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Rencontre imprévue


Auteur : BOKAY Jean-Jacques

Style : Drame





Deux mois passèrent, leur relation était devenue si forte que chacun sentait peser sur lui le jugement de l’autre. Cependant, chacun ne connaissait rien ni du corps ni de la voix de l’autre. Ils l’avaient décidé ainsi d’un commun accord. La fascination qu’il exerçait sur mon amie ne faisait qu’amplifier et bientôt, elle n’eut plus qu’une seule idée en tête : rencontrer ‘Janus’. Elle aborda le sujet avec beaucoup de précaution, testant ses intentions. Peut-être était-il lui aussi rongé par ce même désir ? Ils s’étaient mis d’accord de ne jamais se téléphoner et de communiquer uniquement en utilisant le mode ’texto’. Le champ de leurs discutions s’élargissait toujours davantage, à tel point que tous les sujets furent abordés. Tous ? Non, les sujets à caractères sexuels n’étaient jamais abordés alors que, tapis dans l’ombre, ils occupaient la place centrale, riche en sous-entendus, en allusions à peine voilées, mais jamais abordés de face avec franchise. N’y tenant plus et devinant son ami incapable d’aborder ce problème, ‘Marie ’ décida de prendre les choses en mains et demanda à ‘Janus’ si le temps n’était pas venu de se rencontrer et d’envisager un autre type de relation ? ‘Janus’ ne parut pas particulièrement désemparé et répondit :
— oui ! Oui ! Bien sûr, mais à une seule condition et je suis presque certain que tu refuseras !
‘Marie ’ répondit qu’elle se plierait à ses exigences. Probablement simples broutilles d’une personne timide pensa-t-elle.
— Et que sont ces conditions ? Demanda ‘Marie ’.


Janus’ partit dans un long discours dont voici le résumé :
— Nous avons fait connaissance et lié une relation forte d’une façon unique, notre relation doit se poursuivre dans le même esprit et pour cela, nous devons franchir une nouvelle étape. Voici ma condition : Je vais me rendre dans un hôtel que je t’indiquerai, un soir lorsqu’il fait nuit, tu demanderas le numéro de ma chambre à la réception et je t’attendrai. Tu entreras, la porte ne sera pas fermée à clef, tu n’allumeras pas la lumière, une ampoule très faible te permettra de te diriger jusqu’au lit. Tu te déshabilleras complètement et tu te glisseras dans le lit où nous ferons l’amour sans dire un mot, sans se parler. Ensuite, j’allumerai la lumière et enfin nous découvrirons nos visages et nos corps.
Cette condition parut étrange à mon ami, son premier réflexe fut un refus catégorique puis, elle se reprit et se dit qu’après tout leur relation aussi, était étrange. Alors pourquoi ne pas essayer, se dit-elle. Cette exigence ‘particulière’ ajoutait même du piment à cette première rencontre tant attendue.
Oui ! ‘Marie ’ se rendrait au rendez-vous.
Janus’ avait choisi un bel hôtel du centre-ville. ‘Marie’ pénétra timidement dans le hall d’entrée et bredouilla son nom, presque en s’excusant.
— Chambre 54 dernier étage ! Dit l’employé.


