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Péremption onirique


Auteur : Pok

Style : Réflexion







« Tu te raccroches à des rêves périmés » qu'il m'a fait.
Quelle idiotie. Ce sont les rêves qui se raccrochent à moi, comme à une bouée de sauvetage au milieu d'un océan indifférent. Parce qu'ils n'ont plus que moi les rêves… On les oublie, on n'en veut plus, on se rit de leur maquillage obsolète et de leurs tenues désuètes. On veut du concret, du réel ! Alors ils se désespèrent et se fanent doucement. Mais parfois aussi ils viennent, s'enroulent autour de moi, s'habillent de mon âme et jouent avec mon esprit. Et ils savent que c'est un cadeau qu'ils me font, comme une symbiose, comme le lichen qui naît des apports mutuels d'une algue et d'un champignon. J'ai besoin d'eux pour vivre, ils ont besoin de moi pour être autre chose qu'une vague légende oubliée…
La plupart des gens ont des rêves seulement pour avoir l'impression d'avoir un but, ou pour tuer le temps dans leurs moments perdus… ou pour draguer les filles, ça marche bien aussi. Tous ces gens ne réaliseront jamais ces rêves, 90% n'essaieront même pas. La bonne blague, c'est qu'ils auront toujours une réponse toute faite pour justifier ce manque total d'imagination, ou de courage. Il vous diront que les fantasmes ne sont pas fait pour être vécus, que quand on atteint un but on n'a plus rien pour nous tirer en avant, qu'on vit tant qu'on a des rêves et qu'on se lasse de vivre quand on les a réalisés…
Quel manque de romantisme et d'imagination ! Ne savent-ils pas que vivre ses fantasmes et le meilleur moyen de s'accomplir, qu'atteindre un but conduit à courir après des idées plus colorées encore, que ne pas vivre ses rêves n'amène qu'à une version noir et blanc de l'existence ? Que faire du réel et de la vérité qui s'imposent à nous contre notre gré ? Alors que la pensée est malléable, qu'en esprit nous sommes tous magiciens capables d'inventer le monde qui nous convient. La réalité n'est pas un absolu, c'est une contrainte au sein de laquelle il faut évoluer. Une sorte de cadre. Mais jamais il ne faudrait oublier que toute limite est faite pour être dépassée, et que la richesse du cadre ne fait pas la beauté du tableau.
Comment en est-on arrivés à considérer nos « obligations » professionnelles, familiales, sociales comme la priorité absolue qui laissera peut-être un peu de temps pour rêver ? Pourquoi ne se dit-on pas plutôt que peut-être nos rêves accepteront un peu de réalité ?

Forte de ces considérations sur le moteur de l'existence, et quelque peu imbue de ma personne, je dois bien l'avouer, j'envoyai paître cet ordinaire qui prétendait critiquer ma façon de penser. Qui critique ma façon de penser insulte mon intelligence, et qui doute de mon intelligence ne l'est pas assez (intelligent bien sûr) pour savoir de quoi il parle. Un peu sévère sans doute, sûrement complètement prétentieux, mais on est entier où on est que dalle. Et comme il est loin d'être facile que de rester entier, il n'est pas permis de s'encombrer de politesse superflue et, on en conviendra, plus hypocrite qu'aimable.
J'ai toujours eu du mal à supporter la critique, Dieu sait pourquoi. Peut-être parce que je suis tellement sûre d'avoir raison que le badaud qui me ferait une réflexion serait aussitôt catalogué comme idiot. Bon, je suis un peu dure avec moi-même là, je ne considère pas forcément mes détracteurs comme des cons (quoique… bon, bref), mais si ça n'est pas le cas ils ne m'intéressent pas. Je n'ai aucune envie qu'on vienne me casser mes rêves, je recherche la compagnie de ceux qui peuvent les entretenir où m'en inventer de nouveaux.
Les gens que je déteste ? Les ordinaires, les terre à terre, les sérieux, les ambitieux, les carriéristes, les capitalistes, les passionnés de politique, les comptables (et professions assimilées), les racailles, les pouf-pouf, les peureux, les scientifiques, les dragueurs boulet, les cinquantenaires en crise d'adolescence, les adolescents, les intolérants (qui a dit que je ne pouvais pas détester les intolérants ? hein ? je ne suis PAS intolérante, d'abord ! )… j'en passe, et des plus merdiques. Bien évidemment, je tombe TOUJOURS amoureuse de quelqu'un qui appartient au moins à l'une de ces catégories (vous me direz, ça n'est pas évident, la liste est longue et les hommes sont simples). Alors je m'habitue, je m'accroche, je me rend compte des limites du mec, et je ne peux plus partir. Je n'ai jamais su être seule. Alors je suis toujours avec quelqu'un. Plus ou moins, mais même quand je n'ai pas de copain il y a toujours un garçon dans le coin qui prend une partie du rôle.
Le seul garçon qui ai pu s'approcher vraiment de mes fantasmes, de mes rêves et autres délires, n'a jamais réussi à gagner complètement mon cœur. Allez savoir pourquoi…

Quoi qu'il en soit, je décidai de poursuivre mon petit bonhomme de chemin sans plus me soucier des élucubrations insolentes de ce garçon friand de phrases grandiloquente sur de soi-disant dates de péremption oniriques.







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