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Guêpier


Auteur : BERTORA Jean-Noël

Style : Drame




Les immeubles de la cité du Val vert se percevaient difficilement au travers de la brume automnale. Tout était gris, éternellement gris. La tristesse imprégnait chaque mur, chaque arbre, chaque mètre carré de macadam, chaque habitant de ce lieu abandonné de la société.
Jean et ses deux comparses, Paulo et Olivier sortaient du Numéro 107 de la cité du Val vert pour aller tuer le temps vers un petit café à la lisère de la cité, tout proche de la grande avenue qui n’avait qu’une hâte dans son parcours, contourner au plus vite le Val vert.
Ce fut Olivier qui, le premier, eut une l’idée qui ne fallait pas avoir.
A côté d’eux deux hommes étaient assis et leur attitude attira leur regard.
« On dirait des homos » souleva Paulo. Et Paulo ne les aimait pas, mais alors pas du tout. Paulo était le plus costaud. Petit, mais doté d’une musculature imposante, il avait boxé en amateur jusqu’à 18 ans et il valait mieux ne pas trop l’énerver.
Olivier surenchérit.
« C’est sur mec, ca c’est de la tantouze. » Olivier était le plus grand des trois, belle gueule, large d’épaule, aussi teigneux que Paulo et aussi bagarreur.
Jean, le moins fort était par contre doté de reflexes très rapides et il compensait son manque de force par des coups précis avec une vitesse d’exécution impressionnante.
A eux trois ils avaient déjà de nombreuses victimes de « bastons » à leur compteur, d’autant que leur oisiveté leur laissait tout le temps nécessaire.
« On se les fait à la sortie ? » demanda Paulo
« D’accord mais il faudrait les avoir dans un endroit un peu isolé, sinon on sera vite repéré ici. »
Olivier sourit alors.
« J’ai une idée les mecs. Il faudrait trouver le moyen d’en attirer un dans un coin sombre, on lui pète la gueule et on lui prend son fric. »
L’argent c’était en effet ce qui manquait le plus à notre trio.
« Ca c’est une bonne idée, super, on en prend un marié, il n’osera jamais porter plainte ».
Jean avait déjà un scénario d’organisé.
« On va au square Jean Jaurès le soir, c’est un lieu de drague homo. Là il y en a plein. On en attire un dans les fourrés derrière et là on lui fait sa fête.
Paulo était tout excité, « c’est moi qui lui péterait la gueule, hein les mecs vous me le laisserez !»
A ce moment Olivier en regardant Jean dit :
« Super mais qui va l’attirer ? »
Jean lui répondit « Toi avec ta belle gueule tu vas faire un malheur. »
« Putain, non il en est pas question, pas moi ».
Paulo : « Mais non Jean, c’est toi t’es le plus malin, t’es aussi beau gosse et tu feras moins peur. »
Olivier « Oui c’est sur, ils ne se méfieront pas avec toi. »
Jean essaya de contester mais seul contre deux il dût abdiquer et se résigna à faire l’appât.

La journée passée, ils se retrouvèrent vers 22 heures au square Jean Jaurès. Olivier et Paul allèrent se cacher derrière un bosquet éloigné qu’ils avaient repéré précédemment et Jean alla se poster dans l’allée où se retrouvaient les amateurs de garçons faciles.
Il se trouvait ridicule et ne savait quelle attitude avoir, persuadé que personne ne viendrait l’accoster.
Vers 23heures, la place commença à s’animer. Des hommes seuls commencèrent à déambuler devant lui. Certains se rejoignaient et partaient s’isoler sans attendre.
Jean commençait à croire qu’il n’avait plus qu’à rejoindre ces potes quand un homme s’approcha de lui.
Il se mit devant lui, le dévisagea et s’approcha à le toucher. Jean eut un réflexe de recul qui le surprit et alors qu’il faisait demi-tour, Jean surmontant son dégout le rattrapa, et en effleurant maladroitement son sexe lui dit : « Non, non, viens, viens avec moi. »
L’homme revient alors et le suivit. Tout en marchant vers le bosquet au fond du parc, Jean sentit une main lui caresser les fesses.
Devant le bosquet, il faisait très noir, l’endroit était bien choisi et Jean avait hâte que ses potes surgissent.
L’homme lui pris la main et la posa sur son sexe qu’il avait sorti de son pantalon. Il était gros et dur. « Allez va y branles moi et après tu me suceras. »
Alors que sa main était encore sur son sexe, Paulo surgit par derrière, le pris par les cheveux et en le retournant lui fracassa le visage d’un énorme coup de poing. Dans un gargouillis immonde l’homme s’affaissa. Olivier arriva et tous les trois le martelèrent de coups de pieds, Jean prenant bien soin de viser son entre jambe encore dénudée.
L’obscurité empêchait de le voir précisément mais il devait être dans un sale état. Les trois garçons, sans aucune pitié, fouillèrent ses poches. Un portefeuille avec un peu moins de 100 euros, des clés de voitures et de maison, une montre au poignet, une gourmette et une chaine constituèrent le butin de ce soir là.
Ils s’en allèrent laissant l’homme à terre baignant dans son sang et dans les excréments que son corps martyrisé avait laissé échapper.
En s’éloignant, Paulo fit remarquer qu’il était peut être possible de trouver sa voiture, il avait dû la garer pas très loin et avec l’ouverture à distance ce serait peut être facile.
Aussitôt dit, ils dévièrent vers l’avenue qui longeait le parc et tout en marchant sur le trottoir, Jean actionnait régulièrement la télécommande jusqu’à ce qu’une Peugeot 307 blanche répondit à l’appel.

