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Enlèvement à l'Île d'Her


Auteur : LORIDON Gérard

Style : Historique




Comment naquit le droit des femmes à travers la mode vestimentaire...


Un vent glacial soufflait, dans le fjord profond, là-haut, au fin fond du Nordland, en cette année 805 de notre ère.

En bord de mer, de joyeux autochtones contemplaient un spectacle, pour eux, fort divertissant :
- Crois-moi, moine, tu vas parler quand la marée viendra te refroidir les pieds… et le reste !
Le chef viking Damar, de s’esclaffer bruyamment, contemplant sa victime. Il s’agissait du frère Nepostume un religieux enlevé lors de la dernière descente de ces pillards sur les côtes bretonnes. Comme à l’ordinaire, ne prenant pas de risques, ils avaient pillé un monastère et un couvent situé sur le littoral de la Vendée actuelle. Occupés qu’ils étaient à boire le vin des moines, un début de muscadet prometteur, et de forcer quelques malheureuses nones qui n’en demandaient pas tant, ils n’avaient pas vu le danger s’approcher pendant leurs ripailles. Danger constitué par une troupe de hardis chevaliers qui, ayant été alertés par les serfs du voisinage, étaient en train de les tailler en pièces. La bataille fut rude, et les Normands de décamper en catastrophe laissant la moitié du butin sur place.
L’un d’entre eux y ayant sans doute pris goût, tentait de fuir avec sur le dos une bonne sœur hurlante. Damar, attiré par les cris de la malheureuse, ordonna à ce complice :
- Largue cette créature sans valeur ! Mais embarque-moi plutôt ce gros moine qui doit être leur supérieur !
Et c’est ainsi que le frère Nepostume se retrouva en fâcheuse posture. La demande de rançon n’ayant pas été honorée, Damar afin de revaloriser son dernier échec essayait, de faire parler son prisonnier. Il lui demandait surtout quels étaient les meilleurs sites de pillage pour sa prochaine campagne. Le moine, lui était resté sourd à toutes les menaces. On avait tout d’abord tenté de l’enivrer ce qui avait été sans succès, ce frère distillateur bien habitué à l’alcool de pommes avait fait fi de la bière locale. Une belle normande avait été jetée dans sa cellule, mais là aussi, sans succès, habitué qu’il était, malgré son vœu de chasteté, aux rudes étreintes de la sœur Thérèse, supérieure du couvent voisin.
Le Viking voyant cela l’avait livré aux flots montant de la marée. Ligoté sur un poteau en position assise, il voyait monter l’eau glacée. Réfugié dans ses prières, il se disait qu’il finirait martyr et noyé, sans doute un jour, patron des scaphandriers pour être mort en immersion.
Les Vikings eux, assis sur les roches, attendaient en se gaussant :
- Ne craint rien curé ! Tu ne boiras pas l’eau de mer ! Non, tu vas parler bien avant !
Effectivement, car au fur et à mesure de la montée des eaux, les crabes, araignées de mer, homards, langoustes, suivaient et commençaient à lui chatouiller les pieds. Ce qui, en fait, le faisait plutôt rire. Il en fut autrement lorsque les crustacés, se glissant hypocritement sous sa robe, arrivèrent sur ses parties intimes. Et là de hurler, bien avant d’être mordu cependant :
- Non ! Non ! pas ça ! Je ne sais rien messire Damar !
- Alors capelan de malheur, nos crabes vont se régaler de tes génitoires comme « ris de veau à la crème » répondit l’autre faisant allusion à une recette culinaire de son pays.
Cela devenait sérieux, les bestioles se précipitant en foules sur ces morceaux choisis. Nepostume se disant que, de toute façon il allait parler. Car, sinon cela risquait de devenir dommageable, risquant fort d’altérer ses relations bibliques avec la sœur Thérèse. Il cherchait, en vain, ce qu’il pourrait livrer à son bourreau. Quand soudain il eut une idée :
- Je vais parler ! Oui, j’ai un secret ! Détachez-moi !
- Parle d’abord !
Haletant, car un peu plus bas, cela devenait sérieux :
- Camylanae ! La Princesse de l'Île d’Her ! C’est cela le trésor !
- Diable ! répond le tortionnaire, intéressant sans doute, une belle princesse franque, pourquoi pas ? Il est exact que cette île mériterait ainsi un peu plus d’attention de notre part.
Prenant alors une décision, qui ne se révélerait par la suite peu judicieuse, le chef viking lança :
- Coupez ses liens et ramenez-le à terre. Et toi tache d’être plus prolixe sinon je te mets au homard thermidor, c’est pareil que pour les crabes, mais dans une source d’eau bouillante !
Le malheureux religieux se dit qu’il était sauvé. Il se disait en même temps qu’il détenait par cela même, sa vengeance, marmonnant dans sa barbe :
- La Princesse d’Her ! La belle Camylanae ! Il ne sait pas dans quoi il s’embarque le nordiste.
Traîné dans la maison royale, il fut mis en demeure de fournir de plus amples renseignements. Tout d’abord sur le lieu où se cachait cette perle rare. Accessoirement où se trouvaient ses coffres à bijoux. Pour finir il devait fournir une description détaillée du caractère et du physique de la future captive :
- Messire Damar, vous ne pouvez trouver fille plus tendre et attachante. D’une nature souple et docile. Et d’une grande beauté.
Et de fournir des détails sur le corps de la princesse par des gestes enveloppants appropriés. L’autre en bavait d’avance.
- Elle est en général au couvent des nonnes, situé au centre de l’Île d’Her. Et ses bijoux elle les a, soit sur son corps de rêve, soit dans un coffre qui l’accompagne lors de ses déplacements.
Damar écoutait religieusement. Ce qui est normal, ce rapport venant d’un prêtre ne pouvait qu'être criant de vérité. Il ajouta cependant :
- Je l’aimerais quand même un peu rétive, afin de faire voir à mon fils Erik, comment nous les Normands, nous dressons nos femmes. Mais, c’est bon moine ! Si tu veux je te libère pour ta bonne conduite.
Le frère Nepostume refusa, ce qui aurait dû surprendre son ravisseur. Renvoyé dans une hutte annexe avec un tonneau de bière, il ne manqua pas de ricaner alors qu’il était seul :
- Souple et docile… Dresser la Camylanae, comme il y va le barbare. Que non, je ne veux pas être libéré, je tiens à voir la suite. Et quel récit épique je vais pouvoir laisser à la postérité !

