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Poussière d'amour


Auteur : DOUCET Danielle

Style : Romantique




 

co-écrit avec Gilles Guilain

 

LUI
 
C’était un matin d'août, la chaleur était accablante ...
 
A cette époque déjà je goutais chaque moment de bonheur, dans sa fragilité, comme si il était passé ; tu t’étais levée tôt avec cet espèce de charme inconscient qui te signalait, tu t'ébrouais…
Moi j'étais là avec des yeux de miraculé, qui se demande ce qui lui arrivé, feignant de sommeiller sous le lin des drap goûtant les odeurs de la nuit, je découvrais ton corps, ébahi, tes pieds menus sur la tomette, tes fesses tendres et cette douceur des cuisses qui m'avaient enchâssé.
 
J’avais bataillé fort pour obtenir de tes parents ce périple à Gordes, le village de ton enfance, nous étions dans ta chambre dont tu m'avais si souvent parlé, c'était notre première nuit au dehors, tous les deux loin des bruits de la ville, je veux dire une paix totale avec seulement les bruits de la nature environnante, et ce crissement des cigales dans la chaleur et l'odeur des lentisque et des genévriers.
Avide, gourmand comme un enfant qui ne veut pas partir sans lamper tous les verres au restaurant.
 
J'avais voulu saisir ce moment où tu t’offrais pour la première fois à moi dans le trouble et l'intimité de tes ablutions... j'ai pris avec l'habileté quasi instinctive d’un désir mon rolleiflex qui traînait sur la table de nuit, estimation de la lumière, mise au point sur ta peau irisée par le soleil.
 
Avec une grande sûreté j'ai appuyé sur le déclencheur, pendant que tu étais concentrée sur ta tâche, tu n'as rien entendu.  J'ai joui longuement de ce ravissement particulier, comme si j'avais arraché un fragment d'éternité. une pépite, de mémoire de la volupté fragile du quotidien, et puis soudain pendant que je savourais cette dilatation de tout mon être, tu t'es retournée les yeux tendrement rieurs, amusée et séduite...à la fois, alors que j'avais encore l'appareil photo dans la main .
 
ELLE
 
J’en avais tellement rêvé ! Toi et moi à Gordes … dans mes rêves les plus fous je nous imaginais marcher, nous embrasser dans ces drôles de maisons arrondies que sont les Bories, où petite je jouais avec les enfants du village …
 
Il nous avait fallu tellement de temps pour qu’enfin notre amour puisse vivre au grand jour ! Tant de barrières qu’il nous fallut franchir.
Pour quelles raisons les âmes bien pensantes font-elles tant de mal parfois ?
Les deux décennies qui nous séparaient n’étaient rien pour moi, je t’aimais depuis toujours, depuis ce jour où papa était apparu avec l’ami dont il nous parlait souvent et pour lequel il avait tant d’admiration… Toi !
J’avais dix ans et ne comprenais pas encore l’affolement de mon cœur, neuf ans écoulés depuis ce jour-là déjà … Enfin !!!
Le reflet du vieux miroir accroché au-dessus du lavabo me renvoyait ton image … j’aimais te voir dormir, j’aimais aussi faire semblant de ne pas remarquer tes yeux sur moi, je voulais que ce moment dure toujours. Chaque cliché que tu faisais de moi était un mot d’amour.
 
LUI
 
C’est à ce moment-là que as baissé les yeux avec ce regard de coquetterie feinte qui te va si bien, tes joues étaient cramoisies, tu m'a regardé d'un air malicieux puis juste après t'être frictionnée, tu es venue te jeter dans mes bras, en me gratifiant d'un de ces baisers mouillés inoubliables, tes mains jointes entouraient mon cou et mon corps fut parcouru d'un long frisson, je me mis à m'étirer ragaillardi par ce transport amoureux si soudain.
 
« Mon chéri, mon amour comme je suis bien avec toi… j'attendais ce moment depuis si longtemps tu sais" me dis-tu en me regardant profondément dans les yeux,
 
- se retrouver enfin seuls tous les deux, dans ce lieu qui me rappelle tant de souvenirs –
 
Soudain la porte à grincé pivotant sur les vieux gonds rouillés et un chat roux a miaulé apparaissant à travers la porte entrebâillée, nous avons éclaté de rire ….la chaleur qui infusait et la lumière d'aube nous poussa hors du lit,  comme une sauvageonne, tu as enfilé prestement ta robe de coton,  nous étions prêts à partir ...
 
Dès potron-minet et peton dans peton nous nous échappâmes de la maison.
 
Nous avons longtemps descendu ce sentier dans la combe, silencieux, car tu tenais à me montrer l'endroit où tu allais chercher le lait à la ferme, tu avais l'air d'être en terre familière, et je ne sais dire à ce moment ce qui était le plus important le toucher de ta main confiante, le froncement de ta robe qui enveloppait si doucement ta taille, l'odeur de tes cheveux sublimés, ou le paysage alentour, à vrai dire c'était un peu tout cela à la fois, tous mes sens étaient en ébullition.
 
LUI
 
Je relis ces mots oubliés que j'avais retrouvés dans un tiroir, en les relisant tout m'est revenu d'un coup les souvenirs palpables et l'odeur du coton de ta chemise de nuit, le moisi et le bois de la vieille maison, de la lessive et les larmes se sont mis lentement a couler sur mes joues...dans l'ivresse de ces jours fastueux j'avais voulu coucher sur le papier ces instants, pour ne pas oublier, pour garder ces émotions secrètes, ton rire et l'émotion secrète inscrite sur la courbe de tes hanches, au dessus de tes fesses ces deux fossettes qui me ravissaient, le creux de tes genoux et l'odeur ambrée de ton corps.
 
Mais tu n'est plus là Cécile, et maintenant de grand sanglot secouent ma carcasse...qui as trahi l'autre?, qui s'est renié, qui a renié ses rêves d'adolescente, en me laissant aller à cette douleur, en crevant la bulle d'angoisse, je t'ai retrouvée intacte, comme ces souvenirs qui affluent maintenant et que je ne peux arrêter, je t'avais laissée partir par lassitude, parce que j'ai cédé aux injonctions familiales...j'ai cru t'oublier à travers une autre, mais en fait je suis devenu l'ombre de moi-même, une caricature, sage mais exsangue, avec l'amertume du deuil qui me minait. j'ai eu peur de ta liberté, de la liberté que tu représentais avant que tu ailles bêtement t'encastrer dans un platane après une dispute avec tes parents.
 
Ces pleurs me font du bien, vois-tu je ne pleure pas ta mort je pleure ce renoncement, ce gâchis de ma vie et je me sens rompu, mais un peu plus en paix. je pleure cet immense gâchis, les mots que je t'ai dits, et ceux que je n'ai pas pu te dire. je pleure la douleur de l'éloignement, l'éloignement de soi. et c'est maintenant que je te retrouve. maintenant je me sens exténue mais je ressens la douceur d'être là en vie, simplement tu as été mon grand amour et je ne le savais pas.
 
ELLE qu'il croit entendre ...
 
"Tout cela est si loin mon amour… Les années sont passées si vite ! Notre amour a grandi malgré eux et nous a donné cette petite fille tant désirée et devenue maman qui trouvera peut-être à son tour au fond d'un tiroir ce cahier où est écrit notre histoire…
 
Les pages de notre livre se referment sur nos beaux souvenirs et je serai toujours près de toi...

 





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