Temps pourri



Nouvelle écrite par Ghislain GRENET dans le style Fantastique



Vous aimez cette nouvelle ? Partagez-là !
image3

Un de nos partenaires

MULTI PANDA
Création de sites internet
Site vitrine ou site sur mesure

En France en 2060, dans un village près de Lilles, les habitants fêtent le premier mai :
« Ca y est, dit l’un d’entre eux, on va pouvoir jardiner. »
Le week end arrivé, les villageois vont dans le dernier jardin ouvrier de la région. Ils ont gardé le principe du jardin collectif. Le moment des semis est enfin arrivé. Le mois de mai est pluvieux, les graines pourrissent en terre. Juin est une période calme. Enfin les premières pousses apparaissent. L’année semblait se présenter sous de bons auspices. Les tomates prennent forme.

14 juillet :
« Dans une semaine je vais manger ma première salade dit l’un.
- Moi mes tomates » dit un autre.
Quand soudain, une femme arrive sur la place de l’église où des joueurs de boules disputent une partie :
« Eh ! Les gars, je viens d’écouter la météo, pour le bal de ce soir, c’est râpé.
- Pourquoi tu dis ça ?
- La météo annonce de la neige avec des rafales de vent. »
Comme cette femme est la pocharde du village, tout le monde rit :
« Allez Céline ! Laisse nous et va boire un coup à notre santé. »

22 H.
L’heure des festivités arrive. Après une journée bien arrosée, les gens un peu ivres chantent et dansent dans les rues :
« Tu trouves pas qu’il fait un peu frais pour la saison ?
- Bof ! C’est le pinard qui fait toujours ça quand on a un coup dans le pif. »(rires)
Soudain, la température chute anormalement. Le vieux thermomètre en émail accroché sur le mur extérieur du café indique –1 :
« C’est pas bon signe dit Jacques le voisin de Guy.
- Je vais aller couvrir mes tomates dit Guy.
- Par ce temps ? Et en plus il ni y’a plus de courant.
- Je m’en fous ! J’ai un groupe électrogène.
- Moi je rentre dit Jacques, on verra ça demain. Corinne, tu viens ?
- Regarde ! Dit-il à sa femme, il neige.

1 H du matin : coup de vent. Les vieux se rappellent de la tempête de 1999 :
« Pourvu que ça ne recommence pas comme en 99 ?
- Mais non papi ; ils nous auraient prévenus. »
Après un vent hurlant de 1 H à 5 H du matin, le calme revient soudainement. A 6 H, tout le monde est dans les rues. Le soleil est radieux et illumine 30 CM de neige. L’électricité est rétablie :
« Aux infos, ils ont dit que la Tour Effel était tordue.
- Tu m’étonnes ! Ils ont dégusté ; 320 Km/H en rafale ; ça dépote.
- On n’est guère mieux loti dit un autre, la plupart des maisons sont éventrées. »
Après la fonte des neiges en 6 H de temps et par une température de 40°, des tonnes de gravats et d’objets divers sont évacués des rues. Des chiens sont placardés sur les murs. Une caravane est rentrée dans la salle à manger de Serge, provoquant l’explosion de sa maison. Dans le village de 800 Habitants, seules 52 personnes ont survécu. Les sauveteurs doivent sortir les cadavres putrides des décombres. La presse est là pour filmer le charnier.
C’est une pluie diluvienne que doivent subir les urgentistes la première semaine travaillant et pataugeant dans la boue et le sang. La neige se remet à tomber pendant 15 jours obligeant l’arrêt des recherches. Le 6e jour, des rafales de 200 km/h finissent de miner le moral de tous.
Le commandant des pompiers dit :
« Maintenant que la population est partie, on reviendra plus tard. »
Et ce sont avec des véhicules cabossés aux pneus crevés qu’ils abandonnent les travaux.

Octobre arrive. 20°, temps calme.
Une armée de 300 hommes et 10 bulls arrivent :
« On va tout raser.
- Et les cadavres ?
- Ca doit être pourri maintenant ; on s’en fout. »
Au milieu des rats et des corbeaux, le balai incessant des machines rend le site apocalyptique. La région décide d’ériger une stèle à la mémoire de la population disparue.

