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Fâchés


Auteur : BOUMAZA Abdelwahab

Style : Réflexion







Côte à côte, cinq enfants de huit à neuf ans étaient adossés au mur ; un autre enfant l’était aussi, mais à deux ou trois mètres plus loin. Les premiers fixaient ce dernier, qui, faisant la lippe, les mains derrière le dos, les regardait en dessous. Il avait les yeux embués de larmes. Un instant, Salim quitta le groupe et rejoignit Amar, le prenant en pitié. Parce que celui-ci ne leur avait pas donné un bout de galette, tous avaient croisé leur auriculaire avec le sien.
Salim lui présenta le pouce levé, disant :
« Moi, suis plus fâché avec toi. Nous nous pardonnons l’un à l’autre.»
       Amar leva les yeux sur Salim et lui toucha le pouce avec le sien; ils portèrent leur pouce aux lèvres puis au front. Son visage se détendit. Un sourire l’égaya. Un instant, Amar jeta un coup d’œil sur le groupe. Les traits de son visage se crispaient.
       Maâmar lança à tue-tête :
« Salim, tu es avec lui, nous te parlerons plus !
-    Oui, nous te parlerons plus ! » répétèrent les trois autres bambins.
       Maâmar se mit en face de ses copains et :
« On joue aux billes, les gars ? proposa-t-il.
-    Oui » répondirent-ils en quittant le mur et en commençant à farfouiller dans leurs poches.
       Salim dit à Amar :
« Nous aussi, on va jouer aux billes, hein ? »
      Amar ne pipa mot et détala comme une flèche à la maison.
Salim s’étonnait de cette réaction bizarre. Il détacha ses regards du côté de la ribambelle d’enfants qui s’adonnaient toujours à leur jeu, puis s’en alla chez lui.
Un long moment après, Salim retourna à la rue et trouva Amar dans la même position de tout à l’heure. Il avait un bon quartier de galette dans les mains et en grignotait de temps à autre, ne quittant pas des yeux le groupe d’enfants. Il avait l’air de ne pas se rendre compte de la venue ni de la présence de Salim.
      Le plus jeune des quatre enfants, Samir, leva les yeux sur Amar et dit :
« Amar, donne-moi un peu.»
     Amar fila vers lui et lui tendit un morceau de galette. Il fit le même geste pour Tayeb, puis pour Ali. Maâmar hésita un instant puis en prit sa part.
Il invita Amar à jouer avec eux.
     Salim restait coi, mais suivait les faits et gestes de Amar. Un instant, celui-ci le regarda, puis, bien vite, détourna la tête et continua à jouer.
    Le lendemain, si les passants faisaient attention, ils verraient six enfants adossés au mur, mais l’un d’eux était à quelques mètres du groupe.
    Salim ne tarda pas à regagner sa maison, un sourire narquois sur les lèvres, pensant à lire le livre de contes que lui avait amené son oncle de France.







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