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Une soirée tropicale


Auteur : GERE Arno

Style : Scènes de vie




Après son travail il passa à sa villa pour prendre une douche et se changer puis sortit sa voiture. Il avait décidé d'aller passer la soirée au chef lieu, sans but précis, et sans même s'inquiéter de ce qu'il allait pouvoir y faire.
La nuit venait juste de tomber comme elle le fait sous les tropiques. Il n'était pas encore 19 heures et malgré la douce moiteur, les rues et les trottoirs avaient commencé à se vider.
Il remonta machinalement l'avenue principale et vira presque aussi machinalement arrivé à la hauteur de la poste principale. Il se retrouva donc par hasard dans une des rues où un semblant de vie nocturne pouvait exister avec quelques restaurants et bars non encore fermés.
Comme il roulait lentement, il prenait le temps de dévisager les passants et surtout les passantes. Il remarqua deux cafrines à la jupe étroite dont il pensa presque aussitôt qu'elles devaient être des prostituées à leur façon de tourner la tête au passage des peu nombreuses voitures.
Pour s'en assurer, il s'engagea sur sa droite pour regagner le haut de la rue qu'il venait de quitter. Il contourna ainsi tout un pâté de maisons. Les deux filles étaient toujours au même endroit et l'une d'elles était même immobile. Il n'y avait plus de doutes à avoir sur leur présence ici. Il stoppa donc sa méhari à leur hauteur. Il se pencha par la vitre baissée et regarda la plus grande. C'était aussi la plus jolie et celle qui semblait la plus décidée. Elle s'approcha de lui et lui demanda : - Tu m'emmènes ?
Il lui ouvrit la portière en guise de réponse. Elle s'assit sur le siège à côté de lui mais en maintenant la porte ouverte. La position debout était sûrement fatigante. Maintenant, il la dévisageait sans parler et sans en être gêné. Elle avait le joli visage satiné et lisse d'une jeune fille de vingt ans au maximum, des beaux yeux sombres où l'on voyait de l'inquiétude. Pour ne rien gâter elle avait une taille fine et des formes rebondies.
Il lui dit enfin :
- Je t'emmène chez moi ?
- Où tu habites ?
- Dans les hauts de la ville.
- C'est trop loin, allons plutôt à l'hôtel central, tu peux y prendre une chambre pour une heure !
- Pourquoi tu ne viendrais pas chez moi, on pourrait rester toute la nuit, ce serait plus agréable, surtout pour toi.
Elle le regardait interloquée, toujours sans le moindre sourire. Elle se retourna même et se pencha pour vérifier que personne n'était caché à l'arrière de la voiture.
- c'est d'accord pour l'hôtel mais pas pour chez toi.
Il chercha encore à lui faire changer d'avis.
- Combien tu me donnes ?
- Je ne sais pas, je ne connais pas les prix, poses toi même tes conditions.
- Tu viens d'arriver dans l'île ?
Il lui répondit par la négative. Elle continua :
- J'habite aussi dans les écarts, j'ai ma petite fille là-bas et je ne veux pas m'y rendre pendant mon travail. Mais toi, tu ne dois pas être là depuis longtemps car je ne t'ai encore jamais vu, pas plus que ta voiture.
Elle faisait des efforts pour s'exprimer en français mais le parlait très correctement. C'est vrai qu'en ce temps là , tous les « zoreils » étaient vite repérés par la population créole, à peine avaient ils débarqués dans l'île. Il se souvenait que trois jours après son arrivée, un visiteur avait trouvé sa case sans encombre simplement en le décrivant à un promeneur qui passait sur le chemin.
- Combien tu me donnes ? répéta t elle.
- Je ne sais pas. disons 10000F CFA si tu viens chez moi.
Elle eût un instant d'hésitation.
- Tu es marié ? Il lui répondit par la négative ce qui la rendit encore plus méfiante. Elle le regardait toujours droit dans les yeux mais l'air toujours triste et comme sans illusions. Elle lui demanda une cigarette qu'il lui alluma. Ayant pris tout son temps, elle lui dit :
- Je n'irai pas chez toi, mais si tu le veux, nous pouvons baiser dans la voiture, je connais des endroits discrets. Pour toi, ce sera 5000 CFA.
Cela ne l'enchantait vraiment pas, mais en parlant, elle fit un mouvement et sa poitrine dorée et luisante dans son chemisier blanc, se souleva.
- Où il est ton endroit ? en dehors de la ville ?
- Non tout près d'ici.
Elle ferma la portière et il démarra.
- Tournes à gauche lui dit-elle. Diriges toi vers les feux et vas tout droit, c'est sur la droite un peu plus haut.
Il stoppa la voiture sans couper le moteur. C'était un tout petit terrain vague bordé de deux maisons habitées. Elle vit bien que ce lieu ne lui plaisait guère. Pour tenter de le convaincre, elle l'assura qu'elle venait souvent ici avec des clients et qu'ils y étaient très tranquilles.

Il comprit que ce que lui proposait cette jeune et jolie femme n'avait rien à voir avec ce qu'il recherchait. Il lui dit :
- Viens je te ramène dans le centre.
- C'est pas la peine répondit elle en sortant prestement de la méhari et en disparaissant de sa vue, de sa vie, en un court instant.

Lorsqu'il démarra, il se dit qu'il savait maintenant ce qu'il n'allait pas faire de sa soirée.





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