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Bomberos / Boys


Auteur : CACHAU Henri

Style : Scènes de vie







Issues des plaintes enregistrées sur la main courante de ce poste de police du neuvième arrondissement de la capitale, ressortaient les suivantes doléances. D’abord celle d’un garçon de café qui sur le petit matin, à cette heure ou sur les boulevards les spectacles désignés sous l’euphémique label de ‘nu artistique’ s’achèvent, alors que son établissement était vide de toute présence, aurait été pris à partie par un quarteron de tribades l’ayant molesté avant de le violer. Ensuite, celle d’un régisseur de théâtre, venu déposer pour dégradations et voies de fait provenant de femmes toutes aussi furieuses, ayant mis à sac sa salle suite à un innocent spectacle de Chippendale US…Nous ne saurons pas si cette nuit-là, le planton fit un quelconque rapprochement entre ces troubles agissements, mais l’on peut subodorer qu’il doutât des déclarations du barman ; un bel homme sur sa quarantaine, muni de superbes moustaches, soi-disant réchappé d’un viol en réunion grâce à l’arrivée d’ultimes noctambules dans son bistrot. Pourtant, ce genre de type qui aurait pu se défendre, sinon profiter de l’aubaine, ou alors s’agissait-il dans son cas de morale ringarde, d’éventuelle homosexualité ou de crainte de quelque transmissible maladie, l’empêchant de profiter de l’insolite position dans laquelle il se vit sexuellement contraint ; bien mieux qu’un choix du roi, il bénéficiait sur ce coup-là de celui d’un radjah de harem, pensa le fonctionnaire en riant sous cape…Quant au régisseur de ce théâtre louche, qui depuis vingt ans avait vu passer des artistes de tous genres et sexes, ainsi que diverses troupes dont aucune n’avait en succès égalé celle des blonds californiens, pointant du doigt une cohorte d’indéterminées furies, encore plus violentes que les enragées féministes ayant lors d’un de leurs meetings mis à mal sa salle, il n’avait nullement besoin d’attiser la libido de ces garces ayant une naturelle propension à s’enflammer dès la vision d’un bout de membre masculin…

Aux sensées considérations du fonctionnaire de police, il faudrait y adjoindre l’évident prestige octroyé par l’uniforme, qui sous nos latitudes, enrichi par l’esprit de corps, à l’heur de faire chavirer les cœurs féminins. Notamment ces mères et filles galvanisées par ces subjectifs spectacles où d’athlétiques américains –que l’on pourrait croire un peu trop aseptisés pour nos sœurs latines -, sous le prétexte d’enrôlement sous ces armes : marines, Gis, aviateurs, légionnaires, policeman, etc., et par le biais d’une chorégraphie accompagnée de blues et de marches militaires, se dévêtent au gré de strip-tease enflammant l’assistance féminine. Les maris ou amants de ces spectatrices, attendant la fin de ce show, tout en se rinçant l’œil dans une boîte hétérosexuelle située sur le trottoir d’en face… Une lascive exhibition ayant fait école, puisque après les mineurs anglais en manque de fonds, nos pompiers autrefois se satisfaisant d’une présentation de calendriers et de lotos afin de remplir leurs caisses noires, aujourd’hui et à l’instar des artistes US, pour quelques euros dévoilent leurs plaisantes anatomies. Il est vrai que depuis ces funestes évènements que nous sommes censés connaître (la destruction des tours jumelles), ces ‘Bomberos/boys’ bénéficient d’une cote maximale, ils sont devenus les héros de notre époque post-moderne, alliant d’innombrables vertus morales à d’indéniables qualités athlétiques et sur nos scènes de province ils font un tabac !…Mais après cette nuit d’émeute parisienne, déjà envisageable par l’excessive animation régnant sur la file d’attente, avec ces excitées piétinant aux guichets, on ne sait toujours pas s’il s’agissait de nos provinciaux ‘Bomberos’ ou de véritables Chippendale qui se produisaient sur la scène de ce théâtre. Ce sont ses fauteuils et strapontins, ses photos de nu d’anciennes starlettes et ses affiches défraîchies, qui firent les frais des assauts de ces harpies, apparemment aiguillonnées par quatre meneuses, qui selon des témoignages divergents seraient des mères et filles, incitant à l’aide de propos orduriers leurs consoeurs à monter à l’abordage de cette scène sur laquelle les acteurs n’en menaient pas large. Inquiets, ils y poursuivaient leurs contorsions, dévoilant au passage des trapèzes et deltoïdes, des quadriceps et des fessiers dignes de manieurs de fonte ou de culturistes avérés, tout en maintenant leurs regards dirigés vers cette salle sombre où semblait se fomenter une étrange révolution, s’ourdissaient de furieux emportements. En fin de tableaux, lorsque le temps d’un clin d’œil ils abaissaient leurs strings étoilés, fugacement dévoilaient leurs organes génitaux, presque ils s’effrayaient devant cette recrudescence de rage intempestive accompagnée par l’envol et l’atterrissage à leurs pieds de petites culottes et de soutiens-gorge y retombant en guise d’hommage… Sans doute craignaient-ils les imprévisibles ré-actions de ces femmes, exacerbées par une récente libération des mœurs, puisque dorénavant, sans craintes elles affichent leurs dé-sirs et fantasmes, certains non dénués de turpitudes, à telle enseigne que lors du bouquet final, une hardie spectatrice montée sur les planches se permettra, sous les vivats de ses consoeurs, agenouillée face à un boy, ces précis effleurements et caresses buccales qui en-flammeront la salle…

