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Du cirque


Auteur : CACHAU Henri

Style : Scènes de vie







Ressentant l’approche imminente de sa mort professionnelle, l’inspecteur Labarthe fut in extremis sorti du placard dans lequel il végétait. Cette mise au rancart lui était d’autant plus difficile à supporter, que durant ce laps de temps où il se morfondait, de plus jeunes et soi-disant fins limiers, impatients de démontrer leur savoir-faire, à sa barbe se concurrençaient afin de récupérer les meilleures enquêtes en cours. Cette sensation de mise hors-jeu lui faisait recouvrer une envie d’en découdre, mais il ne savait ni avec ni contre qui, car suspendu aux décisions de son supérieur hiérarchique, sinon le plus rapidement possible retrouver cette vie citadine, ce vaste chaudron palpitant de cultures où autrefois il se plaisait d’y nager bacille entre bacilles… « Rien de tel que de ronger son mors ! –lui asséna cynique son divisionnaire, qui poursuivit ainsi : de se retrouver en manque comme ces chevaux de course piaffant d’impatience avant le lever de l’élastique ou ces chiens avant l’ouverture de la chasse. Vous allez sortir de votre confinement dans lequel vous semblez passablement empêtré, pour ne pas dire noyé sous ces flots de paperasse. Je n’aimerai pas qu’à seulement quelques mois de votre libération vous succombiez sous cette tâche. Sous le coude je tiens une affaire criminelle concernant un cirque et son incontrôlable tribu, notamment avec un drôle de patriarche à leur tête, dont je pressens l’influence néfaste. Concernant cette élucidation je vous donne carte blanche, et peu importe la durée que cette investigation prendra. Peut-être vous amènera-t-elle à terminer votre carrière sur une brillante réussite, il me semble qu’un ultime trimestre vous en sépare n’est-ce pas ? A vous de dévider l’écheveau de cette bordélique histoire ! » …

Ayant débuté l’enquête, directement Labarthe fut soumis à un surprenant face à face, un faux dialogue délimitant l’à peu près d’une folie qu’il jugea ordinaire en son in-sondable profondeur. Assis en vis-à-vis avec la suspecte, ayant ap-paremment perdu sens et tête, il l’interrogeait d’une façon inter-mittente ; les non réponses de celle-ci, suite à une progressive sup-pression des blancs entre les phrases interrogatives, provoquaient une sorte de monologue ininterrompu.

… « Peux-tu bougre d’animal m’expliquer le pourquoi d’un tel geste ? Pourtant, il m’apparaît que bien qu’unis sous le régime de la communauté –de nos jours un peu dépassé – par le biais de votre numéro, rodé depuis de nombreuses années, vous sembliez recueil-lir de mutuelles satisfactions. De plus, il te nourrissait convenable-ment, te choyait, te chérissait au grand dam de son épouse l’une des trapézistes de la troupe. Il était quotidiennement à ton service, t’évitait toutes sortes de tracas ce pauvre homme, et voilà qu’après une dizaine d’années d’accord presque parfait, sans avertissement tu le croques vif ! …En avais-tu assez de cet asservissement sup-porté apparemment sans regimber jusqu’à ce jour où tu as pété les plombs ? Ile me semble que sous les vivats tu ronronnais de plaisir, lorsque le public vous gratifiait d’applaudissements suite à votre sortie de scène, où tour à tour tu savais te montrer agressive ou conciliante, jouant à la perfection cette partition qui au fil des re-présentations vous apportait cette renommée dont vous jouissiez sans encombres. Ou serai-ce la jalousie, ce vice intrinsèquement féminin, qui suite à l’arrivée de jeunes lionnes plus délurées venant te concurrencer sur le territoire de tes exploits, t’a poussé à com-mettre l’irréparable ? Pauvre dompteur, selon les propos des spec-tateurs lors de ton forfait, cela fit comme un grand crac ! un bruit provoquant leur incrédulité, puisque d’abord ils pensèrent à un re-nouvellement de votre numéro, ensuite à l’enchérissement du spectacle par cet audacieux crescendo ; les os de ses cervicales broyées par ta puissante mâchoire occasionnant une succession de craquements brefs et sonores. C’est le sang dégoulinant de tes babi-nes, ainsi que l’inertie du corps suite à ton coup mortel, qui firent penser à un accident, avant que l’idée d’une vengeance, d’un possi-ble règlement de compte n’incitent à l’intervention d’un enquê-teur… Alors, accident ou crime ?… Quelle mouche t’a piqué, dans quel état d’esprit te trouvais-tu pour réaliser un tel forfait ? Tu sais ma belle, j’en ai connu de plus retorses que toi de grandes crimi-nelles, je connais parfaitement la rouerie féminine… Etais-tu oui ou non sous l’emprise de quelque drogue ? Depuis quand le jugeais-tu condamné cet homme dont tu étais l’indispensable partenaire ? Lequel de cette troupe de doux dingues t’as insufflé l’idée d’un crime ? Comment et pourquoi as-tu répondu à de telles sollicitations, quelles fausses promesses de chair fraîche, alors qu’à ton égard il se comportait comme un père ? » …

