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Retour chez soi


Auteur : DELAMARE Renaud

Style : Horreur




Matthieu et Elodie sortaient de chez un ami. Ils avaient ensemble discuté de l’actualité et des drames qui s’étaient récemment produits dans la capitale.
Il était 22 heures. La nuit était déjà tombée. Pas très rassurés, ils hâtèrent le pas pour sortir vite de la petite ruelle pavé où habitait leur ami. Les vieux lampadaires projetaient une lumière jaune-orangé glauque sur le sol mouillé.
Elodie brisa le silence commencé depuis leur départ. Leur sujet de discussion ne l’avait pas franchement apaisée.
- Matt, qu’est-ce que tu en penses de cette attaque en plein jour sur les Champs ? dit-elle inquiète.
Son ami, marchant toujours d’un bon pas, fit mine de réfléchir puis lui répondit.
- Ecoute, ça me fait bien flipper, tu sais. Ce que surnomment les journalistes d’enragés paraissent sortis tout droit d’un vieux film d’horreur ! Comme je disais à Alex, c’est encore une mission militaire qui a raté. Et on paie les conséquences ! expliqua Matthieu sérieusement.
- Oui après tu es parti dans un trip de complot gouvernemental, se moqua Elodie avec un sourire au coin des lèvres.
Matthieu rougit, se sentant gêné, baissa la tête et regarda ses pieds. Elodie comprenant qu’elle l’avait blessé, passa une main sur son dos.
- Pardon Matt. J’ai l’habitude de t’embêter et j’oublie que parfois je vais un peu loin.
- Ce n’est pas grave Elodie. Je sais que ce n’est jamais méchant venant de toi. C’est vrai que je dois être pénible parfois avec mon imagination de geek. (il remonta ses lunettes sur son nez). Tu sais j’ai lu tellement de livres et vu beaucoup de films sur ces choses enragés que je n’arrive pas à réaliser que ça nous arrive réellement. Je suis à la fois excité et apeuré de ce qui arrive ! Tu comprends ? raconta-t-il la voix tremblante.
- Je te comprends à 100% Matt. Ne te fais pas des nœuds à la tête avec moi depuis le temps qu’on se connait, on est presque frère et sœur ! sourit Elodie.
- Hum, oui c’est vrai, confirma-t-il à contrecœur, semblant embarrassé par ce qu’elle venait de dire.
Un bruit se fit entendre sur leur gauche. Ils s’arrêtèrent brusquement et scrutèrent l’obscurité. Ils avaient marché d’un bon pas et se trouvaient à présent près de la grande rue principale. Elodie se tourna vers Matthieu et lui prit la main et serra très fort.
Plus personnes ne trainaient dehors depuis les récentes attaques d’enragés. C’était imprudent de sortir à cette heure-là et ils en étaient bien conscients. Ils reprirent leur marche sans tarder.
Le boulevard, vide, n’était même pas éclairé. Les magasins, qui d’habitude laissaient leur intérieur allumé, avaient descendu le rideau métallique et même barricadé avec des planches de fortune leur vitrine.
Ils prirent à droite sur le trottoir central du boulevard. Il y avait un pseudo parc avec de quoi faire de la pétanque ou un footing. Des bancs en bois longeaient de part et d’autre de ce jardin urbain, séparant ainsi des arbres maigrichons et sans feuille.
Élodie et Matthieu marchèrent à grande foulée en se retournant souvent pour se rassurer que personne ne les suivait. Ils étaient encore loin de leur station de métro.
Un cri de femme déchira le silence de la nuit. Elodie regarda Matthieu.
- C’était quoi ? demanda-t-elle sachant très bien ce que c’était.
- Une femme ! répondit machinalement Matthieu.
- Matt ! J’ai peur. Il faut qu’on se dépêche de rentrer.
A l’aiiide !!!
- Elle a besoin d’aide ! Vite ! Marche ! Marche Matt ! Je ne veux pas rester plus longtemps ici !
Ils reprirent leur petite foulée qui devint vite un pas de course lorsqu’ils entendirent des hurlements et des gémissements se rapprocher.
- Cours ! Cours ! Elodie ! aboya Matthieu.
Elodie courait de plus en plus vite. Matthieu la précédait de quelques centimètres.
Le parc était long et plongé dans l’obscurité. Elodie poussa un oh ! de surprise en chutant après avoir trébuché sur une racine qui dépassait du sol.
Sa tête frappa violemment le sol sablé.
Elodie gémissait, gisant sur le sol. Matthieu se pressa de venir à son secours.
- Tu as mal où Elodie ? questionna-t-il très inquiet (il la releva doucement).
Elle poussa un cri de douleur en se redressant.
- Ma cheville ! Oh non !
Il passa un bras dans son dos pour qu’elle puisse se tenir debout.
- Tiens-toi à moi. Mets ta main autour de ma taille. On va continuer.
- Matt ! J’ai mal… !
- Courage Elodie, s’il te plait. On arrive bientôt, mentit-il pour la rassurer.
Le visage poupin d’Elodie était déformé par la douleur.
Les gémissements de tout à l’heure se refirent entendre. La femme de tout à l’heure ne criait plus.
Matthieu, tenant tant bien que mal son amie, se retournait pour voir si ça se rapprochait.
Entre deux arbres, une forme humaine apparut. Elle se balançait comme un pendule, les bras ballants le long de son corps quasi nu. Seul des habits lacérés et couverts de sang recouvraient sa peau grisâtre et boursouflée.
- Matt ! Matt ! Arrête ! J’ai trop mal ! supplia Elodie.
- On ne peut pas Elodie. Vraiment pas !
Pendant qu’ils ralentissaient, d’autres enragés se joignirent au premier.
Ils étaient à quelques mètres des deux amis, les dévisageant de leurs grands yeux vitreux et mornes.
Matthieu se rapprocha d’un banc et installa Elodie dessus. Il s’assit à côté d’elle et passa sa main sur son front.
Des larmes coulaient sur ses joues blanchies par la peur. Elle voyait les monstres devant eux qui reprirent leur marche lente et hésitante.
- Elodie ! Faut que je te dise…
Elle détacha son regard de ses revenants et les posa sur son ami.
Matthieu fut troublé par tant de tristesse et surtout de résignation.
En un regard, il comprit ce qu’elle pensait. Elle l’écouta. Sa tête posée sur son épaule.
- Je reste avec toi, lâcha-t-il, scellant ainsi son destin. C’est terrible. J’aurais tellement voulu te dire tout ce que j’ai sur le cœur depuis tout ce temps.
Elodie sourit, ayant compris depuis longtemps ses émotions.
- Viens Matt. Approche, lui dit-elle en se redressant.
Elle s’approcha de lui, passa un rapide regard sur sa bouche et leurs lèvres se touchèrent. Il l’enlaça. Elle se laissa aller dans cette étreinte chaude et reposante.
Ils fermèrent tous les deux leurs yeux. Leur visage apaisé.
- J’ai peur Matthieu, murmura-t-elle.
- Moi aussi, souffla-t-il en réponse.
Les enragés étaient au-dessus d’eux. Ils poussèrent leurs gémissements plaintifs d’affamés, firent claquer leurs dents noirâtres et se laissèrent tomber sur les deux amoureux.
Matthieu glissa un Je t’aime dans l’oreille d’Elodie les larmes sur les joues…





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