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Séquestrée


Auteur : SYRELA

Style : Noires







Jessica reprenait peu à peu ses esprits. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, il faisait noir. Un rayon de lumière filtrait par ce qui semblait être une petite fenêtre sur le mur d’en face. Elle voulut bouger les mains, mais une corde liait ses poignets. Assise sur un sol dur et froid, elle fut prise de frissons.
Jessica se souvenait d’avoir traversé un parc près d’un immeuble. Quelqu’un l’avait attrapée par-derrière et lui avait appliqué un tampon d’éther sur le nez. Elle avait très vite perdu connaissance.
Jessica avait beau écarquiller les yeux, impossible de distinguer quoi que ce soit dans la pièce. Comme si ça n’était pas suffisant, un large ruban adhésif recouvrait sa bouche. Elle referma les yeux, pensant qu’elle devait faire un cauchemar. Elle respira profondément et s’efforça de ne plus penser à rien pendant quelques minutes. Lorsqu’elle rouvrit les yeux, rien n’avait changé. Elle en conclut qu’on l’avait enfermée dans cet endroit. Mais pour quelle raison ? Qu’avait-elle fait pour mériter ça ? Jessica tenta de se lever. Vu qu’elle était pieds et poings liés, ce ne fut pas facile. Après quelques efforts, elle parvint à se tenir debout, adossée au mur. Vêtue d’une mini-jupe et d’un débardeur, elle avait la chair de poule. Une immense angoisse s’empara d’elle lorsqu’elle prit réellement conscience de la situation. Elle sauta à pieds joints en longeant le mur jusqu’à un coin de la pièce ; son but étant d’atteindre au plus vite l’endroit par lequel filtrait le rayon de lumière. Mais elle buta contre un objet métallique qui lui fit perdre l’équilibre. Sa tête heurta le sol violemment et elle perdit connaissance.

Carole se gavait de gâteau au chocolat et ajoutait de la crème chantilly à chaque bouchée. Elle but le contenu d’une bouteille de soda qu’elle lança rageusement dans une poubelle à côté de l’évier. Son repas pantagruélique terminé, elle poussa un immense soupir de soulagement. La nourriture lui apportait un tel réconfort qu’elle ne pouvait plus s’en passer. La table de la cuisine était recouverte d’emballages en plastique, ce qui ne semblait pas du tout la déranger. Elle songeait encore à engloutir un paquet de bonbons avant d’aller se coucher. Le réfrigérateur était vide, ainsi que les placards. Une journée aussi réussie, ça s’arrose ! Carole se leva péniblement, elle manquait de souffle. Depuis quelques mois, son coeur donnait des signes de faiblesse. Il faut dire qu’elle venait d’atteindre cent quatre-vingts kilos et ne se déplaçait qu’avec peine. Elle trouvait tout de même la force de se rendre tous les matins dans un supermarché. Manger était sa seule raison de vivre.

