nouvelles persos
nouvelles persos


Partagez cette nouvelle sur Facebook


Surprise Surprise


Auteur : KERVICHE Jean-Marc

Style : Vécu




Comme c’était mon rôle, je me suis donc présenté dans ce cabinet, et là, très circonspect et assez mal embarqué, je commence par me prendre une volée de bois vert de la part de l’avocat en question, et ce devant tous les avocaillons, secrétaires et juristes présents.
    Je vous assure que ce monsieur ne se gênait pas pour m’incendier devant tout son personnel, à tel point que je me sentais comme en cour d’assises, déjà condamné d’office aux galères !
    Bref, l’ambiance était au beau fixe. Je posais des questions aux secrétaires sur le type de panne dont ils étaient les victimes, compte tenu que la dite panne n’était pas présente à ce moment précis.
    

Je me lançais dans une recherche des plus expectatives quand soudain au bout d’une bonne heure, la panne en question se produisit ! Autant vous dire que je marchais sur des œufs, ne remuais plus rien, touchais aux postes avec précaution en faisant bien attention de ne pas faire disparaître la cause du litige. Je commençais peu à peu à circonscrire le problème en pratiquant par élimination puis arrivais à la boite de raccordement général où j’isolais un à un tous les postes, scrutant mon ampèremètre en permanence tout en priant tous les Saints du ciel… et même au-delà, afin que le défaut ne s’évanouisse pas comme par enchantement.
    

Puis ayant trouvé d’où provenait la panne, et isolé le poste qui la provoquait, je demandais à la secrétaire qui pouvait bien être le titulaire de ce poste.
    Et là, j’entendis l’assistante me dire : « C’est le poste de Maître …. ! »
    Je manifestais un étonnement vite réprimé par l’angoisse de me retrouver à nouveau en présence de ce ténor du barreau qui m’avait déjà jugé… et menacé en me promettant les galères. Bref, je craignais une nouvelle remontée de bretelles même si je n’étais en rien responsable de son problème. Me confronter de nouveau à lui me tétanisait. Il faut dire que je restais encore traumatisé par l’engueulade de l’accueil.
    Pensant donc qu’il devait être présent dans son bureau, précautionneusement je demandais du bout des lèvres à entrer dans son antre. Imaginez ma gêne et mes expressions… du style : «  Excusez-moi de vous demander pardon, mais me serait-il possible sans toutefois déranger Maître ….. de me permettre si vous le voulez bien et surtout si lui le veut bien et si cela ne l’oblige pas trop… »
    Elle me répondit que le bureau était libre et que son patron venait à l’instant de s'absenter pour l’après-midi.
    Je suis soulagé par la nouvelle et entrais donc dans le « Saint des saints », le « Naos » pour les égyptologues, une pièce d’environ 80 à 100 m2 richement aménagée, meublée Louis XV ou Régence, je ne fais pas la différence, tables de travail, fauteuils et canapés profonds, bureau Empire d'une taille peu commune. Tout un ensemble à l’image du personnage qui me vouait aux gémonies à l’instant de notre rencontre.
    

Je m’approchais du poste toujours avec la même précaution. Je ne touchais surtout pas au poste et recherchais la boite de raccordement mais ne la trouvais pas. Le câble qui reliait le poste disparaissant dans une moulure de la bibliothèque et bien évidemment, il n’était absolument pas question pour moi d’ouvrir les portes de la bibliothèque sans en avoir demandé l’autorisation et la présence de quelqu’un appartenant au cabinet. Je vais donc quérir la présence de l’assistante.
    Celle-ci accepta volontiers de m’accompagner dans mon exploration et j’ouvrais la bibliothèque, pour constater que le câble continuait son chemin sous un faux plancher.
    Etonné, je me retournais vers la secrétaire. On se regardait l’un l’autre sans trop comprendre, et comme nous sommes curieux, moi en tout cas à la recherche de la panne, je lui demandais de m’aider à ôter tous les livres et autres dossiers qui m’empêchaient de soulever le faux plancher pour accéder à la fameuse boite de raccordement tant convoitée.
    Elle m’aidait volontiers à tout sortir et après avoir enlevé tout ce qui gênait, je soulevais enfin le faux plancher.
    

A ce moment-là nous étions loin de nous attendre à tomber sur le pot aux roses du rhéteur en chef. Nous étions littéralement effarés limite désemparés par ce que nous découvrions : Des photos et des revues pornos, des sous-vêtements féminins introuvables à Monoprix, toute une gamme d’objets dont il est nul besoin de décrire les formes pour en comprendre le maniement et deviner l'usage, enfin, tout ce qui se fait de mieux en matière de fétichisme sexuel.
    Je sortais le tout pour accéder à l’objet de mon ressentiment, le Graal pour un dépanneur normalement constitué (J’en avais presque un orgasme !), la fameuse boite de raccordement toute endommagée avec le câble qui reliait le poste plus ou moins écrasé, les isolants usés jusqu’au cuivre par l’arrête du faux plancher.
    Sans manifester outre mesure mon plaisir (en réalité, je sautais de joie !) je réparais et refixais solidement le câble, isolais les fils et reconditionnais la boite correctement, puis je remettais le tout à sa place comme avant pour finalement refermer le faux plancher et replacer les dossiers qui n’auraient jamais dus être déplacés.
    Conscient du travail bien fait, je mettais en garde la secrétaire avec un léger rictus (difficile de m’en empêcher !) sur ce qu’elle aurait à dire à son patron :
     « Lorsque Maître …. ouvrira à nouveau ce faux plancher, dites-lui de bien faire attention au câble ! »
    Je ne vous en dirais pas plus !
    





nouvelles persos lecture aleatoire
lecture aléatoire




Multipanda - B'Resto Buro - Infoquizz - Refina - Solution Piscines - Solutions Banque - Yaca-Sudoku -