Sauvetage d'Albert



Nouvelle écrite par Denis LEMAIRE dans le style Morale



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Nous sommes en 1942, les Allemands qui occupent le pays, font la chasse aux Juifs, ils sont accompagnés pour ce faire de nombreux collaborateurs.
Dans une demeure à appartements il y a une famille de Juifs qui occupent le même étage que Sidonie et ils se sont toujours très bien entendus entre voisins.

Sidonie vit seule, son mari qui a été appelé sous les drapeaux est retenu prisonnier en Allemagne, pour vivre, elle est obligée de faire quelques heures comme femme d’ouvrage, ce travail lui permet de vivre tant bien que mal.
Sa voisine qui est enceinte est presque arrivée à terme, elle a déjà trois autres enfants âgés de 12 à 5 ans, ils sont tous répertoriés et s’attendent donc à être comme les autres Juifs embarqués dans une nouvelle rafle.
L’accouchement est imminent, pas question de se rendre dans un hôpital ou une maternité, pas question non plus de faire appel à une sage femme.
C’est dans l’appartement de Sidonie que l’accouchement aura lieu, tout est prêt pour ce faire.
Les contractions commencent, directement Sidonie accueille chez elle la pauvre femme en pleurs, non pas de douleur, mais bien parce que un accord a été pris entre sa famille et Sidonie.
L’accord pris est le suivant, < comme toute la famille actuelle est répertoriée par les occupants, l’enfant qui va naître sera renseigné à l’administration comme étant celui de Sidonie>
C’est pour cela que la pauvre pleure, elle sait que cet enfant ne sera probablement jamais le sien.

Sidonie fait tout pour la calmer et ce en lui expliquant que de cette manière, cet enfant sera sauvé du déportement massif des Juifs, puisqu’il sera enregistré comme Belge.
Tout ce passe très bien pour l’accouchement, c’est un petit garçon, il aura comme prénom Albert.
C’est la sœur de Sidonie qui ayant été mise au courant de l’accord prit est venue rejoindre sa sœur, c’est d’ailleurs elle qui va faire inscrire l’enfant à l’administration.
Il reste maintenant de faire en sorte que pour le voisinage, Sidonie doit faire savoir qu’elle quitte son appartement pour aller vivre chez sa sœur qui tient une quincaillerie dans la ville voisine.

Six jours après la naissance du petit, toute la famille Juive est embarquée, Sidonie à bien soin de rester enfermée chez elle.
Sidonie fait ses valises et se prépare à aller vivre chez sa sœur, ceci afin que l’enfant puisse ne pas être vu des autres voisins et qu’elle puisse lui donner tous les soins et alimentation nécessaire.
Si elle va vivre chez sa sœur, c’est parce qu’elle possède un commerce de quincailleries et comme son mari est également prisonnier elle a bien besoin d’aide, en plus son commerce étant assez rentable, elles vont pouvoir ensemble ne rien laisser manquer au nourrisson.
Il faut à présent que Sidonie fasse en sorte d’expliquer à son mari comment ce bébé est entré dans sa vie, ainsi que le pourquoi elle a fait cela.
Elle ne sait vraiment pas comment s’y prendre, non pas pour dire la vérité mais bien pour faire comprendre ce qu’elle a fait à son mari, car il faut qu’elle fasse en sorte que les individus qui lisent les courriers pour la censure, ne puissent comprendre et faire en sorte de la coincer.
Il faudra beaucoup d’échange de courrier pour que son mari comprenne, sans pour cela ne pas avoir de doute, il pense que sa femme lui ment.
Sidonie comprend que son cher mari ne semble pas la croire, elle demande alors à sa sœur Aline de la seconder, afin qu’il n’y ai plus aucun doute sur sa fidélité.
Léon l’époux de Sidonie fini par faire semblant de croire sa femme ainsi que sa sœur Aline, mais dans son for intérieur il pense toujours que sa femme l’a trompé et que cet enfant est le fruit d’adultère.

Le bambin se fait bien, il est très bien soigné par les deux sœurs, ce qui fait qu’il pousse entouré de l’affection des deux femmes.
1945, les prisonniers sont enfin libérés et rendus à la vie civile, Sidonie qui dès la libération faites est rentrées dans son appartement afin de tout nettoyer et remettre de l’ordre dans le ménage, ceci pour que son cher époux retrouve tout le confort nécessaire.
Léon rentre enfin chez lui, Sidonie pleure de bonheur de le revoir, mais il se montre d’une telle froideur, qu’elle l’interroge.
- Tu n’es pas content de rentrer ?
- Bien sûr que si, pourquoi cette question ?
- Tu ne sembles pas du tout heureux de me revoir, tu ne m’as même pas embrassée
- Ecoute, maintenant je veux des vraies explications, si tu as eus un gosse plus de deux ans après mon départ à l’armée, c’est que tu m’as trompé
- Je te jure sur ce que j’ai de plus cher, que cet enfant n’est pas de moi, il est l’enfant de nos anciens voisins juifs.
- Comment ça ?
- Tu sais mon chéri, je n’ai pas osé t’expliquer cela par courrier, de peur que la censure ne vienne enlever ce gosse qui n’en peut rien d’être juif
- Tu prétends donc que ce gosse n’est pas à toi
- Oui, je vais tout t’expliquer dans le détail

