite moustache et cheveux ondulés, un léger sourire qui découvrait ses dents éclatantes, il semblait tout droit sortir d'une affiche de cinéma. Moakovich était né à Sarajevo, mais à la mort de ses parents, il avait vécu avec sa soeur à Tuzla, dans la même province.

Kogi fit un signe de la main à son camarade pour lui dire de se mettre à terre : des soldats Bosniaques patrouillaient. Ils gardaient le camion, pendant ce temps une poignée d'hommes essayés de remettre sur les roues.
- Ne restons pas là ! On va se faire allumer, chuchota Kogi.
Ils avaient déjà bondi à l'abri, derrière un vieux mur en ruine. Moakovich chercha lentement une position pour se caler plus confortablement derrière le muret qui l'abritait. Et d'un geste progressif il éleva le canon de son GP-35 et visa les soldats. A son tour Kogi décrocha une grenade de défense de sa ceinture, la dégoupilla et la projeta en direction des Bosniaques. A ce moment là son collègue arrosa la patrouille d'une rafale. Comme si la rafale ne suffisait pas, la grenade explosa en plein centre de la rue. Après le fracassement terrible de l'explosion on n'entendit plus un bruit. Entendant que la fumée se dissipe, les deux hommes sortirent, prudents, de leur cachette et virent une douzaine d'hommes allongés sur la chaussée, dégoulinant de sang. Ils s'approchèrent lentement du camion, qui n'était plus qu'à une centaine de mètres.

Dans ces cadavres : un soldat bosniaque agonisant encore vivant tenta de saisir son arme et la pointa vers le duo Serbe. Son uniforme était tâché de sang, mais on pouvait voir distinctement qu'il était touché à l'épaule gauche, juste au-dessus du coeur. Les deux hommes dos à cette scène ne firent pas attention et continuèrent à progresser en direction du camion. Une détonation retentit : Kogi vacilla, tournoya sur lui même et s'affala en plein milieu de la chaussée, jambes et bras écartées. Moakovich se retourna et mitrailla le Bosniaque, qui vulnérable poussa un dernier gémissement avant de rendre son dernier souffle. Moakovich était réaliste. Il n'avait pas besoin de se pencher sur son collègue pour s'apercevoir qu'il était mort.

Il venait de perdre son coéquipier, il se retrouvait seul dans la ville. Seul pour remplir cette mission. Il continua sa route et arriva enfin au camion : Des sacs contenant certainement des billets, pensa Moakovich, jonchaient le sol. Des caisses de munitions à moitié ouvertes se trouvaient à l'intérieur du camion. Mais il ne fit plus attention à cet argent, à ce butin, qui était à porter de ses mains. Un bruit étrange le dérangea, des pleurs, il ne savait pas, il chargea son GP-35 et contourna le camion. Brusquement derrière le camion, il se trouva nez à nez avec un soldat Bosniaque. Mais ce soldat n'était pas comme les autres, il n'avait la peau tiré, la peau ride par les hivers trop froids, c'était seulement un gamin qui n'avait sûrement même pas 18 ans. Il se trouvait là en pleurs tenant un fusil braqué sur Moakovich.
- Pars, Va t-en !! dit Moakovich.
L'homme à qui il parlait ou plutôt le gamin, l'observait d'un air intrigué, et sa main se rapprochait insensiblement de sa gâchette. Moakovich ne disait plus rien, lui aussi il braquait son arme sur le soldat. Le jeune soldat tremblait et à tout moment il allait appuyer, tandis que Moakovich semblait serein et avait en point de mire la tête du Bosniaque. Les secondes passèrent, les minutes s'écoulèrent, interminables. Qui va craquer, qui va perdre cette guerre psychologique. Tout deux espéraient un événement extérieur, un bruit, n'importe quoi... Mais les deux hommes ne se quittaient pas des yeux.
- Ne fais pas l'idiot, Pars... cria Moakovich.
Moakovich ne parlait plus, son regard fixé sur le soldat. Cela faisait déjà plus de quinze minutes que les deux hommes étaient là plantés, face à face, tenant la vie de l'autre au bout de leur fusil.

L'hiver s'était abattu sur les montagnes qui entouraient la ville, leur sommet était recouvert de neige. De violentes rafales de vent soufflaient sur la ville. Le jeune soldat Bosniaque semblait se disperser, il regardait de moins en moins Moakovich. Qui lui ne déviait pas son regard, aucun signe de fatigue, d'énervement. Soudain, les deux hommes entendirent des petits pas arrivaient à grande vitesse vers eux. Le Soldat bosniaque regarda ces pas qui arrivaient vers lui. Ses yeux se détournèrent légèrement de l'objectif et aperçurent un petit chat noir traversant la rue pour rejoindre sa mère. Le gamin ne sentît même pas la balle lui écraser la cervelle.





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