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Le détail qui change tout


Auteur : GRANDJEAN Guillaume

Style : Policier







Tout était prémédité.

L'homme avait tout préparé déjà depuis plusieurs semaines et c'était aujourd'hui qu'il allait agir. Il était au point. Des dizaines et des dizaines et fois, il s'était repassé dans la tête ce qu'il avait à faire. Plusieurs fois il avait répété la scène chez lui pour voir si tout marchait comme il fallait, comme il l'avait prévu.
Il s'était même rendu chez la personne, quelques semaines avant, alors qu'elle était à son travail, pour installer quelques caméras, afin d'espionner ce qu'elle faisait, pour savoir ses habitudes, pour tout connaître de ses faits et gestes, bien qu'ils les connaissaient presque tous, pour que son acte ne connaisse absolument aucune faille.
Pendants plusieurs jours il avait étudié ce que filmaient les cinq caméras qu'il avait installées. Il savait maintenant presque tout. La personne vivait seule. Il savait déjà qu'elle n'habitait pas avec ses parents, mais en plus, elle n'avait pas de mari. Elle partait travailler tous les matins à 7 h 19 exactement. Elle travaillait du lundi au vendredi. Et maintenant qu'on était en été, elle laissait toujours ouverte la fenêtre avec les barreaux du rez-de-chaussée. Cette fenêtre se trouvait de l'autre côté de la maison, côté jardin. Personne ne pouvait savoir si elle était ouverte ou pas, mais l'homme, si. Elle n'avait pas d'enfant et ne voyait jamais personne en semaine. Elle revenait tous les soirs à 18 h 30 de son travail et allait se détendre sur son ordinateur jusqu'à 19 h 30, heure à laquelle elle dînait, puis elle regardait les informations sur TF1. Ensuite elle lisait un livre jusqu'à 22 h, puis allait de coucher.
La vie de cette personne était toujours pareille, elle faisait toujours les mêmes choses aux mêmes heures. Cette chose aidait l'homme qui connaissait désormais tout de ses habitudes. La vie de la personne n'avait plus aucun secret pour lui. Même si elle n'en avait jamais vraiment eut…
Il n'avait aucun doute sur les chances de réussite de son geste. Il était certain que ça allait marcher. Il avait revu plusieurs fois tous les défauts éventuels de son acte, mais il n'en trouvait aucun. C'était parfait…
L'homme avait décidé d'agir au moment ou la personne serait sur son ordinateur. Il entrerait dans la maison par la fenêtre ouverte. Il limerait les barreaux, il tenterait de les remettre de la meilleure façon afin de ne pas attirer l'attention de la personne. Puis il se cacherait derrière un grand rideau, et attendrait l'arrivée de la personne, puis il ferait ce qu'il avait à faire.

Il était 18 h 57 et l'homme était caché derrière le rideau. Il était prêt. La personne n'avait rien remarqué et elle était tranquillement assise devant son ordinateur. De temps à autre, elle riait puis l'homme entendait qu'elle tapait sur le clavier de sa machine. Il pensa qu'elle était sur un site d'humour.
Le rideau derrière lequel l'homme était caché était derrière la personne, de telle façon, que s'il sortait sans faire de bruit, la personne ne s'en apercevrait pas. C'est exactement ce qu'il avait prévu et ce qu'il fit.
Dans sa main droite, il tenait le couteau qu'il voulait lui planter dans le dos. Il était toujours silencieux et la personne n'avait toujours rien remarqué…
Le couteau se planta dans la nuque de la personne qui n'eut même pas le temps de crier, ses mains se crispèrent sur le clavier, et l'homme retira brusquement son arme du cou ensanglanté de la personne. Il resta quelques secondes à regarder ce qu'il avait fait, immobile, puis soudain, son cerveau se remit en marche. Il fallait qu'il efface tous les indices qui pourraient le faire accuser. Il fourra le couteau dans sa poche, il avait prévu de le jeter dans le Seine.
Puis il retira ses gants qu'il mit aussi dans sa poche. Il en enfila d'autres et enleva les cinq caméras. Avec un mouchoir, il essuya tous les endroits où il était passé pour enlever des traces qui auraient pu identifier des semelles. Puis il sortit par la fenêtre et grâce à de la super glu, recolla les barreaux.
On avait désormais l'impression que rien ne s'était passé. L'homme traversa le jardin, sortit et se rendit près de la Seine. Il fourra les caméras et le couteau dans les gants, et jeta le tout dans le fleuve de manière à ce que cela tombe au fond, dans la vase.
L'homme était rentré chez lui et dormait profondément, suite à sa journée,… difficile. Il fut réveillé en pleine nuit, au beau milieu d'un rêve, par la sonnette de sa porte d'entrée. Il se releva brusquement sur son lit, et les battements de son cœur accélérèrent. Cela ne pouvait pas être la police, pas déjà. Elle ne pouvait pas deviner, il n'avait rien oublié.
Il essaya de se rassurer, c’était peut-être un ami ou un passant qui avait un problème, mais quand il ouvrit la porte, ce n'était ni un ami, ni un passant quelconque, c'était la police. L'homme ne comprenait pas. Il réussit cependant à garder son calme et à ne pas s'embrouiller.
— Bonsoir, c'est pour quoi ?
— Monsieur, nous allons être obliger de vous emmener au commissariat, affirma un policier.
— Pardon, répondit l'homme, mais pour quelles raisons, je n'ai rien fait, je n'ai rien à me reprocher.
— Je crains bien que si, je vous accuse d'avoir tué cette personne.
Le policier tendit une photo, et l'homme reconnut la personne qu'il avait assassiné il y a moins de 24 heures.
— Mais vous n'avez rien contre moi, contesta le policier, ce n'est pas possible, pour m'accuser, vous devez avoir des preuves.
— Mais nous en avons, répondit calmement le policier, nous en possédons une, ou plutôt deux.
— Comment ? demanda l'homme, terrifié.
— Il y a une chose que vous ne savez pas, monsieur. Quand vous avez tué cette personne, elle était sur son ordinateur. Cela, vous le savez, mais ce que vous ne savez pas c'est que cette personne était sur un logiciel de tchat, MSN, avec deux amies, et se sont elles nos témoins. Alors qu'ils discutaient avec votre victime, cette dernière avait allumé sa webcam…
L'homme se crispa involontairement, et un frisson lui parcourut soudainement l'échine, venait-il de comprendre ?
— Savez-vous ce qu'est une webcam ? continua le policier… C'est une caméra qui permet aux personnes avec qui vous discutez, de vous voir. Et il se trouve, monsieur, que nos deux témoins vous ont formellement reconnu sur la webcam, vous, leur ancien professeur de Math, car vous êtes professeur de maths, n'est-ce pas ? Ou vous avez été en tous cas… Ils ont assisté au meurtre en direct et sont prêts à témoigner.
— L'homme regarda le sol, les larmes aux yeux. En plus de la frustration de ne pas avoir commis le crime parfait, il se mit pour la première fois à regretter son geste, comme si la personne lui manquait, bien qu'il ne l'avait jamais connu franchement, autrement qu'à travers ses caméras…
— Je dois donc vous arrêter, poursuivit inexorablement le policier, car un crime doit être puni. Ce que vous avez fait est laid… Arrêtez-le…
L'homme regarda ses pieds et versa une larme, il se rendait compte de son geste, et tout ça pour faire un crime parfait. Peut être que cela n'existait pas…







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