Toiletteur or not toiletteur ?



Nouvelle écrite par HALYEC dans le style Humour



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Je le vois venir, le sourire en coin et ma laisse à la main. Je cours me cacher sous le lit. Avec un peu de chance, l’heure du rendez-vous sera passée quand il m’aura trouvé.

C’est chaque fois la même histoire. Quelques jours avant la date fatidique, il devient plus que gentil avec moi. Il me laisse monter sur le canapé, me donne des croquettes en rabe, et même, comble de la malhonnêteté, il me caresse quand je fais des conneries. Comme si je n’allais pas m’en douter. Il est sympa mais un peu nigaud. Quand je pense que c’est mon maître…j’ai honte.

Une fois de plus, il s’apprête à m’emmener chez le toiletteur. Un vieux crouton qui a la tremblote et qui ferait mieux de se toiletter lui d’abord. Le genre de type crasseux qui se parfume certainement avec la dernière création de chez « pète fort ». Oh le fumier ! A chaque fois je suis à deux griffes de tourner de l’œil. Je préfère aller chez le vétérinaire, lui au moins il m’endort avant de me torturer.

Et puis ce que je redoute, outre l’asphyxie, c’est la façon dont il me coiffe. Carnaval de Rio ! Une frange par-ci, une frange par-là. Et puis la couleur, un coup du rose, un coup du bleu, quand ce n’est pas les deux en même temps. Et la cerise sur le gâteau, le petit nœud sur la tête, comme si j’étais une femelle. Mais le pire dans tout ça, c’est que mon maitre paye pour me voir déguisé, et c’est lui qui choisit le modèle sur un catalogue ! Je soupçonne que ses lunettes ne doivent pas être bien ajustées à sa vue. Puis à la fin de chaque séance, j’ose plus sortir du cabinet de toilettage. C’est un coup à se recevoir des cailloux et des croquettes dures sur le coin du museau. Mon maitre est obligé de me porter s’il ne veut pas partager le lit du crasseux pour la nuit.
Il mériterait que je l’emmène chez le coiffeur se faire une beauté à mon goût. Je me lâcherais. Une frange par-ci, une frange par-là, du rose, du bleu. Et ensuite, je l’enverrais au bureau. J’imagine déjà la tête de ses collègues !

Je l’entends arriver. Il n’est pas tout seul. Il a demandé du renfort. Il passe la porte de la chambre accompagné d’une jeune femme qui…je n’en crois pas mes yeux ! La jeune femme a ma laisse attachée autour du cou. Je sais que mon maitre est myope mais quand même, à ce point-là ça m’étonnerai. Ils montent sur le lit. Ils n’ont pas l’air de m’avoir vu. Les vêtements volent et tombent par terre. Oh non, il torture la pauvre femme ! Il la confond avec moi ! Elle crie, le lit tremble. La demoiselle aboie sous les ordres de mon maitre. Il ne m’a jamais forcé à aboyer pourtant. Il est plus du genre à me dire de la fermer. Je ne comprends plus rien. Il la gifle, lui dit qu’il va lui faire une beauté. Il est toiletteur maintenant ? Mais alors tout s’arrange !

Je sors de sous le lit et grimpe sur le matelas. Soudain, ils s’arrêtent. J’aboie pour leur faire comprendre que c’est moi qui suis censé être toiletté. Je suis heureux d’avoir porté secours à la jeune femme. Par contre, elle, n’a pas le visage de quelqu’un qui est heureux aussi. Mon maitre me donne un grand coup de pied et m’envoie valser dans les airs. Je retombe sur la moquette, les pattes dressées vers le plafond. Je me relève et sors de la pièce, bougon. Mais alors pourquoi ce cinéma de croquettes en rabe et tout le toutim ?

Puisque c’est comme ça, à partir de maintenant, je me toilette moi-même.

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