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Jésus revient


Auteur : GRENET Ghislain

Style : Fantastique




Décembre 2020.

Je rentre du boulot le 23 avec une semaine de vacances dans la poche. Ma femme Suzy me dit :
« Delphine vient pour le réveillon.
-J’espère que ta frangine ne va pas me saouler avec ses bondieuseries ! »

24 au matin.
Suzy est en train de s’affairer en cuisine. Moi je pianote sur l’ordi quand soudain j’entends :
« Viens mettre la table merde ! »
Je pousse un soupir et vais à reculons faire ce pénible travail.

19h :
« Dring ! »
C’est la « frangine » qui arrive. Dès qu’elle rentre, je suis dans un autre monde. Elle est habillée comme pour aller faire le carnaval. Je me retiens de rire. Suzy lui propose un café. Dans la cuisine je lui dis :
« T’as vu comment qu’elle est fagotée ?
- Laisse tomber, tu sais bien qu’elle a toujours été comme ça. »
Vient le moment tant redouté pour moi : LA MESSE !
Entré dans l’église, je regardais tous ses gens assis qui ne disaient rien. Nous fîmes pareil. Il y’avait encore une place de libre à côté du « clown ». Un homme l’a pris.
Incroyable ce type : Il portait une sorte de toge et ressemblait aux hippies des années 1970. Ma réaction fut de dire à voix basse à Suzy :

« On devrait les marier tous les deux. » En guise de réponse, j’ai droit à un coup de coude.
Le curé et ses « assistants » arrivent. Je baille ; ce qui ne plait pas à Delphine. A un moment de la cérémonie, une chanson est entonnée. A un certain moment, dans une phrase il est dit :
« Jésus, reviens parmi les tiens ! »
Le « hippie » se lève et dit en levant les bras au ciel :
« Mon père vous a entendu, je suis là ! »
La musique cesse brutalement. Une sorte de brouhaha résonne dans l’église. Un sacristain arrive et prie poliment l’homme de sortir. Il s’exécute :
« Il a dû fumer un truc ce type ou alors il a forcé sur la chopine, dis-je en riant.
- Tu vas pas t’y mettre aussi ? » Entonnent en cœur les deux femmes.
Ca y’est, la messe a repris son cour normale et on approche de la fin :
« Je commence à avoir les crocs.
- Putain ! Tu es vraiment pénible » me dit Suzy.
C’est la fin. Tout le monde sort. Je m’arrête sur le perron pour allumer une cigarette. J’entends derrière moi une voix qui me dit :

« Monsieur, j’ai faim, vous pourriez me donner quelque chose ? » C’est pas trop mon truc de donner des sous aux mendiants car l’argent file dans le picrate à deux balles :
« Venez manger avec nous, dit Delphine, quand il y’en a pour trois, il y’en a pour quatre ! »
Je suis sur le cul d’entendre ça. On l’invite et elle lance des invitations :
Eh ! C’est pas l’armée du salut chez moi ? »
Voyant ça Suzy me dit :
« C’est Noël, on peut bien faire un petit geste.
- Ben voyons. »
Résigné, je cède à ce caprice :
« Vous avez une belle demeure, nous dit-il en arrivant.
- Ouais, ouais » dis-je d’un ton agacé.
On passe à table. En entrée, Suzy a préparé du saumon. Elle commence à servir :
« Chérie, tu ramènes le vin ?
-Eh ! Lève ton cul, j’ai pas quatre mains ! »
A ce moment là le type dit :
« Ramenez une carafe d’eau mon ami et je vais vous servir un vin digne des rois.
- Quoi ?
- Fais ce qu’il te dit » me dit Suzy en souriant.
Je vais à la cuisine, farfouille dans les gamelles et reviens avec la carafe d’eau. L’homme met un doigt dans le récipient et dit :
« Goûtez, ceci est mon sang. »
Je hoche la tête, dépité et :
« La vache, je sais pas comment t’as fait mais c’est pas de la bibine. »
L’homme sourit doucement :
« Oups, dis-je, j’ai oublié le pain. »
Je vais chercher une baguette et la pose sur la table :
« Vas chercher une corbeille et le couteau à pain au moins !
- Inutile, dit le gars, je vais le rompre pour tout le monde. »
Je n’ai pas le temps de faire quoi que se soit qu’il coupe agilement le pain. En deux temps-trois mouvements, le pain est cisaillé en parts égales au millimètre près :
« Faudrait qu’il fasse l’école du cirque » dis-je en hurlant de rire.
Même petit sourire de l’homme.
Viens le moment de la dinde :
« Pas pour moi, je préfère le poisson. »
A ce moment là une odeur se répand dans la salle à manger :
« Y’a un truc sur le feu ?
- Ben, non !
- C’est quoi qui pue comme ça ?
- Du merlan, répond le type.
- Qu’est ce que c’est encore que cette connerie !
Je me lève d’un bond, je reviens avec une tête d’ahuri, une poêle à la main :
« Qui a fait cuire ce bestiau ?
- Ma mère. »
Le gars saisit la poêle et verse le poisson dans l’assiette.
On est tous là à le regarder bouche-bée à manger son poisson. Il lève les yeux et dit :
« Mangez, ça va être froid. »
C’est mécaniquement que nous mâchons cette volaille. C’est au moment où j’allais boire un coup que :
« Il y’a du vin rouge dans mon verre !
- Avec de la dinde, on peut boire du vin rouge mais si vous préférez le blanc…
- Non, non, changez rien ! »
Ce repas est hallucinant. Tout le monde a le nez dans l’assiette et ne dit mot. Sans m’en rendre compte, à chaque fois que je buvais un verre, celui-ci se remplissait immédiatement et la carafe ne se vidait jamais. Ce qui devait arriver, arriva. Je me levais d’un bond de ma chaise, je marmonnais un « bonsoir » et partais en titubant vers la chambre.