Avec ses yeux plantés dans ceux de la lionne, un animal vieillissant, au pelage galeux, au corps amaigri, aux côtes apparentes, etc., l’inspecteur pensait que proche elle aussi de sa mise au rancart, elle voulut s’assurer de cette ultime mais sanglante publicité qui amena une recrudescence d’un public de sadiques souhaitant approcher la criminelle ; dorénavant isolée dans une cage, et n’ayant pour seul recours qu’en rajouter dans l’agressivité… Labarthe fut tiré de ses réflexions par l’arrivée du vétérinaire qui lui confirma la positivité des examens sanguins : il y avait des traces de produits illicites, ceci pouvant expliquer le bi-zarre comportement du fauve le soir du drame…

Depuis plusieurs semaines l’inspecteur suivait le cours zigzaguant du chapiteau qui se déplaçait au gré des bourgs et des petites villes, et au-delà de son rôle d’enquêteur –ceci afin de mieux s’intégrer dans l’hétéroclite famille des TRICO’S – il participait au montage et démontage de la toile, le seul palefrenier de la troupe devenant son meilleur agent double. Cette tribu était composée de féroces individualités cohabitant dans une promiscuité caravanière, prisonniers, non d’une passion commune, celle du spectacle, mais d’une malsaine excitation évidemment sustentée par des jalousies, des haines tenaces, des rancoeurs particulières les amenant à se quereller, parfois à se battre. Une étonnante disparité de caractères, fruit de leurs exacerbées sensibilités d’artistes, brillamment déterminés lors de l’exécution de chacun de leurs numéros, qui une fois ôtés paillettes et grimages révélaient l’aspect brutal et quasi barbare de leurs personnes ; leurs austères physionomies revêtues d’une réalité aussi sombre que leur quotidien d’itinérants assujettis à ce mouvement perpétuel dont la plupart ne percevaient plus la singulière finalité… Quant au spectacle, y assistant chaque soir du haut des gradins, s’il le jugeait digne d’intérêt il n’oubliait pas d’observer les regards et les mimiques, les comportements des acteurs, tachant de surprendre quelques gestes révélateurs pouvant l’aider dans son enquête. Concernant le maigrelet public, lui non plus ne se trompait guère sur la qualité du spectacle proposé, il gon-flait ses propres vivats et applaudissements afin de compenser leur dérisoire assistance, tant il est vrai que l’arrivée de la Télévision a déstabilisé le Cirque ; seuls les animaux et notamment la vieillis-sante lionne auréolée de sa récente criminalité, faisaient encore grimper en flèche la fréquentation du zoo. Par ailleurs, Labarthe avait remarqué que pour solliciter un public masculin, les femmes trapézistes, fildeféristes, jongleuses, écuyères ou gymnastes –allez savoir s’il s’agit d’un exhibitionnisme viscéral dont elles sont cou-tumières ? – systématiquement réduisaient leurs parures, décou-vraient leurs rondeurs et formes, émoustillaient ainsi les spectateurs mâles, qui oublieux de leurs innocentes progénitures