Et c’est ainsi que les habitants de l’Île d’Her, découvrirent, un matin du mois suivant, le grand Drakkar et sa tête de dragon, sortant de la brume d’ouest. Habitués de ces pillages incessants, ils se réfugièrent dans le château du seigneur du lieu. La princesse se trouvait, elle, effectivement au couvent, entourée de religieuses qui priaient dieu de leur épargner, à nouveau, les outrages que les agresseurs avaient l’habitude de leur faire subir.
Sœur Julie Bisontine, la mère supérieure, une maîtresse femme, se trouvait inquiète, ayant découvert que lors du dernier passage de ces beaux et intempestifs touristes, quelques-unes de ses ouailles présentaient une foi bien moins ardente. Aussi, rassemblant tout son monde dans le réfectoire, elle entreprit de leur tenir un langage de circonstance :
- Mes filles, nous allons nous battre ! Certes, il est dit dans l’évangile que lorsque l’on nous frappe la joue droite, on doit tendre la gauche. Mais dans notre cas, il ne s’agit pas des joues comme j’ai pu le constater sur certaines d’entre vous un peu trop respectueuses de ce texte. Celles, qui depuis développent depuis des rondeurs coupables. Alors cette fois, pas de quartier ! Il va bien falloir que ces pirates apprennent que nous ne sommes pas « que femelles à engrosser » ! Aux armes maintenant !
Á cette époque l'arme blanche était de rigueur dans les combats. Il lui fut donc facile de sortir et distribuer de vieilles épées, hallebardes, haches de bûcheron et même quelques lardoires, tourne broches, et aiguilles à tricoter. Elle y ajouta, vicelarde, pour faire bon poids, des bacs d’eau bouillante, en équilibre sur le haut des portes.
La princesse, elle fut mise à l’abri dans la chapelle.
La dernière descente ayant vu arriver un renfort de chevaliers, Damar décida de parlementer :
- Ouvrez-moi ! Remettez-moi la princesse, et il ne vous sera fait aucun mal.
Hurlement des bonnes sœurs :
- Jamais. Vous nous passerez plutôt sur le corps !
Bel esprit de sacrifice, quand même de leur part.
Les Vikings eux auraient dû être d’accord, ce qui ne fut pas le cas. Non, par respect de leur part, mais parce qu’ils venaient de croiser un autre de leurs navires de retour vers le nord d’une razzia locale effectuée quelques jours auparavant. À ce moment, communiquant à haute voix, d’un bateau à l’autre, ils avaient appris de leurs collègues, qu’eux, plus rapides s’étaient déjà servis et emparés de plus jeunes et des plus belles. D’un mauvais goût et d’un humour douteux, ils insistaient d’ailleurs :
- Descendez plus au sud, sinon vous ne trouverez que des vieilles tapées !
Ce qui expliquait leur calme soudain. Leur chef tenta donc la voie diplomatique :
- Il ne s’agit pour nous que de conclure une simple alliance matrimoniale.
- Alors dans ce cas, attendez l’arrivée de nos chevaliers répondit la mère Bisontine.
La horde pillarde, dehors, s’impatientait :
- Chef, leurs chevaliers, ce sont de mauvais fers, des gens qui cognent avant de dialoguer ! Déjà l’année dernière… Le mieux, c’est de mettre le feu et là elles vont nous l’offrir leur princesse ! Parce que quand même, s’il ne reste que des lots usagés ! Vous, bien sûr, vous aurez la jeunette mais nous…
Sentant couver un début de rébellion, il fit mettre en place moult fagots devant la porte et lança une dernière fois, avant d’y bouter la flamme :
- Alors, vous choisissez ? C’est la princesse ou le ribard ? Je vous autorise juste un tour de clepsydre.
À l'intérieur des cris de protestations se firent entendre, entrecoupés d’injures, certaines courantes :
- Sauvages ! Barbares !
D’autres racistes :
- Nordistes !
Picaresques et bibliques :
- Proxénètes notoires ! Fornicateurs ! Vils sodomites !
Politiques :
- Vipères lubriques ! Déviationnistes !
Mais aucune décision n’apparaissant, Dammar commençait à battre le briquet. Quand soudain une voix féminine, néanmoins forte, se fit entendre :
- Chef pillard ! Je suis Camylanae, la Princesse d’Her. Ne voulant pas voir sacrifier l’honneur de ces malheureuses couventines, je vais me livrer. Mais attention, engages toi à ne pas me forcer, sinon je mettrais moi-même fin à mes jours. J’accepterai cependant de t’épouser toi, ou l’un des tiens, après un délai de quarante jours.
Le Viking, croyant réaliser ainsi son but, accepta dans un esprit du consensus. Il n’allait pas tarder à d’en mordre les doigts.
Passons sur l’embarquement de la noble jeune fille. Le premier problème ne tarda pas à apparaître lorsqu’il fallut charger les bagages de la captive.
Ces frustes hommes du nord, peu au courant de nos mœurs féminines, furent pour le moins surpris en découvrant les impedimenta de la princesse. Il y en avait une succession de quinze lourds coffres et au moins autant de volumineux sacs de toile.
Qui plus est couvert par le droit diplomatique, il ne pouvait s’agir de butin. Ce que le chef fit savoir en termes réalistes à son équipage de voyous patentés :
- Je tiens à vous faire savoir que les bagages de ma future sont sacrés. Si l’un d’entre vous y porte la main, je ferais procéder à l’ablation de la dite main en place publique ! Cette sanction, toute nouvelle chez nous est, paraît-il, largement utilisée, avec succès, dans des pays lointains du Sud, ainsi que m’en a fait part l’un de nos capitaines, retour voyage.
Il est évident qu’avec de tels arguments le taux d’insécurité chuta brusquement.

