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Le cri des animaux


Auteur : BENINI Didier

Style : Réflexion




Vous qui êtes si érudits connaissez-vous les différents cris et sons des espèces vivantes qui peuplent la Terre ?
Et bien moi, oui.

Je pourrais parfaitement les citer et remplir cette page de vagissements, beuglements, piaillements, rugissements et autres grincements sans que vous n'en reteniez aucun. Alors permettez plutôt que je vous narre l'origine des sons et cris distinctifs de chacun de ces peuples.
Au début, bien avant que les poissons n'habitent les aquariums et que les chiens ne dorment dans des paniers ou que les chats ne jouent avec les souris, régnait sur notre planète un vacarme incroyable !
En effet comme aucune espèce vivante ne possédait de cri particulier chacune s'exprimait comme elle l'entendait et aucune ne se comprenait. Ainsi il n'était pas rare d'entendre beugler un oiseau, braire une cigale ou japper une grenouille. On raconte d'ailleurs la triste histoire de ce ban de poisson buvant la tasse en tentant de rugir, ou bien encore celle de ce lion qui rencontrait les plus grandes difficultés à asseoir son autorité naturelle de roi des animaux en cancanant comme un canard.
Mais le pire brouhaha était bien celui des hommes qui déjà ne partageaient aucun cri, son ou langage distinctif avec ses infortunés congénères. Dans la plus grande confusion et l'incompréhension la plus complète, petits, grands, noirs ou blancs se livraient bataille en s'insultant copieusement et sans aucun sens !
Ainsi bien avant le cri de guerre qu'on leur connaît les indiens discouraient dans un japonais approximatif et teinté d'un fort accent méditerranéen. Nous mêmes français nous exprimions le plus souvent en Inuit et parfois en Ougandais, quand aux femmes ougandaises elles, elles pilaient le millet en entonnant des chants folkloriques d'outre Rhin !!!!
Bref cette situation ne pouvait durer plus longtemps !

Le Maître des sons et cris distinctifs décida alors de réunir autour d'une même table un représentant de chaque espèce vivante, afin d'attribuer à chacune d'elle un son ou cri distinctif.
Il fallut plusieurs mois pour rédiger en autant de sons ou cris connus une convocation compréhensible par tous, puis autant de mois pour l'aller placarder sur les arbres où vivaient les oiseaux, dans les grottes où s'abritaient les hommes et sur les roses des vents qui embaumaient de leur parfum les déserts les plus arides… bref partout dans le monde un représentant désigné vint siéger autour de l'immense table des attributions.
A l'échelle de l'Humanité cette réunion dura longtemps, très longtemps et l'on vit souvent le soleil se lever sous les roucoulements d'un coq et la nuit coucher à son horizon la lune ronde et lumineuse, et qui accueillait en son cercle l'ombre d'un loup hennissant péniblement vers les étoiles.
Fort heureusement la sagesse animale vint à bout des réticences de chacun. Et c'est à l'unanimité ou presque que furent attribué les sons ou cris distinctifs de chaque espèce bestiale en ces termes sentencieux et prononcés par le maître des lieux.
- Nous Maître des sons et cris distinctifs attribuons ce jour au lion, le RUGISSEMENT !
- Nous Maître des sons et cris distinctifs attribuons ce jour à la baleine, le CHANT !
- Nous Maître des sons et cris distinctifs attribuons ce jour au cochon, le GROGNEMENT !
- etc.…

Chaque nouvelle élection était accueillie par le vacarme du son ou cri produit par l'espèce toute entière.
Maintenant c'est une vague d'apaisement qui inondait la planète et l'on pouvait enfin découvrir le bruit du silence ou du vent qui s'engouffrait dans les vallées.
Ne restaient plus autour de la table que les hommes.
Petits ou grands, blancs, noirs, rouges ou jaunes et pleins de leurs mots qu'ils projetaient en l'air comme des armes destinées à vaincre le verbe assassin d'un voisin d'une autre race.
Toujours sur l'échelle de l'Humanité ce tapage devait durer longtemps, très longtemps, et fort heureusement la délivrance vint encore cette fois de là où on l'attendait le moins.
Barbouillé par toutes ces élucubrations, un petit homme malingre et mal installé en bout de table ne put s'empêcher de lâcher un pet, mais un énorme pet qui tonna si fort que tous s'interrompirent interloqués par une telle liberté d'expression.
Terriblement gêné de s'être ainsi fait entendre l'homme s'excusa d'un sourire crispé cependant qu' un long silence pesant s'installait.
Puis les regards complices se croisèrent et l'assemblée toute entière éclata d'un rire aux milles éclats.
En un instant les bouches à canons des hommes devinrent autant de moues plissées libérant tout à trac les prouts et les pfuiiiits les plus incongrus qu'aucun ne pouvait produire d'une autre manière.
Alors le Maître des lieux se leva et de la façon la plus solennelle qui soit prononça ces mots :
- Nous Maître des sons et cris distinctifs attribuons ce jour à l'Homme ……… le ……
….. le RIRE !
Car il convenait d'admettre en ce jour de félicité que le seul son ou cri distinctif et « prononçable » commun à tous les hommes était bien le rire.
Alors riez, riez et riez encore de tout ……… mais pas avec n'importe qui !!!!!!





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