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René la tuile


Auteur : GRENET Ghislain

Style : Drame




En 1910, dans un petit village d’Alsace naît un petit garçon que ses parents prénomment René. Le père et la mère vivent misérablement. Le père travaille pour un patron tyrannique quant à la mère, elle vide les bassins dans un hôpital.

1914, la guerre éclate. Le père est mobilisé et doit partir ; laissant seuls la mère et l’enfant.

1917, la terrible bataille de Verdun et ses milliers de morts. Sur une petite route de campagne, René et sa mère marchent en direction de la ville la plus proche pour aller faire quelques emplettes. Un facteur à vélo s’arrête :
« Ca tombe bien que vous soyez là car j’allais chez vous pour vous apporter ce pli urgent ».
Le facteur lui remet la lettre et part en faisant grise mine. La femme l’ouvre et soudain éclate en sanglots :
« Qu’est ce qu’il y’a maman ? Pourquoi tu pleures ?
-Mon chéri, papa est mort et il faut que nous allions tout de suite à la morgue pour reconnaître le corps » dit la veuve éplorée.
Elle court en larme suivie de René. Au loin, elle voit deux allemands qui se dirigent dans leur direction. Elle ralentit le pas. Les Allemands les arrêtent :
« Vos papiers !
-Je ne les ai pas sur moi, soyez gentils, laissez-nous partir, mon mari vient d’être tué et je dois aller à la morgue.
-Tu as entendu Hans, la jolie dame veut qu’on soit gentil avec elle, alors, qu’est ce qu’on pourrait faire pour la contenter ?
-Lui donner un peu d’amour » dit l’autre fumier.
Ils saisissent la femme sans ménagement. Le gamin tente en vain de défendre sa mère mais un des deux boches le jette dans un fossé d’où il tombe inconscient. Lorsque René se réveille, il ne trouve plus qu’un cadavre de femme à moitié nu. Il part comme un fou en pleurant. Le maire de la commune le sachant orphelin et sans famille décide de l’emmener à l’orphelinat le plus proche :
« Comment t’appelles-tu ? Demande le directeur.
-René Dupuis.
-Quel age as-tu ?
-7 ans monsieur.
-Je vais te montrer ta chambre ; suis-moi. »
Ils entrent dans un dortoir où une vingtaine de lits sont alignés :
« Voilà ton lit, installe-toi. »
Le gosse pose sa petite valise sur le lit. Un gamin de la chambrée lui demande :
« Comment t’appelles-tu ? Moi c’est Roger et toi ?
-Moi c’est René.
-Faut que tu te méfies du vieux, René ; c’est un vicelard.
-C’est quoi un vicelard ? »
Il n’a pas le temps de lui répondre qu’un surveillant arrive :
-Dupuis !
-C’est moi.
-Suis-moi ! Monsieur le directeur veut te voir. »
Entré seul dans le bureau, le type lui dit :
« Je vais mettre les choses bien au clair tout de suite. L’autorité ici c’est moi. Je ne tolère pas que l’on me contredise, aussi pour bien te faire comprendre que je ne plaisante pas, je ne vais pas y passer par quatre chemins. Déshabille-toi !
-Pourquoi monsieur ? Mais j’ai rien fait. »
Il lui balance une gifle magistrale :
« A poil nom de dieu ! »
Le gamin s’exécute en pleurant à chaudes larmes.
Je passe sur les détails sordides.
Après que ce type ai fait ses saloperies sur ce pauvre gosse traumatisé, René est reconduit à sa chambre.

Les années passent. René étant majeur maintenant, quitte l’orphelinat et part sur les conseils de Roger à Paris pour trouver du travail car il n’a que de trop mauvais souvenirs de son enfance où cette région lui a fait tant de mal dans son âme et dans son corps.
Il arrive à s’organiser. Il a un métier et une petite chambre mansardée. Il a même une petite amie, Simone.

1940, c’est la mobilisation. C’est avec une peur panique qu’il part pour le front, en souvenir de ses parents et en particulier de son père. Ayant voulu rentrer dans le maquis à la défaite de 1940, il fut arrêté par la gestapo pour finir, après séances de torture oblige, dans un camps de concentration où le fameux docteur Mengélé du camps d’Auschwitz le mutila d’un bras pour ses expériences à la con.

De retour à la vie civile et après deux mois d’hôpital, il décide d’aller à l’ancien domicile de sa bien aimée pour avoir des nouvelles :
« Bonjour madame Dufour. Est-ce que Simone Dupré habite toujours là ?
-Ah non ! Je l’ai viré. Elle couchait avec les boches et à la libération, les gars l’ont tondue.
-Mon dieu ! Mais c’est horrible ce que vous me dites là. Et vous ne sauriez pas où elle serait partie par hasard ?
-Aux dernières nouvelles, elle serait chez les fous.
-Et où ça ?
-Ecoutez ! Je ne suis pas un bureau de renseignement. Démerdez-vous mon vieux. »
Tant bien que mal il réussit à trouver l’adresse mais il apprend qu’elle s’est suicidée sous l’emprise d’un coup de folie. Il erre seul dans les rues. Ne trouvant pas de travail dû au fait qu’il est manchot, il sombre dans l’alcool et finit clochard sous un pont. Passant devant un kiosque qui vend des billets de loterie au nom des « Gueules Cassées », il en prend un et attend les résultats. Un jour qu’il est sous un pont, il lit un journal qui date de deux jours. Voyant que le gagnant ne s’est toujours pas manifesté, il se souvient de son ticket acheté il y’a une bonne semaine. Il fouille fiévreusement dans ses poches, lit plusieurs fois les numéros, se lève et hurle :
« J’ai gagné ! J’ai gagné ! »
Un homme est sur le pont et observe le manège. Sous l’emprise de la joie et de l’alcool, René tombe à l’eau. Voyant cela, le type du pont court vers René qui est en train de se noyer mais ne fait rien pour sauver le malheureux. Il voit la main se délester du fameux billet qui flotte dès à présent au milieu de la Seine.





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