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Des hommes et des bêtes


Auteur : GOTTHOLD Didier

Style : Drame




- Savez-vous pourquoi les vautours sont chauves ? C'est pour pouvoir plonger plus facilement la tête dans les entrailles de leur victime. Ouvre-lui le ventre ! cria alors l'homme à un de ses acolytes. L'homme sortit alors du fourreau qu'il avait à la ceinture un long poignard à la lame incurvée, et ouvrit d'un seul coup le ventre de la femme. L'homme au crâne chauve se baissa alors et plongea la tête dans le ventre de la femme. Il farfouilla un instant, puis ressortit la tête avec entre les dents le fœtus d'un enfant. Il se tourna alors vers le mari de la femme que deux hommes tenaient, et cracha à ses pieds le fœtus. Puis il éclata de rire d'un rire diabolique. Puis il s'essuya le visage dans un morceau de drap blanc qu'un de ses acolytes lui tendit.

Les hommes étaient repartis sur leurs chevaux, laissant Tchinguiz, le mari, allongé par terre. Tchinguiz, recroquevillé comme un fœtus, était secoué de violents spasmes. Il resta ainsi pendant plus de deux heures. Quand il sentit quelque force revenir en lui, il essaya de se lever, mais ne réussit qu'à avancer un peu en se traînant sur les genoux. Il se dirigea vers le corps de sa femme. Plus il s'en approchait, et plus il se sentait secoué de violents tremblements. Le corps de sa femme était tellement mutilé qu'il n'osait pas ouvrir les yeux. Il tendit un bras et la toucha du bout des doigts au niveau des côtes. Sa peau était toute douce, et il la caressa un instant comme si elle était encore vivante. Puis il se serra très fort contre elle, et se mit à pleurer. - Mon Dieu, comment est-ce possible ? Dis-moi que ce n'est pas vrai ! Il avait l'impression d'être entré à l'intérieur d'un cauchemar. Il n'arrivait pas à croire que ce qu'il vivait en ce moment fût la réalité. Jamais il n'avait vu pareille horreur. C'était inimaginable ! De violentes convulsions l'agitèrent à nouveau. Il n'arrivait pas à maîtriser son corps. Il contracta d'un seul coup les muscles de son anus car il avait l'impression que le contenu de son estomac s'était complètement liquéfié et voulait sortir. Mais à peine eut-il contracté son anus qu'il sentit tout le contenu de son estomac remonter. Il eut un haut-le-cœur et eut juste le temps de tourner la tête pour ne pas vomir sur sa femme. Tout son estomac se vida. Il ressentit un mieux. L'air frais qui lui entrait dans la bouche lui faisait du bien. Il s'essuya la bouche sur le revers de sa manche. Puis il enleva du bout des doigts un peu de vomissure qui entachait les cheveux de sa femme. Il lui caressa le front en remontant quelques cheveux qui lui allaient dans les yeux. Puis il l'embrassa sur la joue et la serra très fort. Il se mit à la serrer de plus en plus fort, si fort qu'il en avait mal. Il ne la relâcha que lorsqu'il n'eut plus de forces. Puis au bout d'un moment, il se leva et se mit à marcher. Il marcha vers le désert.

Deux jours plus tard on le retrouva errant, le regard hagard. On voulut l'interroger sur ce qui s'était passé, mais il s'entêta à dire qu'il ne s'était rien passé, absolument rien du tout. Tout au plus se souvenait-il d'avoir fait un mauvais cauchemar, mais c'était déjà loin, si loin qu'il ne s'en souvenait plus. Il se leva et se remit à marcher. Au loin il apercevait des dunes de sable, et au-dessus de sa tête un ciel bleu immaculé. Il eut soudain une vision, et son regard traversa l'univers. Il vit que le ciel était vide, qu'il n'y avait pas de Dieu nulle part, que l'homme était seul, seul responsable de ses actes, que la civilisation n'était que le résultat de ce que l'homme en faisait. Il baissa alors la tête, regarda les dunes de sable au loin. Il hésitait. D'un côté le désert, de l'autre les habitations. Il fit quelques pas vers le désert. Il hésitait encore. Puis il fit demi-tour et se dirigea vers les habitations, vers sa maison. Le meurtre épouvantable de sa femme lui revint alors d'un seul coup en mémoire. Tout son corps se mit à trembler et il vacilla. Il ressentit alors une douleur au cœur fulgurante, comme si une balle explosive avait déchiré ses chairs pour finir sa course dans son cœur. Il mit une main sur sa poitrine et ferma les yeux. Il titubait. Il aurait aimé s'appuyer sur quelque chose, mais il n'y avait rien, absolument rien, qu'un peu de végétation basse. Il respira profondément. Son équilibre était précaire. Il refit quelques pas, et leva à nouveau la tête vers les habitations. Il les regarda longuement.
- Si l'homme était meilleur, la vie pourrait être très agréable, se dit-il.
Le seul problème c'est l'homme. Si seulement chaque homme sur la terre voulait bien faire un effort ...
Il s'arrêta de parler et marcha jusqu'à sa maison.





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