Nous sommes dès à présent à Momonrancy. Noël arrive. Les sapins en plastique trônent devant les cheminées ; il est vrai que depuis toutes ces tempêtes, le naturel est hors de prix. Les arbres fruitiers sont en fleurs. A la télé, avant le film, les infos :
« Mesdames et messieurs. Tout d’abord joyeux noël ! La météo sera l’atout majeur de cette édition. L’anticyclone des Açores qui nous protégeait est reparti ; ce qui va provoquer un changement radical de temps….
- Qu’est ce qu’on va se prendre sur la tronche ?
- Tais toi et écoute.
- La baisse spectaculaire des températures fait craindre un risque de neige entre autre..
- Merde ! Tous les arbres vont être foutus. Prends un sceau, on va cueillir un maximum de cerises.
- Mais tu as vu l’heure qu’il est, et en plus il fait nuit.
- M’en fous, faut cueillir. »
Il fonce dans son garage pour prendre une échelle. Il monte dans l’arbre mais n’a pas le temps de cueillir un seul fruit qu’une rafale de vent d’une force inouïe arrache le cerisier. L’homme tombe :
Michel, Michel hurle une femme.
- Ca va, j’ai rien dit une voix dans les branchages.
- Allez viens, on rentre. »
Sitôt rentrés, ils se barricadent :
« Maman, on mange ? J’ai faim dit le gosse.
- Mange si tu veux, nous on a du boulot.
- Mais c’est Noël.
- Dis à ton gosse qu’il est un peu con Martine. »
Et c’est chez tout le monde pareil. Comme une nuée d’insectes, les gens se précipitent sur portes et fenêtres :
« Merde ! Il ni y’a plus de courant.
- Avec le vent qu’il fait, c’est normal. »
Le lendemain matin, après une nuit venteuse, des congères de 2 M s’étaient formées :
« Quel chantier, et regarde la toiture ; tout est foutu. »
L’homme est effondré devant un tel désastre. Il rentre en larme chez lui :
« La télé remarche. » Crie sa fille.
Naturellement, on ne parle que de cela :
« En Afrique, la neige a recouvert le Congo d’une épaisseur de 30 CM…
- Ouais ! Nous on en a 2 M.
- Mais tais-toi.
- Bien madame, dit-il d’un ton agacé.
- Le pôle Nord est en train de se réchauffer. Professeur Dupuis, quels sont les risques en ce qui concerne… »
L’homme se lève et éteint le poste :
« Pourquoi t’éteins la télé ?
-Parce que j’en ai marre de leur bla-bla. C’est pas ça qui va refaire ma toiture leur baratin. »
Les dégâts sont moins importants qu’en juillet. Le gouvernement ne sait plus comment faire pour héberger tant de sans abris. Les casernes désaffectées sont réquisitionnées ainsi que les bâtiments communaux, y compris les églises. Des problèmes de nourriture et de maladies viennent se greffer sur le tout. Pendant ce temps à l’Elysée :
« Monsieur le président, que comptez vous faire en ce qui concerne la reconstruction du pays ? Demande le Premier ministre.
- Rien pour l’instant car les caisses de l’état sont vides.
- Mais les compagnies d’assurances peuvent mettre la main à la poche ?
- Leurs caisses sont vides elles aussi.
- Demandons l’aide internationale ?
- Je l’ai demandé mais les autres pays sont dans la même situation. »
La conversation se poursuit mais s’avoue être stérile.
Pendant ce temps, la population excédée se soulève. Des pillages sont organisés dans le monde entier. Plus d’un million de morts sont à déplorer en un mois. Pendant ce temps sur l’Atlantique, un paquebot semble être en difficulté :
« Mon commandant, venez voir.
- Qui y’a t’il lieutenant ?
- Regardez l’écran radar. »
Un halo de lumière illumine l’écran et l’appareillage électronique s’affole :
« Je n’y comprends rien, qu’est ce que cela veut bien dire ? » S’interroge le commandant.
Le second se lève et montrant du doigt d’un air affolé :
« Là ! Là ! Regardez. »
- Bon dieu ! Une lame de fond. »
Le bateau est sévèrement secoué et échoue sur des récifs :
« Mon commandant, vous allez bien ?
- Oui ça va, allez plutôt voir les passagers. »
En salle de réception, ce ne sont que plaintes et larmes. Des dizaines de corps gisent à même le sol. Après une heure de marasme, le calme revient. Pendant ce temps au Havre :
« Le satellite nous signale une lame de fond monstrueuse. Elle se dirige vers nous à une vitesse de 200 km/h. Elle devrait atteindre nos côtes dans 1 h et 15 mn.
- Il faut avertir la population pour qu’elle fuit.
- Vous vous rendez compte de ce que vous me dites ? Comment voulez vous évacuer une ville pareille en si peu de temps ?
- Alors que faire ?
- Prier !
- Moi, dit un type, je me casse. Et vous les gars, qu’est ce que vous faites ?
- ON SE TIRE, disent-ils en cœur.
- Et vous monsieur le directeur, vous venez ?
- Non, je reste.
- C’est de la folie pure. Enfin, c’est vous qui voyez.
- Exactement ! Allez, trêve de bavardages et filez. »
Les voyant détaller comme des lapins, il se dit intérieurement :
« Cassez vous bande de lâches, vous crèverez quand même. »
C’est dans une incommensurable panique que les habitants de la région ouest s’enfoncent dans les terres.