Lorsqu’elle reprit connaissance, Jessica était allongée sur le sol, à plat ventre. Elle ressentit une vive douleur au front. Elle tourna la tête lentement et tenta de se relever en douceur, mais ses efforts furent vains. Apparemment, elle n’avait rien de grave, mais sa chute l’avait tout de même étourdie. Elle fit appel à toute son énergie afin de se relever ; ses efforts aboutirent. Le rayon de lumière avait disparu. Il n’y avait désormais plus aucun repère dans la pièce. Peut-être faisait-il nuit dehors ? Quelle heure était-il ? Il devait être tard, car Jessica avait terriblement faim et soif. Si seulement elle avait pu arracher le ruban adhésif qui lui comprimait la bouche, elle aurait pu crier. La gorge serrée, elle se mit à pleurer. De grosses larmes roulèrent sur ses joues. Désespérée, elle sauta à pieds joints prudemment afin de s’asseoir contre le mur. Il ne lui restait plus qu’à attendre. Où était-elle ? Qui l’avait enlevée ? Dans quel but ? Ça ne pouvait pas être pour une demande de rançon, puisque Jessica était issue d’une famille modeste... L’idée d’avoir été enlevée par un psychopathe lui traversa l’esprit. Rien que le fait d’y penser lui glaça le sang. Peu à peu, son inquiétude fit place à une immense fatigue. Elle s’endormit malgré le froid et la vive douleur qu’elle ressentait au front.
Le lendemain — puisqu’il devait s’agir du lendemain — Jessica, à son réveil, fut heureuse de constater que le rayon de lumière était réapparu sur le mur d’en face. Un grincement de porte se fit entendre — provenant sans doute d’une pièce attenante — et des bruits de pas semblèrent se rapprocher. Jessica retint sa respiration. Une porte s’ouvrit, juste à côté du rayon de lumière, laissant apparaître une grosse femme — et le mot était faible puisqu’elle passait de justesse dans l’embrasure de la porte — munie d’un plateau rempli de nourriture. Celle-ci esquissa un sourire et appuya sur un interrupteur près de l’entrée, avec son coude droit. Jessica se trouvait dans ce qui semblait être un garage. Une bicyclette était accrochée contre le mur. Divers objets et cartons jonchaient le sol, mais elle ne détailla pas. La grosse femme s’approcha lentement, posa le plateau sur une petite table de camping près de Jessica et lui avança un siège.
— Il faut maintenant reprendre des forces, ma petite. Tu es beaucoup trop maigre. Mais nous allons remédier à tout ça.
Jessica la regarda avec étonnement, elle ne saisissait pas vraiment le sens de cette phrase. Elle souhaitait juste qu’on lui enlève le ruban adhésif qui recouvrait sa bouche. La grosse femme, avant de lui retirer, la prévint que si elle criait, elle le remettrait aussitôt. La jeune fille fit un signe affirmatif de la tête. Comme promis, elle ne cria pas.
— Mon Dieu, mais tu es blessée au front ! Qu’as-tu donc fait ?
— Je suis tombée, voilà tout, rétorqua la jeune fille d’un ton sec. Pourquoi suis-je ici ? Que me voulez-vous ?
— Tu le sauras bien assez tôt. Je m’appelle Carole et toi ?
— Qu’est-ce que ça peut vous faire ?
À ces mots, Carole donna une gifle à Jessica qui commença à crier. Elle mit immédiatement la main sur sa bouche et lui expliqua que quoi qu’elle fasse, personne ne l’entendrait, les murs du garage étant insonorisés. Jessica devait lui obéir, un point c’est tout. Ainsi, tout se passerait bien. Carole défit les liens qui enserraient les poignets de la jeune fille et l’aida à s’asseoir. Elle avança le plateau et ordonna :
— Tu dois tout manger !
Puis Carole quitta la pièce en gloussant. Elle referma la porte à clé, mais laissa la lampe allumée. Jessica ne comprenait rien à ce qui lui arrivait. Ses parents devaient s’inquiéter de son absence ainsi que ses amies. Elle essaya de se ressaisir et mangea de bon appétit. Le plateau contenait de la charcuterie, du fromage, des gâteaux et une bouteille de soda. La jeune fille n’était pas habituée à ingurgiter des produits aussi caloriques, mais elle n’avait pas le choix.

