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Déchéance et renouveau


Auteur : LEMAIRE Denis

Style : Scènes de vie




Maxime et Berthe sont mariés depuis plus de 14 ans, ils vivent en parfaite harmonie du couple.
De cette union deux enfants sont nés, une fille âgée de 12 ans et un garçon de 10 ans.
Tout le monde dit Max en lieu et place de Maxime.

Dès leur mariage, ils ont acheté en rente viagère, une maison modeste mais suffisante pour loger une famille comme la leur.
La chance leur a souri, en effet, ils n’ont payé que pendant un peu moins de quatre ans, les anciens propriétaires ayant décédé.
Tout est donc pour le mieux, lui, est occupé dans une usine métallurgique et Berthe elle, a dès que le dernier enfant a été en âge d’école maternelle, repris un emploi.
Il n’y a donc pour ce couple aucun problème financier, tout roule en quelque sorte.

Depuis son plus jeune âge, Max a été copain avec Ernest, d’abord à la maternelle, ensuite en primaire et en études professionnelles.
Max et Ernest n’ont jamais eus quelques mésententes que ce soit entre eux, ils sont à la limite plus que frères.
Berthe et Julie, l’épouse d’Ernest, sont devenues par la force des choses de grandes amies elles aussi.
C’est ainsi que souvent ils se retrouvent ensemble, souper au restaurant, sortie au cinéma, au théâtre etc.

Pendant la période de football, les deux amis suivent avec assiduité, les rencontres de leur équipe favorite, ensuite, après le match, ils vont prendre un pot dans le petit bistrot du quartier, sans jamais faire d’exagération.
Brusquement la vie de Max va basculer, son ami Ernest mort foudroyé par une crise cardiaque, sa douleur est énorme, il a perdu son frère.
A peine sorti du cimetière, il laisse sur place, femme, enfants et la veuve éplorée et se rend directement au café, là il noie son chagrin dans l’alcool, ce n’est que très tard et complètement ivre qu’il rentre.
Berthe, même si elle n’est pas contente du tout pour ce qu’il vient de faire, ne lui fait strictement aucun reproche.
Le lendemain matin, c’est avec grande difficulté qu’il se lève, il est vaseux, sa tête est lourde mais il se rend à son travail.
La journée de travail terminée, de nouveau il va se saouler au bistrot, de nouveau il rentre ivre.
Les jours suivant sont tout à fait identiques, Berthe essaye de lui parler mais dans son ivresse, il refuse d’admettre que sa femme puisse lui faire la morale.
Donc, faisant fi des remontrances et demandes répétées de son épouse, Max continue à rentrer chaque soir, complètement ivre mort.

Max est complètement déprimé, il n’a plus aucune attention vis à vis de sa famille, il dépense presque tout son salaire à boire, le manque de rentrée commence à se faire sentir.
Une fois de plus, Berthe essaye de dialoguer avec lui, pour toute réponse, elle a, tu ne peux pas comprendre.
Alors, la pauvre femme prend une grave décision, elle quitte son mari, elle est partie avec les deux enfants demeurer chez Julie.
Lorsqu’il rentre chez lui, ivre comme chaque soir, il ne remarque même pas qu’il n’y a personne à la maison, ce n’est que le lendemain matin qu’à peine dessaoulé, il constate d’abord qu’il est trop tard pour se rendre à son travail, ensuite qu’il n’y a même pas de café de prêt.
Il téléphone à l’usine pour s’excuser en prétextant une mauvaise indigestion.
Alors qu’il se prépare du café et un petit déjeuner, il trouve une lettre sur la table de cuisine, il l’ouvre et lit
« Maxime, malgré tout ce que j’ai essayé de te faire comprendre, tu n’en fait qu’a ta tête
Il ne m’est plus possible de continuer à vivre au côté d’un ivrogne, les enfants ne te voient plus, tu dépenses toute ta paye à boire, ce que je gagne ne suffit même plus à faire vivre le ménage.
Dans ces conditions, j’ai avec l’accord des enfants décidé de te quitter, pourtant Dieu sait si je t’aime.
Si, dans un moment de lucidité tu réalises tes erreurs, tu pourras peut-être me retrouver à tes côtés.
A toi de décider ce que tu préfère entre l’alcool et ta famille »

D’un geste brusque, il déchire la feuille, lance les morceaux de papier par terre, se lève et pousse un cri « bon vent »
Mais rien n’est éternel dans ce bas monde, il est licencié, il n’a plus de rentrée que le chômage et encore, car il ne se rend pas chaque fois au bureau de pointage, pour pouvoir continuer, il fait un prêt hypothécaire, puis un second, et se retrouve dans l’obligation de vendre sa maison, il vit désormais dans une chambre meublée.
Max est à présent devenu une véritable épave humaine, il est sale, lui si fier avant, amaigri, presque squelettique, il continue à boire, non plus dans les cafés, mais, il achète des bouteilles au prix les plus bas.

