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La malédiction


Auteur : MARCETTEAU Max-Louis

Style : Fantastique




La malédiction de l’homme pèse comme mille marbres noirs, posés sur une tombe. Le vent magnétisé de la peur s’engouffre dans celle-ci, demi-ouverte. Ses yeux du souvenir s’illuminent, tels des feux follets. Une épée sort du cercueil le soir de la fête Saint-Jean pour trancher la tête d’un célibataire endurci. Une cloche en ré, sonne le départ, enveloppée d’un chœur de moines, lointain. Un tambour l’accompagne au son d’une marche militaire. L’épée file à l’allure d’un cheval au galop. Elle cherche sa proie, le tranchant dégoulinant de sang. Elle tourne autour d’un épouvantail, le transperce. Un cri sauvage s’extirpe comme les entrailles mises au jour, sur un champ de bataille. Une Lune grise, agonisante, apparaît, toilée de la mort. La chasse, commence.

La fête au village, elle, est terminée. Le brasier sur la place, ce diamant de futures alliances, se meurt. Des couples, des unités dissemblables, se sont formés et rejoignent dans l’unité des draps, aujourd’hui froid, demain chaud, un amour partagé ou d’un compromis de bonne entente. Seuls, les célibataires, se referment dans leur propre monde, arrachant, une fois de plus, une tristesse aussi fleurie qu’un jour de la Toussaint.

L’un d’eux, s’éloigne du village par le chemin communal qui mène aux Sept Chapelles. Un flambeau à la main, il redoute l’épée du moine guerrier, mort sur le bûcher lors de l'inquisition pour . . . luxure. Il aimait les femmes, la guerre et Dieu. « - Le charnel épouse le spirituel pour son équilibre, comme la guerre engendre la paix, comme la Vie accouche de la Mort. Le charnel n’a d’yeux, pour l'Église toute puissante, que ceux du Diable, seule la procréation est permise, un accouplement sommaire : l’homme sur la femme. » crie-t-il à l’homélie du dimanche, à ses ouailles, au moment de son arrestation. Le moine est soumis à la question les jours suivants. A son procès, ses mots sont cruels : « - Nous sommes tous de la même argile, le corps appelle le corps, la jouissance de celui-ci est un don de Dieu pour supporter nos souffrances. La jouissance charnelle ne souille pas l’esprit. L’adultère est une hérésie de l’église qui se veut le pouvoir absolu sur les Hommes. Ce pouvoir est une usurpation. Il est dit : Aime ton prochain comme toi-même . Vous êtes à l’opposé de précepts. » Condamné à brûler vif, ses dernières paroles sont : « - Chaque année, à la Toussaint, un célibataire aura la tête tranchée sauf celui qui osera s’opposer à ma lame ! ».

Le célibataire d’aujourd’hui, pressant en lui la sentence. Il entre dans sa maison. Elle est là ! Brillante et déjà sanguinolente. Elle l’attend : l’épée est posée sur sa table de cuisine. D’un éclair, elle est devant lui, prête à agir. Elle se balance. D’un mouvement brusque à un autre, l’arme et l’homme s’engagent dans un combat, violent, surréaliste. Il est à deux doigts de perdre sa tête, quand, il oppose à l’épée, l’icône de la sainte Vierge, qu’il décroche d'un mur. Personne avant lui, n’avait eu cette idée. L’épée tombe à terre. Soulagé, il tremble, respire nerveusement. La pièce est dans un désordre indescriptible de meubles, vaisselle, de chaises, cassés. L’icône toujours en main, il fait quelques pas en direction de la sortie, pour annoncer à tous qu’il a vaincu la malédiction. Il se prend les pieds dans des morceaux de bois, perd l’équilibre, essaye de se rattraper à quelque chose qui n’existe pas. Vacille et tombe la tête la première dans le brasier de la cheminée, sa nuque percutant un chenet. L’épée reprend vie et pique l’icône qui va rejoindre ce feu d’enfer.





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