se goinfrant de bonbons à leurs côtés, d’un œil égrillard suivaient leurs évolutions et révolutions aériennes. Malgré le funeste accident, le spectacle se poursuivait, et le numéro des fauves demeurant l’un des plus prisés, en remplacement du défunt, c’est un dompteur teuton, qui revêtu de ses seuls muscles et d’un pagne à la Tarzan, dorénavant dirigea l’ensemble des jeunes lionnes bondissant et rebondissant contre les parois métalliques. Puis dans l’ordre des préférences, toutes générations confondues, s’ensuivait l’arrivée des clowns faisant surtout la joie des petits enfants (bonjour les petits éléphants ! un classique dans le genre d’entrée en piste !), les fameux TRICO’S, père et fils réunis dans un excellent duo de fausses ‘Pénélopes’ ; l’Auguste s’emmêlant les pinceaux malgré l’aide facétieuse du clown blanc, l’assistant dans l’exécution hasardeuse de mailles tricotées à l’aide de gigantesques aiguilles aussi tendres et efficaces que de surdimensionnés bâtonnets de guimauve. Mais l’inspecteur était surtout intéressé par un énième TRICO’S occupant les fonction de monsieur Loyal, père lui aussi de, il ne savait combien de membres de cette dynastie de saltimbanques ; un homme noiraud et massif, féroce et intransigeant en tant que directeur financier, toujours engoncé dans d’extravagantes tenues semblables à celles portées par les anciens portiers russes piétant à l’entrée des grands cabarets parisiens. Ce titre ronflant lui permettait d’abuser de ces innombrables prérogatives en rudoyant ses familiers et ses subalternes, selon les rapports que lui établit le conciliant écuyer… Toutes ces observa-tions, il les annotait après le spectacle, une fois le chapiteau rabattu, en attente de la reprise des manœuvres dès le petit jour, et ceci jusqu’à cette autre funeste représentation : un accident mortel qui vint accentuer la confusion déjà régnant dans cette troupe meurtrie. Une jeune fildefériste, au demeurant un joli brin de fille d’à peine vingt ans, qui un court instant hésita entre ciel et terre, alors que son adresse, son agilité, sa dextérité, sa souplesse, son élégance, sa maestria faisaient l’unanimité, puis dans une décomposition lente de ses mouvements habituellement prompts et aériens, piqua de la tête, tenta désespérément lors de sa brève chute, d’un geste mou, étrangement lasse dans cette circonstance, de se raccrocher au filin d’acier, une vaine tentative qui ne l’empêcha pas de s’écraser au sol… pour y mourir en quelques soubresauts, des espèces de hoquets dans le même laps de temps où descendu précipitamment des gradins afin de lui porter secours, Labarthe constatait son décès : vertèbres cervicales rompues, déclarerait le médecin légiste. Mais encore plus troublant, l’analyse sanguine post-mortem indiquerait des traces de substances chimiques… Le crime semblait prémédité, et monsieur Loyal ainsi que les autres TRICO’S fort embarrassés face aux insidieuses questions de l’inspecteur…