Au commissariat du centre ville l’équipe de la BAC était en réunion ce matin là. Le commissaire Raynaud faisait son briefing.
« Bon, les gars, il y a eu une série d’agressions très violentes dans le parc Jean Jaurès. »
Les 4 inspecteurs de la BAC sourirent et André, le plus jeune d’entre eux s’esclaffa :
« Des agressions par derrière sans doute. » Puis il rajouta fier de son humour :
« Ils les attirent dans un vrai gay – pied, en deux mots chef »
Hilarité générale.
« Ca va, ca va, riez un bon coup, mais c’est grave.
Hier c’est le fils du Préfet que l’on a retrouvé en sang, le visage en charpie. Il est en soins intensifs et plongé dans un coma artificiel. Le Préfet est fou de rage. »
Maurice, le plus expérimenté, moustachu, la cinquantaine bien portante intervint :
« C’est surement une petite bande des cités qui a trouvé un moyen de se faire du fric. C’est leurs méthodes, pour eux la vie des autres n’a strictement aucune importance et c’est ce qui explique l’extrême violence de leurs actes. »
« Oui, c’est surement vrai. Voilà comment je vois la chose. L’un d’entre vous va trainer dans le square et observer ce qu’il s’y passe dans un premier temps. Ensuite on verra comment on intervient. Je veux des résultats rapidement, je m’y suis engagé auprès du directeur qui joue sa peau devant le Préfet. Donc c’est aussi la notre qui se joue. »
Le sourire avait disparu sur le visage des inspecteurs. Aller trainer le soir dans le parc Jean Jaurès ne réjouissait personne.
Ce fut finalement Maurice qui fut désigné. Le choix s’étant porté sur le plus crédible, c'est-à-dire l’homme mur en attente de plaisirs sortant de l’ordinaire d’une vie aisée et trop tranquille.

Voilà déjà trois mois que la petite bande écumait le square Jean Jaurès. Ils avaient ralenti un peu leur action, car la rumeur des agressions commençait à circuler en ville et la fréquentation du square était en baisse depuis quelques temps. Cependant ce soir là, Jean était à son poste dans l’allée, Paulo et Louis en planque derrière les fourrés.
En piétinant sur place, Jean était perturbé. Depuis qu’il jouait ce rôle, il avait du se prêter à toutes sortes de pratiques. Ainsi un soir, il avait été forcé de pratiquer le début d’une fellation, ses comparses avaient tardé à intervenir. Et, …, cela l’avait troublé. Rien qu’en y pensant, il sentait poindre une érection. Paulo avait senti que quelque chose se passait en lui et depuis il ne le regardait plus de la même façon. D’ailleurs l’ambiance du groupe avait changé et ils ne se voyaient plus si souvent.
De plus, après les agressions, loin de l’indifférence voire du plaisir du début, il était de plus en plus mal à l’aise, au bord de l’écœurement, devant les corps des hommes qui l’avaient suivi confiants et qui gémissaient étendus au sol, le corps fracassé.
Sortant de sa réflexion, et en se retournant Jean aperçu un homme d’une cinquantaine d’année, la moustache en bataille, qui le regardait à quelques mètres de lui.
Il ne l’avait jamais vu, mais son allure correspondait assez bien à la faune du square. Que fallait-il faire ? Jean se décida toutefois, en pensant que cela pourrait être la dernière fois.
Il alla à sa rencontre et, avec maintenant une bonne pratique, il sut le persuader de l’accompagner dans les fourrés.
L’homme paraissait emprunté mais il se laissa faire lorsque Jean lui baissa son pantalon (ils avaient convenu qu’il était plus facile d’agresser un homme avec le pantalon en bas des chevilles), fit glisser son slip, prit son sexe, le mit rapidement dans sa bouche juste avant que Paulo et Olivier ne surgissent...
Le butin prélevé sur l’homme ensanglanté couché à terre n’était pas bien lourd et ils s’en allèrent en silence.

Maurice, l’inspecteur de la BAC, dissimulé dans l’ombre d’un abri bus, avait vu ce jeune draguer cet homme puis partir dans les fourrés et il sursauta lorsqu’il le vit revenir mais cette fois ci accompagné de deux autres jeunes.
Il les suivit discrètement jusqu’à la cité du Val vert.
Le lendemain une descente de police interpellait Paulo dans son lit. Il n’eut pas le temps de s’enfuir ni d’esquisser le moindre geste qu’il se retrouva menotté et embarqué. Olivier n’eut pas plus de possibilité, l’équipe d’intervention le cueillit par surprise dans la cage d’escalier.
Jean était à la fenêtre de la cuisine dans l’appartement de ses parents. Il n’avait pas dormi de la nuit. Et c’est donc par hasard qu’il entrevit la police s’engouffrer dans son immeuble. L’appartement était au sixième étage et l’ascenseur était en panne comme d’habitude. Cela lui laissait le temps de réagir.

Olivier et Paulo étaient assis dans le fourgon, menottés, il regardait le reste de l’équipe d’intervention pénétrer dans l’immeuble de Jean. Paulo sourit méchamment en pensant que Jean allait pouvoir bien s’amuser en prison.
Son sourire s’effaça et fit place à une incommensurable stupeur lorsqu’il vit le corps de Jean basculer d’une fenêtre du sixième étage pour s’écraser au sol avec un bruit immonde.





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