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Le loup


Auteur : DELAMARE Renaud

Style : Epouvante




Je jouais avec mon fils de 3 ans à l’étage.
On avait pour habitude de se retrouver tous les deux en haut dans la chambre pour jouer à la pétanque en plastique ou bien regarder des dessins animés sur l’ordinateur le week-end pendant que ma femme et mon second fils s’occupaient au rez de chaussée.

Ce soir-là, alors que ma petite famille dormait à point fermé, déjà dans les bras de Morphée, je m’étais mis un film d’horreur sur le PC portable branché à la TV.
J’étais assis confortablement dans le canapé. Des bonbons à ma gauche – des petits oursons gélatineux de toutes les couleurs. Et un grand verre de lait à ma droite.

Le film me tenait bien en haleine maintenant. Je flippais bien.
Puis je repensai à la peur de mon fils ainé qu’il nommait « le loup ».
Pour lui, le loup, c’est l’ombre d’un objet sur le mur.

Et je trouvais ça amusant mais je voyais qu’une crainte infime se lisait sur son visage. J’en plaisantais tout en l’aidant à se rassurer en tapant sur ces ombres, pour les faire fuir. Enfin bien sûr pour de faux.
Mais au moins, il était content et sans doute rassuré. Et aussi peut-être fier de son papa, qui sait.

Mais ce soir là, devant mon film en repensant à cela, un bruit sourd venant de ma gauche, vers la porte fenêtre, me fit faire un sacré bond !
Je regardais dans la direction du bruit.

‘Booom’

Encore ce coup étouffé mais cette fois la fenêtre toute entière vibra. Ça allait réveiller les enfants.
J’appuyai sur la touche PAUSE du PC et me levai. Mon regard se porta sans raison sur la petite décoration de Noël oubliée – un lampion cartonné, accroché à la tringle à rideau. Avec la lumière tamisée près de la TV, l’ombre de cet objet, projetée sur le mur, prit un instant la forme d’un visage difforme, comme une goule.
Mon imagination sans doute. Pourtant l’ombre semblait s’être modifiée sous mes yeux !
Troisième bruit mat. J’étais à mi-chemin dans mon salon. Le volet s’ébranla dangereusement.
Je vérifiai la chambre derrière moi dans laquelle dormaient ma femme et mes deux fils. Aucun mouvement. Bien.

J’ouvris doucement le battant en soulevant la clenche de la porte fenêtre. Puis je fis de même avec le volet. Lentement.
Dans l’interstice ainsi créé, je m’avançai pour y glisser un œil.
Il ne faisait pas si sombre que cela grâce au lampadaire dans la rue. La lumière qu’elle projetait était d’un blanc orangé.
Réalisant qu’il n’y avait aucun danger, proche de la fenêtre, j’ouvris complètement un côté des volets tout en me questionnant qui ou quoi avait pu faire ce bruit.

Je posai un pied sur la terrasse.
Un léger vent frais de fin d’hiver caressa mon visage.
Un craquement de branche d’arbre me fit sursauter.
Je scrutai spontanément le sous-bois en face de moi.


Je poussai un ‘Oh’ d’effroi et de surprise devant cette vision qui me choquait.

Un homme élancé tout de noir vêtu se tenait de l’autre côté du grillage.
Nous nous regardâmes un instant – qui me semblait une éternité.
Je pus voir avec horreur et dégout comment était son apparence.
Et un frisson me parcourut l’échine en découvrant ses longs bras maigres qui touchaient le sol et surtout cette énorme bouche béante qui couvrait quasiment son visage.
Des dents effilées, couvertes de baves, entouraient ce trou distordu.
Ecœuré et figé par la trouille, je réalisai plusieurs secondes après ce qui m’arrivait.
Le jardin, la maison, les enfants, ma femme me revenaient en pleine face.
Il fallait les mettre en sécurité.
Je refermai la fenêtre, en laissant volontairement le volet ouvert pour voir ce monstre qui continuait de me regarder.
J’étais comme hypnotisé. Deux billes rouge scintillantes apparurent au-dessus de sa gueule énorme.
Je ne me rendis pas compte qu’il était à présent de l’autre côté du grillage. Dans le jardin.

La voix étouffée de mon fils ainé. Je me retournai.
L’ombre au-dessus de la lampe à côté de la TV se modifia et prit la forme d’un gobelin hideux en un instant.
Le même bruit sur le volet se reproduisit.
Je fis volte-face brusquement.
Je criai.
L’homme était à la fenêtre, son visage appuyé sur la vitre.
Une masse rose, ressemblant à une langue, léchait la paroi.
Il me reluquait avec appétit. Ses yeux rouge si étincelants…

Ma femme était sortie de la chambre, l’ainé dans les bras, en m’appelant. Elle avait dû entendre mon cri.
Le bébé pleurait.
Mais moi j’étais déjà loin.





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