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Le ventilateur


Auteur : NICOLAYEV Nicolas

Style : Conte







- A vous ! fit le policier.
Nicolas Nikolayev se leva. Engourdi par une longue attente, il éprouva quelque peine à faire le premier pas. Il secoua sa jambe ankylosée, réveilla son ombre, et s'engagea dans un couloir enfumé, se laissant guider par une flèche lumineuse qui longeait le mur à hauteur d'homme. Il parvint ainsi devant une porte qui s'ouvrit d'elle-même, coulissant sur un rail et découvrant à mesure une pièce illuminée de lampes globuleuses. Surpris par leur éclat il ferma les yeux et pénétra à tâtons dans la place, tandis que derrière lui la porte se refermait d'un coup sec.
Lorsqu'il rouvrit les yeux, il se trouvait à mi-chemin entre 1e crâne luisant et noir de ce qui devait être le commissaire et l'entrée qu'il venait de franchir. Il se découvrit et, balançant son melon au devant de lui, fit un pas en avant, pour s'arrêter sous un ventilateur qui, nombril au plafond, ronronnait d'une manière inquiétante dans ses hélices d'ébonite rouge. Dès l'abord, mal à l'aise, il s'accroupit, délaça sa bottine gauche et, époussetant l'autre de son mouchoir, il tint à l'oeil les ombres qui hachaient obstinément la lumière, remplissant la pièce de leurs furtifs éclats. Elle tournaient sur les murs, rôdaient dans les encoignures et, par instants, se jetaient sur lui, cherchant à le transpercer. Pas plus rassurée que lui, sa propre ombre s'était réfugiée entre ses pieds, tel un petit chien de salon surpris en rue, par une meute.
Sa bottine relacée, il se releva de mauvais gré et rencontra le regard critique du commissaire : de petits yeux perçants, légèrement étirés vers les tempes et dissimulés en partie sous des sourcils épais. Une verrue sur l'arcade sourcilière gauche, touffue comme la queue d'une jument, déséquilibrait les traits du visage.
- Un Toshiba 1200, n'est-ce pas ? formula Nicolas d'un ton superbement technique, le doigt dressé vers le ventilateur. Rapide et silencieux, belle pièce, à tête mouvante, bien sûr. Connaissez-vous le dernier modèle ? Ils y ont encore apporté des perfectionnements. La technique, aujourd'hui, n'a plus de freins. Oui, oui ! Toujours mieux, c'est la devise de la grande entreprise. La tête est désormais orientable à distance et les palles en un métal plus fin et plus étudié remuent mieux l'air...
Le commissaire joignit les mains à hauteur de son nez, une belle aubergine, prit appui dessus et se le cura dévotement.
- Prenez place, fit-il sèchement, tout en déposant sa morve dans un cendrier de marbre blanc. Je suis à vous dans un instant, et il se replongea dans ses dossiers.
Toujours épiant le ventilateur, Nicolas Nikolayev contourna un fauteuil monumental et se laissa tomber dedans. Ses deux mains agrippées aux accoudoirs, là-haut, et son melon, le suivirent peu après dans les profondeurs froides et lisses de cuir noir et rebondi. Il les inspecta avec circonspection; c'était les siennes, c'était son melon.
Du commissaire, on ne voyait plus que la verrue qui s'élevait et retombait sur son nez chaque fois que s'élevait et retombait sa plume à parapher. Il apposa ainsi son visa sur une centaine de feuillets, puis poussant un soupir de satisfaction, il éleva les bras devant lui comme s'il s'apprêtait à embrasser le monde, poussa un soupir en les laissant retomber sur le bureau; et les ramenant enfin brusquement l'un vers l'autre en raclant la planche, il rassembla en une informe brassée les papiers paraphés, les chiffonna et d'un air attristé, les jeta au panier.
-Voilà qui est fait, s'exclama-t-il. Je suis tout à vous Et d'un coup de pouce il se débarrassa, sous les yeux ahuris de Nicolas Nikolayev, de son nez et de sa verrue postiches, effaçant le policier rébarbatif pour lui substituer ce genre d'homme doux et conciliant auquel on est de suite disposé à se confier ou à porter assistance, en cas de besoin.