Le plan de Carole s’était déroulé sans accrocs. Personne ne pouvait la soupçonner d’avoir enlevé Jessica. Cette dernière habitait dans une cité et Carole dans un lotissement à une vingtaine de kilomètres de là. Elles ne côtoyaient donc pas les mêmes personnes. Pourquoi Carole avait-elle choisi Jessica ? Par pur hasard. Elle s’était fixé une date dans le calendrier et la première fille convenant au physique recherché ferait l’affaire : jeune, belle, grande et mince. Tout le contraire de Carole et surtout ce qu’elle aurait voulu être.
Depuis son plus jeune âge, les allusions concernant l’obésité de Carole allaient bon train. C’est à l’adolescence qu’elle en avait le plus souffert. Les autres jeunes filles étaient menues et mignonnes, les garçons les invitaient à des soirées. Carole, délaissée, se réfugiait dans la nourriture pour combler le vide qu’elle ressentait. Ses parents n’étaient pas d’un grand secours. Ses frères et soeurs la regardaient avec dégoût et n’osaient pas la présenter à leurs amis. Elle avait voulu se prendre en main et commencer un régime. Elle avait perdu quelques kilos, mais ça n’était pas suffisant. Ses efforts restaient vains. Il faut dire que personne ne la conseillait. Elle décida donc de manger à sa faim et advienne que pourra ! Seule sa grand-mère paternelle lui avait montré de l’affection. Elle passait chaque dimanche et jour férié en sa compagnie et discutait longuement avec elle. Cette dernière ne la jugeait pas sur son physique. Le décès de sa grand-mère fut une terrible épreuve dont elle ne se remit jamais. Mais l’aïeule avait rédigé un testament en faveur de Carole. Elle hérita de sa maison. Ce n’était que justice. Son père ne comprenait pas ce geste et ses frères et soeurs la jalousaient.
Carole habitait donc la maison héritée de sa grand-mère. Elle n’avait plus rien à perdre, c’est pour ça qu’elle avait enlevé Jessica. Au moins, elle aurait une compagnie. Mais la jeune fille devrait coopérer sans quoi sa vie serait en danger.

Son repas terminé, Jessica se mit debout et fit le tour de la pièce. Des menottes entouraient ses chevilles et elle devait continuer de sauter à pieds joints. Elle se dirigea vers la porte lorsqu’elle entendit des bruits de pas. Carole était de retour. Jessica retourna s’asseoir prestement. La grosse femme ouvrit la porte et marcha lentement jusqu’à la jeune fille. Munie d’une compresse et d’un flacon de désinfectant, Carole soigna la blessure de Jessica qui semblait être assez profonde. Cette dernière eut un mouvement de recul quand le produit entra en contact avec sa peau. C’était très douloureux. Mais il fallait bien se laisser faire. Sans soins, sa blessure se serait certainement infectée. Son front était coupé sur quelques centimètres juste au-dessus du sourcil droit. La porte était entrouverte et Jessica aperçut un escalier accédant à l’étage. Elle sut donc qu’elle était dans une maison sur sous-sol. Carole prit la parole.
— Tu n’as pas tout mangé. Je te laisse dix minutes pour finir.
— Je n’ai plus faim. Je ne vais tout de même pas me forcer ! rétorqua Jessica en élevant la voix.
— Tu fais ce que je te dis sans discuter ! Sinon, tu auras affaire à moi ! Je reviens dans dix minutes. Tu dois tout avaler ! On est d’accord ?
— J’imagine que je n’ai pas le choix.
— En effet.
— Serait-il possible d’aller aux toilettes ?
Jessica n’obtint aucune réponse. Vingt-quatre heures s’étaient sans doute écoulées depuis son enlèvement. Carole sortit de la pièce en grommelant et verrouilla la porte. Jessica ne savait toujours pas quelles étaient ses intentions et ne tenait pas vraiment à le savoir. En tout cas, elle ne voulait plus rien manger. La solution était simple : cacher les denrées non périssables — comme les gâteaux secs et les barres chocolatées — au fond d’un carton situé à proximité. De toute façon, la grosse femme n’aurait certainement pas l’idée d’aller fouiller.
Carole ne fut pas longue à revenir. Lorsque la porte s’ouvrit, elle était hors d’haleine. Elle transportait un carton assez gros qu’elle fit glisser jusqu’au centre du garage. Que contenait-il ? Jessica dut patienter pour le savoir, car Carole s’adossa au mur afin de reprendre son souffle. Il s’agissait de w.c. chimiques. Elle les installa dans un coin de la pièce. Jessica n’en croyait pas ses yeux. Cette femme avait donc tout prévu. Cela ne la rassurait qu’à moitié. Son séjour serait sans doute très long. Rien que d’y penser sa gorge se noua, mais elle retint ses larmes. Carole s’approcha et constata avec satisfaction que Jessica avait tout mangé. Cette dernière fit mine d’être ballonnée et plaça la main sur son ventre pour plus de crédibilité. Carole la félicita. La jeune fille n’osait plus poser de questions. Il valait peut-être mieux qu’elle en sache le moins possible, tout au moins pour le moment. La grosse femme prit un tabouret et s’assit près d’elle.
— Mon intention n’est pas de te supprimer si c’est ce que tu crains. Je ne pouvais plus supporter la solitude. Les personnes de ma corpulence sont rejetées. Ta présence ici me remonte le moral. J’avais besoin de me confier à quelqu’un. J’aimerais tout de même connaître ton prénom.
— Je m’appelle Jessica, répondit posément la jeune fille.
— C’est très joli, Jessica. Nous allons devenir de bonnes amies. Mais tu dois avoir confiance en moi et écouter ce que je te dis.
— Combien de temps comptez-vous me garder ?
— Cela dépendra de toi.

