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Ma petite boutique d'informatique


Auteur : BOKAY Jean-Jacques

Style : Scènes de vie







Paris le 13 décembre 1999.
Me trouvant sans emploi depuis plusieurs mois, j’accepte le stage d’informatique que l’ANPE me propose. Un an, rémunéré au SMIG avec des perspectives d’embauche à l’issu du stage. La proposition me parait intéressante et j’accepte. Les cours sont dispensés tous les jours. Dans les débuts, je me sens seul, mais rapidement, je me fais un ami : «Frank ». Nous sommes toujours ensemble, nous avons le même âge, vingt-trois ans et beaucoup de points communs. Frank est bosseur et nous parlons souvent de notre avenir. Il a une ambition, pour ne pas dire une obsession, il veut créer une petite entreprise à la fin de son stage. Une boite à lui, dit-il. Il me fait part de son projet, nous en parlons souvent et un jour, il me dit :
— Alex, faut qu’on fasse un truc ensemble ! J’ai bien réfléchi, mon projet de création, nous devons le faire à deux. Je ne suis pas très enthousiaste, mais le tempérament fougueux de Frank réussit à me convaincre et à la fin du stage, nous nous mettons à la cherche d’une affaire à reprendre.
Une boutique d’informatique est à vendre dans le douzième. Nous l’avons visité, c’est assez grand, ça parait bien placé et le prix n’est pas trop élevé. Nous nous rendons dans divers banques pour solliciter un emprunt. Premier problème, Frank viens d’acheter une voiture à crédit et aucune banque n’est disposée à lui accorder un second prêt. Pour moi, la situation est différente, je n’ai aucun prêt et je possède un peu de bien, une maison de campagne, donation de ma grand-mère. Moyennant une hypothèque sur la maison, j’obtiens un crédit suffisant pour l’achat de la boutique. Frank me remboursera chaque mois
Les débuts sont difficiles, les journées interminables et les bénéfices maigres, mais après trois mois la boutique se remplit et je réussis à convaincre Frank d’embaucher ‘Claire’, mon amie. Elle reçoit les clients, prend les commandes… Enfin elle nous est très utile, seul problème, une incompatibilité d’humeur avec Frank ! Ils se chamaillent constamment, et à propos de rien. Je dois sans cesse intervenir pour mettre fin aux disputes interminables. Je m’en accommode car le travail augmentant, je suis souvent parti chez des clients.

Paris juin 2000
Les affaires marchent de mieux en mieux, le chiffre d’affaire augmente chaque mois, Claire et Frank ont l’air de mieux se supporter. Moi, je livre le matériel la journée et fais des réparations tard le soir. Je suis claqué, nous bossons comme des fous, mais ça marche ! L’idée de Frank était géniale, jamais je n’avais vu autant d’argent, même si le temps pour le dépenser me manque. Frank est vraiment un gestionnaire de grande qualité. Il s’occupe de toute la partie comptabilité, commandes de matériels, cotisations… C’est bien d’avoir quelqu'un comme lui, ça me permet de me consacrer à la partie technique.

Paris Septembre 2000
J’arrive à la boutique le premier, je suis seul car Claire s’est rendu auprès de sa mère qui a fait un infarctus hier. Je remarque de suite que le rideau métallique a été fracturé. De toute évidence, Nous avons été victime d’un cambriolage. J’appelle Frank sur son portable, pas de réponse. J’entre dans la boutique et je regarde ce qui manque. C’est simple, il ne reste rien de valeur, ils ont tout emporté. Et dire que Claire est chez sa mère et ne se doute de rien, la pauvre, si elle savait ! C’est déprimant de voir cette boutique qui d’habitude regorge de marchandise, complètement vide ! Plus rien ! On se demande comment ils ont fait ? J’essaie encore de joindre Frank, toujours personne ! Ça commence à m’inquiéter, mais qu’est-ce qu’il fait, lui qui est toujours à l’heure ! Après hésitation, je décide d’appeler Claire, ça m’ennuie ne la déranger alors que sa mère est malade mais ce qui nous arrive est grave. Claire non plus ne répond pas ! Décidément… Enfin je dois relativiser, connaissant Frank, il a très certainement pris une bonne assurance, mais quand même, ça fiche un rude coup de voir la boutique vide !
Je me rends au commissariat pour faire ma déclaration de vol, ça me prend presque tout l’après-midi. En sortant, j’appelle Frank, une, cinq, dix sonneries, pas de réponse ! Mais que ce passe-t-il ? J’essaie d’appeler Claire, aucune réponse non plus ! Je me sens seul et désemparé, comment se fait-il que c’est précisément le jour où il y a un gros problème que je me retrouve seul sans personne à joindre ? Je me rends chez Frank, il est peut-être malade, hospitalisé ou bien il a été victime d’un accident ? Je ne sais plus quoi penser ! Je frappe à l’appart de Frank, pas de réponde ! J’appelle les parents de Claire, sa mère me dit qu’elle n’a pas vu sa fille depuis quinze jours et qu’elle n’a jamais fait d’infarctus! Pour quelle raison claire m’a raconté cette histoire, je comprends de moins en moins. Je me rendre à la boutique et prendre des documents.
Une autre surprise m’attend à la boutique, les tiroirs contenant les papiers importants sont complètement vides ! Plus rien ! Je me demande dans quel intérêt les voleurs se sont emparés des papiers. Tout est de plus en plus flou. Mais comment vais-je faire, c’est Frank qui s’occupait de tout, moi, je ne connais même pas le nom de notre compagnie d’assurance ! Enfin, me dis-je calme-toi, Frank va bien se manifester… Et claire qui se trouve auprès de sa mère…
Le soir, je m’efforce de fermer le volet roulant qui a été forcé lorsque le voisin passe avec son chien.
— Ca y est, dit-il, vous avez terminé votre déménagement ?
— Mon déménagement ? Ah non, c’est pas vraiment un déménagement, j’ai été cambriolé durant la nuit !
— Cambriolé ! Je ne comprends pas dit l’homme, hier soir quand j’ai sorti mon chien, après le film, j’ai vu votre associé et votre vendeuse qui chargeaient les ordinateurs dans une camionnette, j’ai pensé que vous déménagiez ! Vous, par contre, je ne vous ai pas vu.
— Comment ! Ah, les salopards ! Tout s’explique maintenant, ils sont partis tous les deux avec la caisse et le matériel de la boutique !
— Pas possible ! Dit l’homme, ils avaient pourtant l’air bien tous les deux.
— C’est ce je pensais aussi jusqu’à présent !
Le lendemain, toujours aucune nouvelle de Frank et de Claire. Je passe à ma banque et demande à voir le directeur.
— Vous arrivez bien, dit-il, je voulais justement vous appeler. Vous êtes dans une situation financière désastreuse !
— Comment ça, dis-je ?
— Votre associé a retiré tout l’argent de votre compte commun et nous ne pouvons régler votre dernière facture. Il vous faut approvisionner votre compte au plus vite.
La suite n’est qu’une chute vertigineuse. Frank avait prémédité son coup et n’avait même pas souscrit d’assurance ! J’avais réussi au prix d’un travail acharné à monter une petite affaire qui marchait bien et à présent c’est la grande descente, je m’enfonce toujours, je n’ai pratiquement plus rien. La vente de ma maison de campagne doit tout juste suffire à combler le gouffre financier dans lequel me laissent Frank et Claire.
Comme dit le directeur de ma banque, on ne se méfie jamais assez.







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