De tout temps j'avais été rêveur



Nouvelle écrite par L'Œil qui court dans le style Fantastique



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Petit, on me retrouvait assis dans les positions les plus étranges, mais aussi à quatre pattes ou allongé, arrêté au milieu d’un mouvement, en plein jeu, le regard ailleurs, peut-être tourné vers l’intérieur.
Étant, par ailleurs, d’un caractère sociable, j’eus de nombreux copains. Mais aucun ne le resta longtemps. Rapidement, ils se lassaient des pauses plus ou moins prolongées qui suspendaient nos jeux. Je ne pouvais malheureusement partager avec eux le motif de ces absences, mes rêves se révélant à l’examen de la conscience tellement fantaisistes qu’ils m’auraient mis à l’écart pour des raisons bien plus graves qu’une simple pause malvenue.
Je grandis avec cette particularité dont je m’accommodais assez bien. Les univers qui m’emportaient étaient autant de voyages merveilleux que nul n’aurait pu m’offrir. J’appris à cultiver une amabilité, lors de l’achat de ma baguette ou de mon journal, lorsque je croisais ma voisine dans l’escalier. On m’accueillait avec chaleur. Je veillais durant ces moments, que je maintenais brefs, à endiguer le flot de mon imagination afin de ne pas me retrouver en arrêt au milieu de la chaussée à la poursuite de mes histoires intérieures.
Rester à distance m’évitait la douleur des ruptures.
Je choisis un métier solitaire qui me permit d’utiliser ce don singulier et même de le développer. Je fus ainsi le plus heureux des hommes durant de nombreuses années.
Cette aventure prit un tour inattendu une après-midi.

Je voulus relire Dracula. M’en inspirer. Je me plongeais dans le livre, grappillais à droite et à gauche. L’atmosphère de cet univers m’imprégna bientôt. Je partis sur les ailes de mes propres histoires. Les paysages oniriques étaient plus riches, nourris des péripéties arrivées à Jonathan Harker.
La force de mes transports intérieurs prit une qualité originale, une texture que je n’avais pas connue à ce jour.
J’émergeais du livre de Bram Stoker par une grosse porte arrondie en bois brut entourée de flammes bleues. Un large boyau obscur s’enfonçait dans des profondeurs mystérieuses. Un chemin terreux, irrégulier, détrempé s’étalait à l’extérieur. Des barriques, un stère de bois, et des grosses malles recouvertes d’une bâche attendaient qu’on les livre. Je m’efforçai de ne penser ni aux loups ni aux vampires.
Je m’éveillais de ma rêverie. Quelle ne fut ma surprise de voir devant moi, sur la table où je tenais le livre posé sur la tranche un chemin terreux, irrégulier, et détrempé. Des barriques, un stère de bois, de grosses malles recouvertes d’une bâche y reposaient. Une chaude lumière bleue s’élevait tandis qu’une odeur d’ail m’incommodait.
J’entendis un raclement derrière la porte.

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Lecture aléatoire

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