Plusieurs semaines étaient passées, il vivait selon le rythme de ce petit monde végétant en un système au-tarcique, tant sur le plan économique qu’affectif, subissant les im-prévus d’évènements inattendus, d’incidents suspects : un mât qui s’effondre, des élingues qui lâchent, des animaux qui s’échappent, etc., parfois plus mécaniques étant donné la vétusté du parc auto-mobile. Ce quotidien pouvait être relevé de péripéties plus véhé-mentes, avec des liaisons et ruptures, des amours et désamours, des coucheries. Ce cirque ressemblait à un organisme aux rouages par-faitement huilés sur le plan artistique, mais possédait en son sein comme une tumeur mortifère le rongeant de l’intérieur ; sa famille ne se raccordant qu’un court instant lors des obsèques de la jeune fildefériste, enterrée à la sauvette lors du passage de leur caravane à la hauteur de La Bourboule. La publicité apportée par cette tragédie sembla momentanément ressouder les membres endeuillés, ainsi qu’assurer un regain notable de public, venant celui-ci apporter son soutien, une compassion teintée d’un voyeurisme sanglant voilant à peine leur profonde admiration pour ces risques encourus, presque gratuitement, pour l’art seulement par les voltigeurs aériens ! Le spectacle devait se poursuivre, mais une fois que l’émotion fut débordée par l’obligation d’assurer le prosaïque, la survie des animaux par exemple, très rapidement la violence endémique, la suspicion généralisée reprirent leurs droits. C’est ainsi que l’inspecteur, tant l’exacerbation psychologique de chacun des membres était vive, grâce à ces émotions mal contenues ne demandant qu’à s’extérioriser, put soustraire des bribes d’informations utiles à la poursuite de son enquête… «Moi, je n’ai rien vu, ni rien entendu, monsieur l’inspecteur. Mais comme vous l’avez vérifié, nous vivons sur une poudrière composée de ressentiments, de haines, de jalousies autant professionnelles que sexuelles. L’Auguste, le père TRICO’S, un drôle de phénomène, tient son petit monde, au demeurant tous ses enfants ou petits enfants, ses neveux et nièces, non seulement sous sa férule mais par le bout de sa queue ! Quant à monsieur Loyal, en tant que directeur financier il a d’autres chats à fouetter, vous connaissez le délétère état du Cirque en général, d’autres préoccupations plus terre à terre qui l’empêchent de concurrencer son Auguste frère ! » … Un autre membre en vaine de confidences pouvait à peu de choses près donner une version similaire : « C’est la faute à l’Auguste, c’est un manigancier de premier ordre, ayant droit de vie ou de mort sur la troupe, sans compter celui de cuissage qu’il s’octroie abusivement ! » … Labarthe en apprenait des choses, et malgré son incapacité d’assurer un semblant d’arbre généalogique s’appliquant à cette famille ‘tuyau de poêle’, il en déduisit que de coucheries en incestes généralisés, les TRICO’S étaient tous plus ou moins de même sang. Un atavisme qu’il perçut en s’attachant à détailler les physionomies précises des uns et des autres, tous enfants naturels, les seuls grimages et maquillages authentifiant leurs statuts particuliers se rapportant à leurs activités artistiques. Dès lors, il resserra son emprise sur l’Auguste, fit en sorte de le pousser à la faute, surveilla ses déplacements, épia ses faits et gestes, poussa son professionnalisme jusqu’à se glisser en fin de nuit sous diverses caravanes afin d’y surprendre de révélatrices conversations. Cette délicate et risquée gymnastique lui permit, outre les aveux recherchés, de constater ce qu’il subodorait : ces ombres furtives se déplaçant dans un étrange va et vient, ces échanges sexuels poussaient les TRICO’S à généreusement s’interpénétrer ! C’est sur un petit matin, qu’il réussit à enregistrer ce qu’il considéra comme un aveu de la part de l’Auguste, déclarant à l’une de ses amantes : « et même si je les aurai tués tous, il s’agit d’accidents ! Donc tu fermes ta gueule sinon ce sera ton tour ? Le spectacle doit continuer coûte que coûte ! » …