Lendemain matin.
Je me levais vers 10 heures. Il était là, allongé sur le canapé. Delphine était repartie et la vaisselle était faite. Ma femme se lève en baillant :
« Il a couché là ?
- Ben oui, y savait pas où passer la nuit ?
- Ben voyons…
- Merci pour la vaisselle.
- Quoi la vaisselle !
- J’étais trop crevée hier pour la faire.
- C’est pas moi qui a fait la vaisselle.
- Ben alors c’est ce type.
- Mais… »
Elle part dans la cuisine pour se faire un café.
Le petit déjeuner terminé, l’homme arrive :
« Bien dormi ?
-Oui madame, merci. »
Regardant mon bol vide :
« Je peux…
- Attendez, je vais le laver.
- Inutile, je vais me débrouiller. »
Il le met devant lui et instantanément il se remplit de lait :
« Ca y’est, il recommence à faire le magicien. »
Nous rions tous les deux :
« C’est quoi qui pue comme ça ? »
M’approchant du bol :
« Qu’est ce que c’est que cette saloperie ?
- Du lait de chamelle.
- La vache, ça cogne. »
Je prends ce truc et le vide dans l’évier. Je rince et fouille dans le frigo pour chercher du lait. Quelle n’est pas ma surprise de :
« Putain ! Il recommence à avaler cette merde !
- Laisse-le me dit Suzy en souriant, si ça lui fait plaisir.
- Bon, je vais faire un tour et surtout ouvre la fenêtre dès qu’il a fini pour que cette puanteur quitte cette maison. »
Et je sors.

Midi :
« Merde ! Faut que j’y aille, dis-je au cafetier, la bergère va m’attendre pour grailler. »
Arrivé à la maison, je me lave les mains. J’entends parler :
« Tu causes toute seule maintenant ?
- Non, avec JESUS !
- Quoi ? »
Le gars était toujours là :
« Vous pensez résider encore longtemps ici ?
- Peu de temps, j’attends mes parents. »
Je ne réponds même pas. Je me mets à table :
« Je te préviens me dit Suzy, on finit les restes.
- Tu parles, ta frangine a bouffé pour quatre. »
A ce moment là, j’entends un cri dans la cuisine. Je me lève et me précipite :
« C’est qui cette femme qui fait à bouffer ?
- Je sais pas, j’étais à l’évier et quand je me suis retournée, elle était là.
- Ca c’est encore un coup de l’autre tordu. »
A ce moment précis, j’entends derrière moi :
« Mère, je ne vous espérais plus.
- On a eu un contre-temps ton père et moi, saint Pierre a cassé une patte de chaise et il fallait la refaire tout de suite. Il va arriver bientôt. »
Qu’est ce que voulez répondre à ça ! :
« Ca sent bon votre tambouille madame, c’est quoi ?
- Des cheveux d’ange à la sauce à la diable. »
Et elle rit.
Nous partons tous dans la salle à manger. A peine assis :
« Y’a quelqu’un ? »
Une voix d’homme résonne dans toute la maison. Ma femme se lève :
« Vous désirez ?
- C’est ici que sont ma femme et le gosse ?
- Euh… Oui. »
Et les voici en train de parler chiffon tous les trois :
« C’est pas tout ça mais on a faim !
- Allez-y, commencez, nous on se débrouillera. »
Et on savoure ce met délicat mais cette fois-ci avec de l’eau.
Ca y’est, ils ont fini de jacter dans un langage incompréhensible et ils décident de venir à table. La femme revient avec de la nourriture. Comme d’habitude, ça pue :
« C’est quoi encore que ce truc là ?
- Du chameau ! »
J’ai la nausée. Je pars vomir.
En revenant, quelle n’est pas ma surprise que tous soient partis :
« C’est quoi ce bordel ?
- Ils m’ont dit que saint Pierre s’était cassé une patte ou une patte de la chaise… Enfin je sais plus.
- Sympa, même pas au revoir ni veux-tu embrasser mon cul ! »
Tout est propre. Pas de vaisselle qui traîne :
« Ils sont ce qu’ils sont mais ils partent en rangeant.
- Ouais ! »
Machinalement, je regarde dans l’évier. Un bol de lait le rempli. Cette fois-ci c’est du lait de vache :
« Qu’est ce que ça fout là ?
- J’en sais rien, ils l’avaient lavé ? Je comprends pas ! »
Je le vide. Un étrange bruit se fait entendre ; comme des cailloux :
« Regarde ! »
Des pierres précieuses brillent de mille feux. Au bas mot il y’en a un kilo :
« On est riche maman, on est riche ! »
On ne saura jamais qui étaient ces gens là ni pourquoi chez nous.

30 ans passèrent à une vitesse grand V. La mort était devant la porte. Je regardais la mer en furie et je me disais :
« Qu’est ce que je vais voir quand je serais avec deux mètres de terre sur la gueule ? »
Eh bien je vais vous le dire :
« Figurez-vous que quand vous mourrez et que… Merde, plus d’encre !!! »





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