L’heure fatidique est arrivée. Une vague d’une taille impressionnante s’écrase sur la ville mais le pire reste à venir. Une bonne partie de l’eau de mer retourne dans son lit dû à un effet de boomerang ; ce qui entraîne avec elle toutes les terres fertiles. Ce n’est plus que ruines, pierres et désolation.
Pendant ce temps à l’Elysée, le lendemain :
« Où est le Premier ministre ? Hurle le président.
- Je suis là monsieur.
- Racontez moi ce qui se passe.
- Un volcan s’est formé dans l’Atlantique. Il déverse des millions de tonnes de lave dans l’eau en ce moment, créant ainsi un brouillard immense qui va obscurcir une bonne partie de l’Europe et une baisse des températures.
- Que peut on faire dans l’immédiat ?
- Rien ! Malheureusement. »

Des pluies abondantes chargées de soufre s’abattent sur l’Europe entière, provoquant la mort de millions de personnes, de la faune et de la flore et polluant toutes les nappes phréatiques. L’armée est mise à contribution mais est obligée de laisser tomber vû le manque de moyens. A présent sur l’Atlantique, s’est formé un cyclone de la taille de la France et se dirige à une vitesse épouvantable vers les USA ; ce qui provoquera le plus grand cataclysme de tous les temps. A présent, le volcan crache des cendres par milliers de tonnes pendant qu’au Pacifique, un autre volcan d’une taille encore plus monstrueuse vomit toutes les entrailles de la Terre. L’eau est en ébullition dans toutes les mers du monde. En un mois, tout est brûlé, tout est gris, tout est mort. Tout ? Peut être pas.
Suivez moi et allons au Havre si vous le voulez bien. Maintenant, regardez sur le rivage. Ne voyez-vous rien ? Mais si bien sûr, le directeur du Havre :
« Eh monsieur, c’est un miracle que vous soyez en vie. »
A ce moment là il se retourne, il a les yeux rouge sang et il me dit :
« J’ai gagné, ah ! Ah ! Ah ! J’ai gagné !!!

image1

Lecture aléatoire

Envie de flâner au fil des pages et de découvrir des récits, des histoires et des personnages au hasard, c'est par ici.



Merci à nos partenaires

Les partenaires qui soutiennent Nouvelles-Persos nous permettent d'y consacrer du temps, et donc de gérer le site dans l'intérêt des auteurs et des lecteurs.
Merci à eux.

Actualités

Mises en ligne, news, infos...


Statistiques

Nouvelle-Persos

Une nouvelle est une oeuvre littéraire proche du roman, mais qui s'en distingue par sa brièveté, le petit nombre de personnages, la concentration et l'intensité de l'action, le caractère insolite des évènements contés.