Une nuit, Max est retrouvé couché à même le sol par un passant qui voyant qu’il ne bouge pas, fait appel au Samu, diagnostic « delirium tremens »
Embarqué à l’hôpital et soigné, il retrouve à peine ses esprits, le personnel a réussi à prévenir son épouse, cette dernière hésite à lui rendre visite ?
Après plusieurs heures de réflexion, Berthe se rend tout de même à l’hôpital, Max complètement déphasé, ne la reconnaît pas.
Ce n’est que 10 jours après son entrée en soins que Max retrouve un semblant de mémoire, il reconnaît enfin son épouse, cette dernière décide alors d’en parler avec ses enfants.

Le soir, alors qu’ils sont réunis à la table, Berthe dit
— Mes chéris, j’ai une chose relativement grave
En chœur les deux ados demandent
— C’est quoi, maman ?
— Voilà, votre père va être placé dans un établissement pour alcoolique, pour combien de temps ? Je l’ignore, son séjour dépendra de sa guérison
Nadine, l’aînée demande des explications sur ce qui s’est passé
— Chérie, tu sais très bien que si nous l’avons laissé seul, c’est parce que la vie avec lui était devenue insupportable, tant il buvait et ce depuis le décès de son grand ami Ernest, pour moi ce n’était qu’une excuse pour boire, il a tout dilapidé, il vit dans une misère noire
— Je veux aller voir mon père, maman
— Moi aussi, reprends Roger
— C’est bien mes enfants, nous irons dimanche, d’accord ?

A leur arrivée, Max a des difficultés pour reconnaître ses enfants, malgré tout, il embrasse l’un puis l’autre tout en les serrant fort contre lui.
Le calvaire du sevrage commence pour Max, mais tout se passe relativement bien, sa mémoire est pratiquement complètement revenue, à tel enseigne que les médecins décident de le laisser sortir le week-end, afin qu’il retrouve sa famille.
Berthe et ses enfants ne demeurent plus chez Julie depuis près d’un an, ayant reçu une assez grande promotion, la substantielle augmentation financière lui a en effet permis de louer une maison.
Quelques six mois après le premier week-end, elle reçoit une convocation émanant de la direction de l’établissement où, son mari est soigné.
Le directeur la reçoit et lui explique ce que le corps médical propose, c’est à dire, si toutefois elle est d’accord, de laissé sortir son mari, mais sous sa responsabilité, s’entend par-là, qu’elle doit veiller à ce qu’il ne rechute et surtout qu’il prenne régulièrement ses médicaments.
Berthe qui adorait son mari, accepte cette responsabilité, Max retourne auprès de sa femme et de ses enfants.

Il est suivi de très près par le médecin de famille, il continue à se soigner, plus une goutte d’alcool, pas même de la bière de table, il redevient petit à petit l’homme qu’il était auparavant au grand bonheur de sa petite famille.
Il est temps maintenant pour Max de retrouver un emploi, ce qui n’est pas simple, pourtant, il fini par retrouver du travail dans une petite entreprise de construction, travail dont il ignore tout, mais avec courage il effectue ce qu’il lui est demandé avec succès.
Comme un enfant, fier de sa première paie, il rentre joyeux auprès de sa femme, il lui temps son enveloppe.
— C’est pour toi, mon amour
— Pour moi ?
— Oui, enfin pour nous, c’est mon salaire
— As-tu gardé quelque chose pour toi ?
— Non, c’est pour toi, moi je ne veux plus d’argent, je n’en ai pas besoin
Des larmes de bonheur, coule doucement sur les joues de Berthe, enfin elle a retrouver son cher époux, cet homme qu’elle aime tant
Voyant les larmes de sa femme, il la serre contre son cœur et dit
— Jamais plus ma chérie, tu n’auras à me faire de reproche, plus jamais je ne boirai un verre d’alcool, quel qu’il soit, je demande encore pardon d'avoir fait autant souffrir ceux qui me sont le plus cher
— Il y a longtemps que tu es pardonné mon chéri, mais aujourd’hui est pour moi, un des plus beaux, j’ai enfin retrouvé mon homme et le père de mes enfants
— Je t’aime ma chérie, les enfants aussi d’ailleurs, pourquoi ai-je fait toutes ces bêtises ? Pourquoi ?
— C’est fini mon chéri, ne pense plus à cela, reste comme tu es maintenant, c’est tout ce que je te demande
— Je te le promets ma chérie

L’harmonie est revenue, la petite famille a retrouvé toute la joie de vivre, Max a réussi enfin à retrouver un emploi convenable, avec sa femme ils envisagent de nouveau à faire l’acquisition d’une nouvelle habitation.
Julie s’est remariée, elle a également une petite fille, souvent ils se retrouvent, mais Max refuse d’encore s’attacher à un copain, avec René le mari de Julie, il est ami sans plus.
Fini l’alcool qui avait tout détruit, fini le football, fini les petites sorties au bistrot, le bonheur retrouvé au sein de sa famille est pour Max la seule chose qu’il veut conserver.





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