Hélas, ces quatre enragées, débordées par leur propre révolution, n’ont pas su ou pu réellement participer à cette curée, aussi, nous les retrouvons dépitées dans un bistrot jouxtant le théâtre, résolues à ne pas rester sur leur faim, elles y échangent leurs impressions sur les strip-teaseurs US ; ce qui immanquablement les conduit à une discussion enflammée, car leurs préférences et goûts concernant les mâles de la troupe divergent. L’une préfère les pectoraux du balèze bûcheron canadien, une autre les abdominaux du blond californien, la suivante avoue un faible pour l’interracial, notamment le seul homme de couleur, la dernière, plus gourmande ou lucide, déclare quelle se les ferait bien tous ! Ces quatre femmes s’échauffent, mutuellement s’excitent, au vu de leurs traits et âges respectifs, effectivement elles ressemblent à des mères et filles ; au fil de leur inconsistant dialogue, la plus déterminée d’entre elles finit par leur proposer l’éventuel enlèvement d’un ou deux Chippendale lors de la séance du lendemain. Une sollicitation incongrue, qui après quelques hésitations permet à ces diablesses d’établir un rapide calcul sur les probabilités de réussite de leur folle entreprise et c’est en grande agitation, qu’immédiatement elles s’attelèrent à l’établissement d’un plan circonstancié. Sur un coin de nappe seront annotés les stratagèmes et séquences de l’intervention, précisés le rôle de chacune des intervenantes, ainsi qu’énumérés les indispensables ustensiles : menottes, cordes, baillons, cagoules et ce factice calibre muni d’un silencieux qui manié dans la pénombre devrait produire son petit effet. Elles n’oublieront pas le moyen de transport, l’automobile devant être garée à proximité de la sortie des artistes, dans le recoin sombre d’une venelle adjacente au théâtre. De leur scénario il ressortait que les plus jeunes devaient solliciter une simulée séance d’autographes au premier comédien passant à leur portée, leurs aînées intervenant une fois que ce boy, flatté par les avances et minauderies des filles, s’abandonnant à un début de flirt, ne se rendrait pas compte de son brutal arraisonnement… Après avoir longuement devisé sur leur futur forfait, doublement excitée à l’idée de la réussite de leur combinaison et des plaisirs obscènes qu’elles souhaitent en retirer, à diverses reprises elles interpellent le barman, ce superbe quarantenaire muni d’impressionnantes moustaches, mo-mentanément seul dans son bistrot et unique mâle disponible. Elles commencèrent par le chambrer, à le taquiner, l’enserrèrent dans leurs tentaculaires bras, le caressèrent avant de rudement le mani-puler… Hélas, avant leur commun déchaînement, ces habiles furies n’avaient pas eu le réflexe de fermer la porte de l’établissement, ainsi fait qu’elles virent leurs lubriques desseins compromis par l’arrivée de consommateurs noctambules, suspendant in extremis ce viol en réunion…