Mais revenons à notre malheureuse Camylanae. Pas si malheureuse que cela d’ailleurs. Elle avait fait jeter hors de sa cabine, le chef normand et l’avait occupée après l’avoir fait nettoyer de fond en comble. S’adressant à quelques hommes qui traînaient sur le pont :
- Bandes de malfaisants, vous aller me récurer cette bauge à sangliers ! Me laver le tout à l’eau vinaigrée ! Enfin, y répandre cette bouteille de mon parfum personnel le n° 5 du Chanel de Fromentine.
Ceci n’était qu’un début. Le reste du voyage de retour ne ressemblait pas à une croisière d’agrément. La belle otage exprimait chaque jour de nouvelles exigences. Du genre :
- Vous allez vous arrêter à l’embouchure de cette belle rivière et me pêcher des truites. En grande quantité s’entend, car je ne mange que les joues. Ajoutez-y, pendant que vous serez à terre deux douzaines d’huîtres. Elles seront certainement moins bonnes que celles de ma Marraine d’Oléron, mais je m’en contenterai.
Une autre fois, alors que par temps calme, l’équipage ramait tranquillement elle était apparue furieuse sur le pont :
- Qu’est ce que c’est que cette vitesse d’escargot ? Dammar, tu vas me faire doubler la cadence, que je puisse avoir un peu d’air frais.
L’autre afin de se mettre en valeur avait distribué quelques coups de fouet sur les dos des rameurs. Ce qui n’allait pas tarder à nuire à sa réputation de chef bienveillant d’ordinaire.
Finalement après quinze jours de navigation le fjord fut en vue, à la satisfaction des marins du grand Drakkar, pressés de se débarrasser de leur tyrannique passagère.
Cette dernière à peine à terre ne manqua pas de déchaîner l’ire féminine locale. Effectivement, la Norvégienne de l’époque était loin du canon nordique actuel. C’était plutôt le genre gaillardes mafflues de la ville de Brive citées par Georges Brassens. Alors, l’arrivée de la belle Camylanae, cela faisait du bazar dans ce Landerneau polaire.
Les mâles, ceux qui n’avaient pas participé au rapt, eux se régalaient les yeux.
À ce moment, à nouveau, Dammar dut remettre les clepsydres à l’heure :
- Attention, j’ai prévenu vos collègues que ceux qui y portaient la main verraient celle-ci tranchée. Il en sera de même pour les autres parties du corps utilisées par des gaillards obtus. Même s’il ne s’agit que d’une tentative infructueuse. Cette belle captive va bientôt devenir la première femme du fjord, la « feurtseladi, » comme on dit chez nous…
Derrière tout ce beau monde, il y avait, ne l’oublions pas, le frère Nepostume, pierre angulaire de ces évènements qui n’allaient pas tarder à devenir fâcheux selon ses vœux.
Afin d’améliorer ses projets de revanche, il avait été cherché Erik, le fils de Dammar.
Celui-ci fut subjugué par la découverte ! Car déjà, dans ces temps reculés, on savait que pour attirer l’attention féminine, le cadeau ouvrait bien des portes. Quand je dis des portes ce serait plutôt, dans ces cerveaux primaires, l’accès à tous les abus. Que l’on en juge selon la suite.