L’ascenseur n’en finissait pas de monter. Cinq étages peuvent sembler extrêmement longs. L’ascenseur lança son dernier cri et s’arrêta. ‘Marie’ poussa doucement la porte de l’ascenseur de peur de rompre le lourd silence qui envahissait l’étage. La chambre 54 se situait à l’extrémité droite. Elle fixa le numéro avec une intensité extraordinaire et posa sa main sur la poignée de porte. Celle-ci n’était même pas accrochée, ‘Marie’ la poussa avec précaution et se retrouva dans une chambre dont la très faible lumière permettait à peine de s’orienter. Elle trouva le lit aisément et distingua même une masse sombre sur le dessus. C’est lui ! Se dit ‘Marie ’, il est là, à deux mètres de moi. Son cœur battait d’une telle intensité qu’elle sentait ses vêtements trembler. Elle jeta un dernier regard sur la masse sombre et, toute tremblante se déshabilla du plus vite qu’elle put. Complètement nue, elle souleva l’épaisse couette et se glissa dans le lit. Ils restèrent quelques minutes sans bouger puis, dans un silence pesant se touchèrent la main et progressivement le reste du corps. Mais, alors que tout semblait suivre une logique préparée, ‘Marie’ poussa un cri de terreur qui résonna dans la chambre. Elle se releva d’un bond, sauta hors du lit et se dirigea vers l’interrupteur le plus proche. Une femme ! Ce n’était pas possible ! ‘Janus’ était une femme ! ‘Marie’ alluma la lumière, ‘Janus’ était assise sur le lit, sa tête enfouie entre ses bras, ses jambes repliées et ses longs cheveux blonds posés en désordre sur ses épaules.
— Excuse-moi, dit ‘Janus’ sans montrer son visage, j’aurais jamais dû te faire ça ! Je m’en veux, je m’en veux ! Mais pour tout t’avouer, il était trop tard et j’ai pas eu le courage de faire marche arrière. Oui, j’aime les femmes et je t’aime, j’y suis pour rien, je suis née comme cela !
‘Janus’ montrait son visage, elle était très belle, un visage fin, une bouche sensuelle. Marie’ la regardait d’un air gêné,
— Tu te rends compte de ce que tu me fais ? Dit ‘Marie’ Moi qui avais une confiance sans limite en toi, pourquoi ce monstrueux mensonge ? Tu me croyais incapable de comprendre ? Tu as tout gâché, tu as balayé toutes mes illusions en quelques secondes ! Ah oui, ‘ Janus’, je t’en veux vraiment ! Mais au faite ? Tu me dis : « Je t’aime » ? C’est absurde ! C’est mensonge ! Tu ne connaissais ni mon visage ni mon corps ?
— Mais si ‘Marie’… Je connais ton visage et ton corps, j’ai réussi à trouver ton adresse par plusieurs recoupements et beaucoup de chance, Il y a de ça deux mois. La première fois que je t’ai vue, j’ai ressenti une énorme décharge électrique parcourir tout mon corps et tu t’es installé dans mon cœur contre ma propre volonté. Je me disais : «arrête, c’est insensé, elle te croit un garçon » ! Mais mon amour pour toi était plus fort que tout, plus fort même que la plus élémentaire logique. Je te suivais partout où tu allais, je me suis même acheté un appareil photo muni d’un zoom puissant pour te photographier à ton insu. Mais tu as raison, je me suis laissée dominer par ma passion et j’ai été d’un égoïsme monstrueux.
‘Janus’ sortit du lit, enfila sa chemise de nuit bleu ciel et alla chercher son sac à main, posé sur la commode. Elle l’ouvrit et en sortit une épaisse enveloppe toute usée. Elle la tendit à ‘Marie’.
— Regarde ! Que des photos de toi, toi à la fac, toi dans un square, à la terrasse d’un café ! Toi, toi, que toi !
‘Marie’ regardait les photos, ébahie. Elle se sentait transportée sur une autre planète où tous ses repaires se seraient effacés. Son monde intérieur venait de s’écrouler dans sa totalité, là, ce soir dans cet hôtel.
— Tu veux que je te prouve que je t’aime plus que tout ? Dit ‘Janus’. Et elle sortit un cran d’arrêt de son sac, fit jaillir la lame brillante d’une pression du pouce et l’appliqua contre le tissu de sa chemise de nuit au niveau de son ventre.
— Ordonne-moi de l’enfoncer ! Dit ‘Janus’ et pour te prouver mon amour, je l’enfonce jusque dans mon cœur !
Pressentant le danger, ‘Marie’ se précipita sur ‘Janus’, lui attrapa le bras et tira de toutes ses forces, mais ‘Janus’ était plus forte, elle résistait. Les deux jeunes filles utilisaient toutes leurs forces, ‘Marie’ prit l’avantage et réussit à éloigner la lame de dix centimètres, puis quinze. Mais, à bout de force elle lâcha prise, la main de ‘Janus’ partit comme un ressort et le couteau alla se planter entre deux côtes. Le sang se répandit aussitôt sur sa chemise de nuit qui prit une teinte foncée augmentant à grande vitesse. Affolée, ‘Marie’ sortit sur le palier et cria : au secours ! Au secours ! Elle vit des personnes sortir de leurs chambres puis, plus rien. Elle tomba évanoui sur le sol.





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