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Les portes


Auteur : FLOURY Gwendal

Style : Fantastique




« Ouvre-toi »

Une immense porte en métal se dressait devant moi, elle était là comme d’autres alignées rangées dans ce vide où tout flottait mais rien ne bougeait. D’autres gens comme moi attendaient là debout devant elles. Personne ne savait quoi, mais on attendait. Je ne sais pourquoi j’étais là, je ne savais pourquoi ces mots étaient sortis de ma bouche, mais une seule chose était sûre c’était à moi de les dire. J’avais attendu longtemps devant elle sans rien faire sans rien dire juste là comme ça. Mais pourquoi maintenant j’avais agi, je ne le savais pas, mon instinct m’avait dicté ma conduite. Je n’étais que le jouet du destin ?
Je n’avais aucun souvenir d’avant, ni aucune envie d’avenir. Même pas une envie, je ne comprenais pas pourquoi mais j’avais le sentiment d’être sur la bonne voie, celle que je suivais depuis le début, que je suivrai toujours, encore quelques efforts et je serai prêt. Je continuerai mon chemin sans me retourner sans garder trace du passé. Mais ce chemin me semblait encore long et difficile, d’autres étapes m’attendaient. Sans que je puisse les voir, je les sentais proches et nombreuses, mais comme tous j’arriverai. Les portes venaient à peine d’être entrouvertes mais je n’étais pas pressé, j’étais juste serein même si de nombreuses questions se bousculaient dans ma tête. Pourquoi je n’avais pu choisir ma porte, pourquoi je me sentais heureux et accompli comme je ne l’avais jamais été avant, mais peu importe j’étais bien, j’étais heureux et je n’avais aucune envie d’accélérer les choses. Une lumière blanche et limpide comme je n’en avais jamais vu se glissait entre les deux portes. Bientôt j’allais entrer dans cette lumière, franchir ces deux portes et ne plus me souvenir de ces moments précieux, alors mon corps s’abreuvait de chaque seconde, de chaque instant comme si lui allait rester et que moi j’allais partir. Ce n’était pas la première fois que je ressentais cela, mais je n’arrivais pas me souvenir d’où et quand j’avais senti mon âme partir se séparer de mon corps si encombrant et marqué par une vie longue et remplie, mais mes souvenirs étaient si vides, seul mon corps semblait se rappeler mon passé. Mais bientôt c’est lui qui serait si vide, si seul sans âme coincé devant cette porte à l’ouverture interminable. Peu à peu mon âme se préparait à partir remerciant un corps qui l’avait tant servi, protégé mais aussi parfois trahi mais elle ne lui en voulait pas. Elle savait qu’il avait fait du mieux pour la servir, pour la rendre heureuse et épanouie, pour la garder au près de lui en lui. Je n’étais plus qu’attaché par les extrémités, je pouvais me voir dans les yeux, je le voyais flottant et vide. Il pleurait comme s’il savait son destin, mes yeux grand ouverts ne reflétaient plus rien, seul le désespoir se lisant en eux. Mon âme ne pouvait s’empêcher de le rassurer, de lui dire merci pour tout et qu’elle ne l’oublierait jamais. Mais il savait que c’était faux, que dans quelques instants elle ne se souviendrait même plus de lui, même plus de ses services. L’ouverture de la porte devait être terminée mais je ne pouvais la voir, mon âme préférait regarder mon corps jusqu’à la fin, jusqu’au grand départ, jusqu’au transfert. L’attraction de mon corps faiblissait et celle de la porte grandissait, je ne pouvais plus résister et les derniers liens avec mon corps se rompaient un à un arrachant des cris de douleur à mon corps qui n’arrêtait pas de pleurer, vidant ses derniers atouts pour me retenir, pour la retenir. Mais mon âme n’y pouvait rien, elle devait évoluer, grandir et lui devait disparaître, mourir pour de bon.

Voilà, je m’éloignais de lui, je n’avais plus aucune attache à lui et plus aucun souvenir. Il n’était plus rien pour moi alors qu’il avait tant compté. Mes jambes et mon ventre avaient franchi la porte, seule ma tête adressa un dernier salut à mon ancienne chair. La lumière m’éblouit, et mon âme eut un dernier sursaut, criant, se débattant, ne voulant plus partir. Elle ne voulait pas se laisser faire, quelque chose l’obligeait à rentrer dans une chose trop petite, trop insignifiante, non non je ne voulais pas. Il semblait vain de vouloir résister à son destin, pourtant on essaie toujours, on ne peut supporter de ne pouvoir choisir ; Je retrouvais peu à peu ma vision, j’étais à l’étroit dans cette nouvelle chose, mais une partie de mon âme semblait ne vouloir rentrer, j’allais subir une nouvelle séparation avant, avant de naître.

 





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