Le blond Erik, déjà bien au courant de ces méthodes de séduction, se dit qu’il fallait frapper fort. Il se jeta aux pieds de la Princesse avec, offert aux bouts de ses bras vigoureux, une magnifique fourrure d’ours brun. Elle se jeta l’ensemble sur ses épaules frémissantes dans la bise froide de ce pays boréal, remerciant, mutine :
- Je vous remercie beau prince et vais garder de vous, cette nuit, un doux souvenir alors que je dormirais, nue, enveloppée de cette seule fourrure.
Erik lui, un peu sauvage du Nord, brut de sciage, se dit qu’il avait là une « ouverture » dont il comptait bien profiter rapidement.
Il eut cependant le tort de ne pas porter attention à la remarque suivante de la belle, ajoutant avec une moue dédaigneuse :
- De l’ours ! Bon passons pour cette fois, mais j’ai entendu parler de visons, zibelines et autres bestioles. Il va falloir sérieusement y penser. Je n’ai pris que peu de bagages. Et encore des collections de printemps. Ici, c’est l’hiver !
Là, une phrase sacramentelle, que nous connaissons tous :
- Je n’ai plus rien à me mettre.
Les Normands en restèrent blancs de stupéfaction, occupés qu’ils étaient à débarquer tous les bagages de la demoiselle. Peuple oublié, ils ne connaissaient pas cette locution qui s’est, d’ailleurs propagée au cours des siècles. Et que nous entendons souvent dans la charmante bouche de nos compagnes devant des armoires bourrées à craquer de lingeries froufroutantes et de robes enchanteresses portées seulement une fois.
Le jeune prince lui ne comprenait plus du tout, habitué qu’il était des conquêtes faciles et des femelles braillantes forcées lors des visites organisées par son vieil oncle le nommé Touropérator. Déplacements familiaux, auxquels il participait depuis son plus jeune âge, le précepteur du village prétextant que « ce type de voyage, forme la jeunesse ! » mâle bien entendu ! Donc Erik, se dit que s’il voulait séduire la captive et se l’approprier il lui faudrait sortir des sentiers battus et aller tendre ses pièges en d’autres lieux plus giboyeux, mais aussi plus difficiles d’accès.
Népostume voyant sa toile revancharde se tisser se dit qu’il devait affiner sa stratégie. Il tint à son jeune seigneur quelques propos constructifs :
- Remarque que le coup de la peau d’ours, c’est bien mais pas suffisant. D’accord tu vas te ruiner la santé pour ses autres manteaux de fourrure, mais ce genre de donzelle, il lui en faudra toujours plus.
- Que faire ? répondit l’adolescent complètement aveuglé par sa passion naissante.
- Pense bien reprit le diabolique ecclésiastique, tu as un lourd obstacle devant toi. Car c’est ton père qu’elle doit épouser !
Devant cette remarque ruinant ses projets amoureux, le fossé des générations ne pouvait que se creuser :
- Comment ce vieux birbe ventripotent peut-il penser à ce genre de liaison ? Dans son cas un accouplement pur et simple ! Avec cette petite fleur des champs ! Ce délicat myosotis, cet edelweiss de nos montagnes…
- Certes, reprends Népostume, le problème est important. Il ne te reste qu’une solution devenir roi à ton tour
- Oui, mais l’autre, qu’est ce que l’on en fait ?