- Il m'est difficile de faire plus que je n'ai fait, fit le commissaire désabusé. Mais j'ai lu vos écrits et je pense que vous pourrez nous aider; non pas que vos idées soient particulièrement convaincantes - d'ailleurs vous n'en avez pas - mais l'essentiel est que vous créez, et un créateur,je le pense sincèrement, a toujours des idées originales...
Il jeta un furtif regard vers le ventilateur, se repiqua la verrue sous l'oeil droit et fixa Nicolas Nikolayev d'un regard dominateur.
- Quand je suis entré, vous l'aviez sur l'oeil gauche, observa Nicolas Nikolayev décidé à garder l'avantage.
- Eh oui ! soupira le commissaire. Il essaya ensuite de rentrer dans son nez postiche mais n'y parvint pas; sa main tremblait. Il feignit s'intéresser à un dossier mais le referma rageusement. Il avait l'air tout piteux de celui qui est pris la main dans le sac. Il se fit violence et, fixant le plafond d'un doigt vindicatif, il annonça :"C''est lui, la faute de tout cela, ce foutu ventilateur !" ! Il pinça les lèvres, fronça les sourcils et laissa tomber la tête de côté d'un air abattu.
Nicolas Nikolayev écoutait le ronronnement inquiétant des hélices sur sa nuque. Son ombre, à croupeton entre ses cuisses, frissonnait dans l'air fouetté. Il n'osait pas lever la tête. Il ne voulait pas savoir ce dont parlait le commissaire.
- Pour…Pour ne rien vous cacher, hésita le commissaire, cette ombre qui fait la nique aux autres, la plus grande…Vous voyez ? Celle qui ondoie à hauteur de la porte et fait tout le temps des grimaces...
Cette fois, Nicolas, sur l'insistance de commissaire, jeta un regard furtif vers l'arrière.
- Parfaitement, fit-t-il, bien que n'ayant rien saisi de particulier.
- Et bien, ce n'est pas elle !
- Comment ça ?
- C'est une ombre de rechange; l'autre, la vraie a pris la fuite.ou bien nous a été enlevée.- J'ai fait ratisser toute la pièce, notez. Mais rien, vous m'entendez, rien !
Le commissaire avait baissé la voix et épiait les alentours.
- Peut-être s'est-elle cachée derrière les autres ? suggéra Nicolas Nikolayev sans trop penser à ce qu'il disait.
- Nous y avons pensé avant vous. C'est une pensée idiote, absolument idiote ! Vous m'entendez ?
Les ombres, pendant ce temps, continuaient de tourner, lentes et maléfiques, et la plus grande à hauteur de la porte, avait l'air, il est vrai, de s'en foutre; elle n'était plus de plein coeur dans le circuit et manquait visiblement de souffle.
Le commissaire s'était levé, et avait gagné la fenêtre. Corps perdu dans un paysage de terrasse au soleil, d'antennes griffues et de corniches bleues, il semblait méditer... Il fit volte-face.
- Ce n'est, pas tout ! Une autre fois, le ventilateur lui-même s'est détaché tout de go de son crochet et s'est lancé, tournoyant, dans la pièce. Il fonçait entre les murs, s'y heurtant, rebondissant, cherchant certainement une porte de sortie. J'ai vite fermé la fenêtre, vous comprenez !
- Parfaitement, lança Nicolas, en se frappant la cuisse.
- Cela l'a rendu furieux; je n'ai eu que le temps ensuite de me jeter sous le bureau. Il n'a pu m'y atteindre et cela a suffi à l'enrager.
Il a tout cassé. Depuis lors, il n'est plus le même. I1 s'est fait mal quelque part et prépare sa revanche, j'en suis persuadé.
- Ha oui !
- Il n'y a pas longtemps, en pleine conférence, il s'est brusquement arrêté de tourner. Sans prévenir. Comme ça !
- Allons donc !
- Aucun de nos ingénieurs n'a trouvé la panne. C'est un bricoleur breveté recommandé par l'Inspection Générale qui l'a remis en marche. Ah ! Un artiste dans son genre, celui-là !
- Parfois les bricoleurs...osa Nicolas.