C’est un agent du service de sécurité de l’autoroute A7, qui fut surpris, lorsque sur le petit matin d’un jour de juin il recueillit ce superbe gars déambulant le long de la bande d’arrêt d’urgence ; nu comme un ver, mais étrangement muni de menottes lui maintenant ses bras dans son dos, ainsi que porteur d’un nœud papillon aux couleurs de la bannière étoilée garnissant son pubis ! Il récupéra l’individu, le vêtit de vieilles nippes traînant dans son véhicule de fonction, puis par radio avisa le peloton autoroutier de sa découverte : une sorte de géant américain, du genre ‘hardeur’ californien si vous voyez ce que je veux dire ! Le gars à l’air un peu sonné, mais mises à part de nombreuses égratignures en relative bonne santé ! … Un quidam, qui outre son bizarre accoutrement, face aux gendarmes, à bon escient saura user de la barrière linguistique, et malgré la présence d’un interprète appelé à la rescousse, se révélera peu disert sur sa scabreuse aventure. Il prétextera une sorte d’amnésie, des trous de mémoire, finissant toutefois par avouer qu’il faisait partie d’une troupe en tournée sur notre sol… Après des recherches diligemment menée il se révélera qu’effectivement sa disparition avait été signalée depuis un poste de police d’un arrondissement parisien, il y avait de cela à peine quarante huit heures. Dès lors, de plus précises informations lui seront transmises, ce qui n’empêchera pas l’amnésique de se cantonner dans son mutisme ; ce strip-teaseur semblait aux anges, comme retranché dans une doucereuse parenthèse, demeurait très vague sur ces deux journées passées à l’air libre, enfin précisa sous le feu des questions, qu’il s’agissait d’un pari idiot, d’une virée ayant mal tourné, d’un taxi indélicat l’ayant délesté de tous ses effets puis abandonné, nu… Ensuite, il simula la confusion mentale, se réfugia dans l’approximatif en dégoisant sans queue ni tête, toutefois il insista sur l’international prestige de sa troupe de Chippendale, sur celui encore plus ravageur de l’uniforme en général, puis à la limite de la grossièreté, avec un certain cynisme il s’étala sur l’habileté des femmes françaises : de drôles de bougresses ne manquant ni de talent ni d’imagination ! Peu convaincus par l’incohérence et l’aspect nébuleux du discours tenu par cette espèce de clone de sur-feur californien, les gendarmes alertèrent le SAMU, afin de lui faire passer une visite médicale qui puisse ou non confirmer le dérangement cérébral de cet étonnant personnage…

Dépêchée sur place, c’est une jeune doctoresse qui eu l’heur d’ausculter ce phénomène de foire, et bien que n’ayant pas assisté à l’examen qui en résultât, l’on peut imaginer que cet averti médecin sut déceler sur l’athlétique corps du Chippendale les stigmates de nuits d’amours particulièrement agitées : des égratignures provenant d’ongles féminins, de féroces suçons fruits de bouches avides, des traces de sucs et de sperme résultant de rapports cumulés… L’Américain semblait avoir été rudoyé durant son escapade, après quelques menus soins prodigués, le traitement de plaies superficielles, notamment aux chevilles et poignets, dues à la pose d’attaches, c’est en relative bonne forme qu’il ressortait de cette épreuve. Par la suite, prétextant une auscultation plus approfondie au niveau psychique, car l’inquiétaient les symptômes d’une éventuelle amnésie antérograde avec possible perte de mémoire nécessitant une thérapeutique appliquée, la doctoresse se dirigea vers le service approprié, d’une main secourable elle soutenait son athlétique patient… Des années plus tard, incidemment l’on apprit qu’ils s’étaient mariés et avaient eu une ribambelle de petits ‘Bomberos’…







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