Quelques jours s’écoulèrent durant lesquelles Jessica ne cessa de manger. Son moral était au plus bas. Elle avait très bien compris ce que Carole attendait d’elle : grossir. Jessica continuait à cacher des produits emballés dans les cartons, mais elle ne pourrait pas le faire indéfiniment. Ils étaient déjà presque pleins. Par chance, Carole n’avait jamais eu l’idée d’y jeter un coup d’oeil.
Jessica sentait bien qu’elle avait pris du poids. Ses hanches s’étaient arrondies ainsi que son ventre. Sa mini-jupe commençait à la comprimer. Carole se confiait à elle tous les jours et lui racontait toutes les moqueries dont elle avait été victime jusqu’à ce jour. Jessica l’écoutait sans broncher et faisait mine de la comprendre ; c’était la seule attitude à adopter si elle voulait quitter cet endroit au plus vite.
Jessica pouvait se doucher trois fois par semaine. Carole ôtait les menottes qui entouraient ses chevilles pour qu’elle puisse monter l’escalier. Un petit couloir sombre menait jusqu’à la porte de la salle de bain. Il n’y avait aucune possibilité de s’échapper par la fenêtre puisqu’une grille en fer l’obstruait. En plus, le volet était toujours clos. Jessica aurait tellement voulu voir la lumière du jour, mais Carole le lui interdisait. Elle ne relâchait jamais la surveillance.
Carole dut acheter de nouveaux vêtements à Jessica, les siens étaient devenus trop étroits. La jeune fille avait pris l’habitude de manger davantage, mais au point où elle en était, plus rien ne l’inquiétait. Un jour, Carole la fit peser. Elle avait pris dix kilos. Jessica ne semblait pas s’en préoccuper puisqu’elle avait perdu tout espoir de sortir d’ici. Lorsqu’elle se retrouvait seule, elle pensait à ses parents et à ses amies avec mélancolie. Que faisaient-ils en ce moment ? Et les policiers, cherchaient-ils dans la bonne direction ? Avaient-ils trouvé des indices susceptibles de mener à Carole ? N’y avait-il eu aucun témoin de son enlèvement ?
Carole amenait les plateaux-repas à des heures régulières, semblait-il. Jessica, dépourvue de montre, remarqua tout de même qu’elle en apportait deux de plus par jour. La jeune fille ne pouvait plus cacher la nourriture, elle devait se forcer à manger à chaque fois et elle grossissait à vue d’oeil, à la plus grande satisfaction de Carole.
Deux mois s’étaient écoulés depuis l’enlèvement de Jessica. Les jours se suivaient et malheureusement se ressemblaient. Carole avait la ferme intention que Jessica devienne aussi grosse qu’elle. Cette dernière le savait. Pourquoi agissait-elle ainsi ? Sans doute était-ce pour se venger de toutes les jeunes filles minces qui s’étaient moquées d’elle tout au long de sa vie. Mais ça ne réglerait pas son problème pour autant.
Pour que la mentalité des gens change, il y a fort à faire. En premier lieu, il faudrait que les magazines cessent de montrer des mannequins filiformes — souvent anorexiques — qui incitent les femmes à devenir comme eux. Dans notre société, tout nous pousse à être minces et surtout à le rester. Les femmes de forte corpulence ne sont donc pas dans la normalité. Ainsi, Carole avait choisi de se venger en enlevant une jeune fille svelte, son but étant de la faire grossir afin de s’en faire une amie. La souffrance morale incite les gens à transgresser les lois et leur avenir en est alors compromis.