- Il est entré dans mon bureau, sans s'annoncer- je m'en souviendrai toute ma vie -et m'a dévisagé d'un air soupçonneux. C'est humiliant pour un commissaire d'être ainsi remis en question par un subalterne protégé, aussi me suis-je insurgé."Qu'est-ce qui vous permet de frapper sans entrer dans le bureau d'un supérieur ? Savez-vous à qui vous avez à faire ? Lui ai-je dit. " A un ventilateur, m'a-t-il répondu, et en la matière, c'est moi, l'expert. Entendu ! Et puis faut pas me déranger pour des vétilles, hein, mon vieux. J'ai autre chose de plus important à faire que de mettre en, marche un ventilateur. Je ne suis pas votre esclave que je sache ! a-t-il bougonné. Puis il a mis le doigt sur l'interrupteur, et "psitt", comme par miracle, le ventilateur s'est remis à fonctionner. Qu'en pensez-vous ? Hein !
Nicolas Nikolayev examina le ventilateur, toute peur oubliée, en technicien qu'on lui demandait d'être pour la circonstance. Il se lissa la lèvre inférieure de l'index vers la droite, du pouce vers la gauche, toussota d'un air entendu.
- Quelqu'un avait enfoncé l'interrupteur d'arrêt, expliqua le commissaire. Notez, J'ai fait ouvrir une enquête Personne n'était entré dans ce bureau, à ce moment-là. L'interrupteur se trouve, juste sous mon coude. Il est impossible à quiconque, aussi habile soit-il, d'y a voir accès, sans que je ne m'en aperçoive. Impossible, impossible...
Comme il laissait retomber pesamment les bras sur le bureau pour appuyer son allégation, le ventilateur perdit de la vitesse, crachota, s'immobilisa. Pétrifiée, la lumière se solidifia de haut en bas.et les ombres disparurent dans une chape de silence.
- Bon ! Voilà qu'il s'arrête à nouveau ! lâcha le commissaire, exaspéré.
- Si l'on enfonçait le bouton de mise en marche, proposa Nicolas sournoisement.
- C'est ce que je compte faire, mon petit. Le bricoleur breveté m'a refilé le tuyau. Il m'a dit : "Si ça arrive encore, mon vieux, poussez sur le bouton de la pointe de votre pied droit, et ça marchera."
-Le pied, est-ce vraiment nécessaire ?" lui ai-je demandé.
-Non pas, c'est si au cas où vous auriez les mains et le pied gauche occupés à quelque affaire urgente, vieux schnoque !" ricana-t-il. Et du pied, il enfonça le bouton de mise en marche, et le ventilateur se ranima.
- C'est un as ! s'exclama Nicolas Nikolayev pour se mettre au diapason du commissaire.
- Ce n'était donc pas un bricoleur ?s'étonna le commissaire. L'inspecteur m'avait pourtant assuré... Mais trêve de commentaires, coupa-t-il, tout en relançant, du pied, le ventilateur. Il s'agit cette fois de prendre des dispositions, beaucoup plus importantes. C'est pour cela que je vous ai convoqué Je suis persuadé qu'à nous deux, nous nous sortirons de ce mauvais pas. Dites-moi que vous en êtes ! Vous en êtes, n'est-ce pas ?
- Mais... protesta Nicolas, qui répugnait à tout engagement, d'autant plus qu'il en ignorait les termes.
- Vous en êtes donc ! Que vous me faites plaisir ! jubilait le commissaire. Je vois que vous en êtes.
Nicolas Nikolayev, mal à l'aise, fixait la verrue sous l'oeil du commissaire. C'était comme une crête de coq qu'il avait là, sous le front. Elle était remarquable de mobilité et de caractère, et changeait de couleur et d'intensité selon les humeurs de son locataire. Les ombres que déployait le ventilateur et cette verrue caméléonesque lui donnaient des hallucinations. Il vit la verrue prendre la dimension d'une pomme de terre, une de ces pommes de terre enfournées dans les caves, l'hiver, et qui cherchent par toutes leurs radicelles, la lumière;quant aux ombres elles prenaient des formes monstrueuses et se faisaient menaçantes. Lorsque le ventilateur se mit à cracher du feu, il empoigna les accoudoirs de son fauteuil, prêt à fuir... Mais l'instant d'après, la machine avait repris son régime normal et ronronnait benoîtement dans ses pales légères comme des ailes de colombe. Tout cela se passa si vite, .si furtivement, que le commissaire ne se rendit compte de rien.
- Parfait ! Vous en êtes.!se réjouissait-t-il. Nous allons donc conclure cela sur papier. Rien de tel qu'un contrat en bonne et due forme.