Sidonie raconte en détails ce qui c’est réellement passé, ainsi que ce qu’elle a fait pour éviter la mort de ce bébé qui était sur le point de naître, ainsi que pourquoi dès la naissance elle est partie chez sa sœur.
Léon n’est toujours pas convaincu, au grand désespoir de Sidonie, qui ne sait plus quoi faire pour que enfin il finisse par la croire et ne plus douter de sa fidélité.
C’est ainsi que après plus de dix jours que Léon est revenu, il n’a toujours pas embrassé sa femme, il refuse même tout contact avec elle ainsi que avec le bambin.
La pauvre Sidonie se demande ce qu’elle va bien pouvoir faire.
Alors qu’elle donne le bain au petit Albert, elle s’aperçoit qu’il a de la fièvre, elle fait appel au médecin.
Le médecin visite le petit et rassure Sidonie, ce n’est absolument rien de grave, un simple refroidissement.
Mais ce vieux docteur remarque que Sidonie n’est pas comme a son habitude et semble bien triste, il l’interroge donc.
Sidonie lui explique tout, le docteur sourit en l’écoutant puis lui dit tout simplement
- Ecoutez-moi bien, c’est tout à fait aisé de prouver que vous n’avez pas enfanté, vous prenez rendez-vous avec un gynéco et il certifiera que vous n’avez jamais eu d’enfant, mais allez-y avec votre époux
- Merci docteur
- Mais de rien, son doute est tout à fait justifié, donc une visite et ce sera réglé

Rendez-vous est pris chez le gynéco, accompagnée de son mari, Sidonie se rend chez le médecin.
Lorsqu’elle entre dans le cabinet, elle exige que Léon soit présent à la visite.
En toute franchise, elle explique au médecin le pourquoi de cette visite, alors qu’elle parle au médecin, Léon est très mal à l’aise, il est gêné de cette situation, cependant c’est bien à cause de ses doutes que cette visite été demandée.
Ayant tout compris le gynéco demande à Sidonie d’enlever sa culotte et de s’installer sur la table d’examen.
Examen terminé, le médecin regarde Léon et lui dit
- Cher monsieur, je vous certifie que votre épouse n’a jamais eu d’enfant
- Vous étiez mariés depuis combien de temps avant la guerre ?
- 6 ans ?
- Et vous utilisiez quel contraceptif ?
- Aucun
- Aviez-vous des rapports réguliers ?
- En moyenne deux fois par semaine
- Alors il se peut que l’un de vous deux soit stérile
- Comment le savoir ?
- C’est tout simplement un contrôle des ovules de madame et de votre sperme cher monsieur
- C’est garanti ?
- Absolument
- Tu en penses quoi demande Léon ?
- Je suis d’accord, car je veux absolument que tu ne penses plus que le petit est mon enfant.
- Alors je suis également d’accord
- Très bien, je vais vous expliquer comment procéder
Le gynéco donne toutes les explications nécessaires.

Les examens sont effectués, les résultats sont donnés par le gynéco, Léon peut procréer, quand à Sidonie elle est stérile, il est donc impossible qu’elle ait eu un enfant.
Ils quittent le cabinet médical, mais il marche côte à côte, puis Léon prend Sidonie par la main et ils s’arrêtent, il ne sait que dire, il regarde sa femme et pleure.
Le voyant pleurer comme un enfant, elle lui dit
- Je comprends que tu ais eu des doutes, je te pardonne pour cela, mais jamais je n’oublierai de ne pas m’avoir fait confiance.
- Je te demande encore pardon
- Si tu acceptes de reprendre notre vie commune comme elle était avant
- Je te le promets
- Alors embrasse-moi grand fou, tu sais que je t’aime

Enfin la vie va pouvoir reprendre comme avant, la réconciliation des deux époux se fait sous la couette.
Léon commence à s’occuper du petit Albert comme s’il était son propre fils, ceci au grand bonheur de Sidonie.
Exceptés les médecins qui eux sont soumis au secret professionnel et Aline ainsi que son époux, jamais personne ne sera au courant de ce qui c’est passé.
Ce qui est à retenir, c’est que Sidonie a sauvé un enfant d’une mort certaine.

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