Cette fois, il semblait tenir son affaire, les aveux impromptus d’un des fondateurs du Cirque TRICO’S, en l’occurrence l’Auguste, un sexagénaire plutôt carré, fourni et rubicond, faisant régner –il l’avait enfin compris ! – grâce à sa matraque magique, la terreur et sa propre loi parmi les siens. Sûr de son fait il en référa à son supérieur hiérarchique qui au bout du fil, feignit l’étonnement, poussa le cynisme jusqu’à lui déclarer : « Ah ! Labarthe ! Comment se passe votre retraite ?... Comment, vous êtes toujours en activité ! Moi qui vous croyais définitivement raccroché, perdu corps et bien pour notre administration ! … Oui, je me souviens de cette bordélique histoire, ce cirque pour ne pas employer une image plus dépréciative ! Avez-vous obtenu des résultats, possédez-vous de réels soupçons sur un éventuel coupable ? Bravo, je savais bien que vous étiez notre meilleur limier, que votre expérience, votre flair, votre exceptionnelle ténacité viendraient à bout de cette histoire ! … OK ! je vous envoie du renfort, deux inspecteurs supplémentaires afin que vous procédiez à l’arrestation dudit suspect !... Mais surtout agissez avec circonspection, pas de vague ! j’en réfère au procureur de la République ! » …

Cette interpellation était programmée de nuit, prévue lors du retour de l’Auguste vers sa caravane, et en attente de celle-ci, flanqué de ses deux acolytes, assis à ses côtés tout en haut des gradins, bien que connaissant de A à Z ce duo de ‘Pénélopes’, il s’attacha encore à analyser la conception de ce burlesque tricotage assuré à l’aide d’aiguilles aussi rigides que des bâtonnets de guimauve, mené à l’envers puis à l’endroit dans une succession de ratés, de poses et de mimiques désopilantes par les deux gugusses. Son attachement à cette comédie était tel –sans doute les grimages surchargés, les maquillages trompeurs l’empêchèrent d’intercepter les regards apeurés de l’Auguste – qu’il ne remarqua pas combien de fois celui-ci tourna sa tête vers le haut des gradins, où la présence des policiers dut lui faire comprendre qu’il était démasqué, que cette criminelle série s’achèverait en piste par un subit arrêt du cœur, une embolie…Le temps que l’inspecteur perçoive les gestes d’absorption puis de déglutition laborieuse de la fatidique pilule, qu’il descende quatre à quatre les gradins aux trois-quarts vides, que ses acolytes, un moment interloqués, s’apprêtent à le suivre dans sa course, l’Auguste en une dernière pirouette s’effondrait aux pieds de son compère blanc, dont l’ébahissement avec ses lèvres surchargées de rouge, se traduisit par une sorte de grand ‘O’ se figeant au milieu de sa face enfarinée… la mort quasi instantanée mettait fin à toute poursuite judiciaire ; empoisonne-ment, mon cher ! déclarerait le médecin légiste…

Cette fois-ci, l’heure de la retraite était imminente, déconfit, déçu par la malencontreuse conclusion de son affaire, Labarthe s’apprêtait à plier bagages, à quitter définitive-ment ses nouveaux amis, lui ayant, suite au suicide de leur irascible mentor, fait preuve d’affection, lorsque surgit à ses côtés –au mo-ment où il abandonnait la caravane qu’il partageait avec son confi-dent écuyer – monsieur Loyal, souhaitant lui faire d’honnêtes pro-positions … «Mon cher inspecteur, durant les longues semaines de votre enquête, dont hélas nous subissons les contrecoups psycholo-giques et économiques, vous avez eu le temps d’apprécier nos dif-férents numéros, certains font la renommée de notre cirque, no-tamment celui des fauves directement suivi par le duo de clowns ! Cependant, si vous nous avez débarrassés des aspects démoniaques et perturbateurs de l’Auguste, aujourd’hui nous font défaut ses ta-lents et sa réputation de comique… Son rôle vous plaisait, je vous voyais là-haut dodeliner de la tête, en ânonner le texte, vivre les différentes péripéties et gags, vous en connaissez les réparties, aussi je n’irais pas plus loin, et puisque vous possédez à peu près sa mor-phologie, et que son accoutrement après de minimes retouches vous siéra à merveille, je vous propose, suite à de brefs essais en piste, de tenir ce rôle principal ! Dorénavant vous êtes des nôtres ! »…

L’ex inspecteur fit demi-tour, se dirigea à pas lents vers la caravane qu’il venait à l’instant de quitter, le trac déjà s’emparant de tout son être, il s’embarrassa en y déposant définitivement sa valise…







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