La bouche ouverte, Nicolas Nikolayev ne savait que dire. I1 ne voulait pas indisposer le commissaire, ni affronter sa verrue, et d'autre part, il n'avait nullement l'intention de prendre parti dans une affaire qui ne l'intéressait pas ou si peu, et dont il ne percevait pas l'enjeu. On prend si souvent parti à la légère,mais d'autre part,c'est si mal vu de ne pas avoir d'opinion qu'on en arrive à se laisser gagner par le mouvement ambiant ,et a perdre tout discernement .
Le commissaire rentra dans son nez de carton, ajusta sa verrue et enfonça un bouton sur une boîte d'ébonite noire, à l'angle mort de son bureau. "Je vous écoute, monsieur cher commissaire.» minauda une voix féminine
-Mireille, ma petite, êtes-vous libre à l'instant ?
- Le temps de prendre une douche et je suis à vous, mon
chéri ! - Il ne s'agit pas de cela, petite gourde..." Il jeta un regard complice et grivois vers Nicolas.
-Je vous attends avec le dossier et le contrat.
Nicolas Nikolayev se renfrogna dans son fauteuil, le regard perdu dans l'admirable miroir plombé qu'était le crâne du commissaire, il y suivait les reflets des ombres qui papillonnaient furtives et légères comme des caresses maternelles, et il sentait, à mesure, sa résistance mollir.
Pénétrant par une porte dérobée, la secrétaire alla droit au but. Elle jeta sur le bureau de son chef un dossier de chaise, et les quatre pieds en dessous du bras, elle fit mine de se retirer.
- Des dossiers, des dossiers de cette sorte, j'en ai toute une pile, se plaignit amèrement le commissaire. Quand m'apporterez-vous le dossier contrat ?
- Le contrat, rédigez-le vous-même, explosa la secrétaire. Moi aussi, j'en ai assez. Et je vous rends mon tablier. Je ne suis plus votre secrétaire. Des contrats ! Toujours des contrats qu'on ne respecte pas ! se récria-t-elle, en se tordant les doigts, .et quand il s'agit de les signer, vous faites appel à tout venant et moi, vous m'oubliez. J'en ai assez !
Elle disparut en claquant la porte, avec une telle brutalité, que le ventilateur, tout secoué, se remit à s'agiter. Le visage décomposé, Nicolas s'était enfoncé dans son fauteuil, tentant d'échapper à la sarabande folle des ombres qui tournaient autour de lui et cherchaient à le transpercer.
- Mon fils, mon cher fils, murmura le commissaire. Vous êtes témoin de ce qui m'arrive à moi, à tout moment ! Allez-vous m'abandonner ? Vous répugnez aux grandes adhésions, je le sais, mais je suis seul à vivre ce drame auquel personne ne croit. Vous êtes romancier; vous êtes le seul à pouvoir m'aider en de telles circonstances. Voyez à quoi j'en suis réduit et quel danger me menace ! Le sort d'un homme, noir de surcroît, d'un membre de votre espèce est entre vos mains. Il ne s'agit plus de l'idée que nous défendons, ni de prendre parti, mais d'assister la veuve et l'orphelin, le célibataire que je suis. Ma vie est en jeu. Aidez-moi à survivre. L'envahisseur est désormais l'ennemi qu'il faut combattre et occire. Sus au ventilateur ! Allons, dépêchons !
Posant un index d'état-major sur un contrat rédigé à la hâte, il tendit un stylo à Nicolas Nikolayev et l'invita, d'un " là ! " retentissant, à signer en bas de page.
Mis sous pression, le ventilateur sifflait rageusement et lançait des ombres pointues. Ligoté par la peur et la pitié, transporté par un grand mouvement de l'âme, où l'amour-propre, la charité, l'orgueil et le défi se contredisaient simultanément, Nicolas Nikolayev se décramponna, non sans rechigner, de son fauteuil, se traîna vers le bureau et, s'agrippant au stylo qui lui était tendu, jeta sur le papier son paraphe et ses larmes.