Jessica ne fut pas sans remarquer que Carole avait de graves problèmes de santé. Désormais, elle devait se déplacer avec une canne, ses chevilles ne pouvant plus supporter son poids. Elle venait d’atteindre deux cents kilos. Cela ne semblait pas l’inquiéter outre mesure. Jessica lui conseilla de consulter un médecin, mais Carole n’en avait pas l’intention, car ce dernier l’aurait sans doute fait hospitaliser et elle voulait rester avec Jessica. À maintes reprises, elle faillit prendre un malaise après avoir descendu les marches menant au garage.
C’était le jour de la douche. Carole vint chercher Jessica et comme d’habitude, détacha les menottes qui enserraient ses chevilles. Elle l’accompagna à l’étage en s’agrippant à la rampe. Jessica voyait bien qu’elle manquait de souffle. Son visage était livide. Après avoir pénétré dans la salle de bain, la jeune fille se déshabilla et entra dans la cabine de douche pendant que Carole s’assit près du lavabo.    D’ordinaire, elle verrouillait la porte, mais aujourd’hui, celle-ci resta grande ouverte. Jessica s’en aperçut en sortant de la douche. Elle enfila une robe sous l’oeil attentif de la grosse femme. Cette dernière eut beaucoup de difficultés à se mettre debout. Son coeur s’emballa et elle perdit connaissance. Son corps s’affaissa lourdement sur le sol. Jessica n’en crut pas ses yeux, une chance incroyable s’offrait à elle. Elle n’avait pas une seconde à perdre. Elle longea le couloir jusqu’au salon. La lumière du soleil filtrait à travers les rideaux. Jessica, aveuglée, dut plisser les paupières pour se réhabituer à la lumière du jour. Elle se sentait revivre. Elle se dirigea vers la porte d’entrée, mais les clés n’étaient pas dans la serrure. Carole devait les avoir sur elle. Jessica s'empara d'une statue en pierre posée sur un buffet en chêne massif et retourna dans la salle de bain. Au cas où Carole se réveille, elle l’assommerait. Cette dernière n’avait pas repris connaissance. Jessica fouilla ses poches et trouva un trousseau de clés. Elle déposa la statue sur le sol et se précipita vers la sortie. Après avoir essayé plusieurs clés, elle réussit à ouvrir la porte. Elle reconnut la voix de Carole qui gémissait et l’appelait. Jessica sortit de cette maison ou plutôt de cette prison en hâte. Elle se trouvait dans un lotissement. Elle courut jusqu’à en perdre haleine en plein milieu de la route. Carole sortit de la maison en levant les bras au ciel et tenta de suivre Jessica en hurlant son nom. La jeune fille ne se retourna pas et poursuivit sa route. Des gamins jouant sur le trottoir l’injurièrent : “Regarde la fille comme elle est grosse ! Et en plus, elle est pleine de boutons, quelle horreur !” Jessica fut très sensible à ces réflexions. Avant, tout le monde l’admirait et désormais, on se moquait d’elle.
Après avoir marché péniblement sur une cinquantaine de mètres, Carole s’effondra. Elle n’arrivait plus à respirer et une forte douleur lui enserrait la poitrine. Allongée sur le sol, la main crispée sur le cœur, des passants se précipitèrent pour l’aider. L’un deux appela une ambulance, mais il était trop tard.
À bout de souffle, Jessica dut s’arrêter. Elle se retourna. Pas de Carole à l’horizon. Elle poussa un immense soupir de soulagement et se mit à pleurer à chaudes larmes. Il fallait évacuer toute l’angoisse et le stress accumulé au cours des dernières semaines. Assise au bord du trottoir, elle mit la tête entre ses mains. Elle y resta une bonne dizaine de minutes, s’efforçant de faire le vide quand elle sentit une main se poser sur son épaule. Elle releva la tête : c’était une grosse femme ! Jessica, à peine remise de ses émotions, se mit à hurler. Elle se leva d’un seul coup et fut prise de vertiges. À peine eut-elle le temps de faire quelques pas qu’elle perdit connaissance.







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