- Cherchons répond le Mazarin en puissance. On pourrait le dénoncer à l’empereur Charlemagne, lors de sa prochaine expédition. Lui, il ne plaisante pas ! Ton papa Dammar va se retrouver branché haut et court dans la forêt voisine. La délation ça marche très bien mais çà manque d’élégance. À la rigueur le poison, par exemple, c’est discret, mais pas très rapide et je te sens impatient. Reste le coup d’état suivi du coup de poignard, dans le dos de préférence.
Le jeune et fougueux prince opta immédiatement pour cette dernière solution. Réunissant quelques-uns de ses habituels compagnons d’orgies et de beuveries nordiques, il passa la nuit suivante à l’action, expédiant son géniteur dans le Walhalla. Au matin, ses équipes de crieurs se répandirent dans les rues de l’agglomération :
- Le roi est mort ! Vive le roi ! Le roi Erik bien sûr ! Grâces lui soient rendues, nous allons connaître des jours heureux, des razzias fructueuses, des tonneaux de bière, du lait, du miel…des femmes captives...
Ce genre de promesses, encore largement pratiquées de nos jours, qui comme chacun sait n’engagent que ceux qui les écoutent, ne manquèrent pas d’acquérir au successeur de Dammar les faveurs de son peuple.
La princesse, elle, si elle fut favorablement impressionnée, se dit que ces gens du Nord avaient de la politique un sens peu développé, certes, mais néanmoins très expéditif.
Après tout, si cela lui donnait l’accès au trône, pourquoi s’en soucier.
Tenant le jeune roi dans ses serres amoureuses, elle eu vite fait de lui faire adopter ses idées de grandeur :
- Mon cher Riri (elle lui avait trouvé ce doux surnom) il va maintenant falloir m’offrir autre chose que tes bijoux en bois de rennes. Oui, je sais que tu me couvres de colliers d’ambre, mais cela te coûte peu, vu que tu en ramasses des moulons sur tes plages. Ce que je veux, c’est bien plus. Des étoffes précieuses, de la soie, du lin blanc…
Et d’ajouter très femme :
- Oui, là aussi en matière de fourrures, tu t’es amélioré avec tes renards, zibelines et autres visons. Mais à quoi cela peut-il me servir si je ne peux pas en faire étalage dans les cours de mon pays ? Faire enrager mes copines quoi !
Erik, fou d’amour lui proposa d’aller vers l’Ouest…peut être pour découvrir l’Amérique, va savoir.
- Non ! Pas question de ces découvertes de pays pleins de sauvages. De ce côté-là, ici, je suis servi répondit-elle en glissant un regard méprisant vers les villageoises alentour. Je veux retourner chez moi ! C’est bien simple, les hommes, décidément, il faut tout, vous dire. Va donc me conquérir une de nos côtes ! Tiens, pour vous faire plaisir, vous que les populations terrorisées par vos exactions appellent les Hommes du nord, ou les Normands, on l’appellera la Normandie ! Ce n’est pas une bonne idée çà ?

C’est ainsi, que fut fondée l’une de nos plus belles provinces, par la volonté d’une célèbre Noirmoutine, représentante du sexe dit faible.

Depuis nous avons, heureusement, inventé la parité. Ce qui nous met à l’abri de ce type de débordement géographique qui serait actuellement, pour le moins fâcheux.
Mais quand même, se battre pour une belle fille, lui offrir une province, qui plus est une princesse, cela avait autrement de l’allure, du panache !
Il n’y a plus de moralité… Les bonnes manières se perdent…mais l’histoire reste, même si cette fois, elle est un peu romancée.





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