- Vous êtes dégoûtant ! Permettez-moi ce mot, ronchonna le commissaire, tout en séchant le dossier de son mouchoir à carreaux rouges. Enfin, voilà qui est fait ! L'autorité de l'homme d'action et l'imagination fertile du poète se sont associées pour le meilleur et pour le pire. Que pourrait-il encore nous arriver ? Et, tout en se frottant les mains de satisfaction, il contourna son bureau à la rencontre de son associé, pour le serrer dans ses bras. Lui mouchant le nez et lui tamponnant les yeux, il disait : "Allons donc ! Reprenez-vous ! Le plus gros est fait!
Par dessus leur tête, pourtant, se préparait un ouragan. Fâché par ce complot ourdi contre lui, le ventilateur s'était mis à tourner méchamment, et si vite, que ses hélices se confondaient à la lumière. Le plafond cracha éclairs et tonnerres. Il y eut un formidable coup de vent qui nettoya le bureau de ses feuillets, les lançant aux quatre coins de la pièce. Le nez postiche et la verrue du commissaire lui furent arrachés et la vitre vola en éclats sur les terrasses.
- Aux âmes fortes, la violence et l'horreur ne font pas peur, tonna le commissaire, le poing levé vers le ventilateur Dieu, nègre chauve, dressé dans l'orage, il retrouva l'éloquence de la tribu lointaine et se mit à déclamer;" Où l'amitié s'appuie toute cause est grande et belle, et mourir en héros rend la vie éternelle. Faisons front, mon ami, avec dignité et courage. La victoire est à celui qui affronte l'orage !"; Tournoyant sur lui-même, il frappait des deux bras et repoussait les ombres, tandis qu'à reculons, Nicolas Nikolayev, entamait une retraite prudente.
- Sus au ventilateur, cet avion de platine, introduit par nos soins sur foi de sa bonne mine ! Sus à l'usurpateur ! Littéralement fouetté par ses propres paroles, le commissaire, coursier sans crinière, se lança dans un galop infernal autour de la pièce,l'écume au crâne,la bave aux lèvres, l'oeil rageur et injecté de sang, défiant la machine dont le vrombissement devenait insupportable au tympan le plus résistant.
Son enthousiasme ramené au plus bas, Nicolas Nikolayev, ce chevalier de si peu de conviction, glissait sournoisement, une jambe après l'autre, vers l'arrière. Il fut bientôt à quelques pas de la porte. Il entendit, dans son dos, la mise en marche de l'ouverture automatique.
- Non ! Non ! se récria le commissaire qui avait enfin découvert ses intentions. Ne faites pas cela. A genoux aux pieds de Nicolas, les mains jointes, il le suppliait :" Ne m'abandonnez pas ! Je vous en prie ! Je vous aime, nous nous aimons. Nous nous sommes promis de tuer la bête !". Puis changeant de ton :" Vous avez signé. Vous ne pouvez vous désister. Je vous ferai poursuivre pour parjure, J'irai en justice. J'ai de bons amis, magistrats. Vous serez arrêté, jeté en prison, au secret, dans la geôle du bas, avec les souris, avec les rats, avec les poux, avec les chats... aux fers, au silence. Je vous ferai arracher les yeux, les oreilles, les doigts de pieds, la langue et les cheveux... Vous serez beau comme ça ! Vous y avez pensé ? Vous serez beau comme ça ! Ah ! Ah ! Tout pelé, tout chauve, hi ! Hi !
Encore un pas en retrait, Nicolas franchit la porte. Un autre pas, celle-ci se referma devant lui, sectionnant la tête répugnante des ombres de pointe.
De l'autre côté, un objet tranchant racla la porte ,des coups sourds heurtèrent les murs. On entendit un grand cri rogue.
Nicolas Nikolayev hésita. Pris de remord, il revint vers la porte mais celle-ci resta bloquée. Tambourinant la porte, il se mit à crier :
" Attendez-moi ! Je suis là. Votre cause ne m'intéresse pas mais je suis un homme de parole. Je ne vous laisserai pas tomber. Attendez-moi ! Je viens ! Me voici!
Il se tut, l'oreille.collée au panneau de la porte…Il ne perçut qu'un dramatique silence. Il était trop tard. Il n'y avait plus rien à entendre… Son ombre, couchée entre ses pieds, se cachait la tête entre les pattes .Avait-t-elle honte pour lui ?
- C'est la faute à la porte se justifia Nicolas. Et puis, allons donc, cet homme là valait-il qu'on le supporte. ?







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