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Vie censurée


Auteur : KEHAL Taoufik

Style : Anticipation







Un mot sort, un autre le suit, ainsi de suite. Mais ce qui les lignent entre eux, c’est une pensée, un désir, un sentiment divin, ou, une sensation de rancune.
Certes les mots sont si impuissants devant la grandeur et l’immensité de notre univers interne. Mais La Langue demeure si pauvre, sèche et ambiguë, qu’elle arrive à encapsuler nos pensées et censurer notre imagination.
Il ne trouve jamais les mots pour exprimer ce qu’il pense, ses idées dépassent l’imagination et le rêve. Il sombrait dans une poursuite frénétique il suivait le bout d’un fil qui s’éloignait de plus en plus de lui comme un désir inachevé, et par ironie se retrouva piégé dans un cycle vicieux qui le mena de question à une autre, du raisonnement dit logique, aux idées sataniques, jusqu’à l’enfer raisonnable , palpable, et réel , d’une
Vie pleine d’érosion
De tort du destin
Et d’amour propre de soi
Fréquemment, il pense être un objet léger et faible, qui se faufile d’un nœud à un autre, les lignant entre eux autour de lui afin de se créer son monde, son univers selon ses propres règles et sa propre imagination. Mais jamais un jour il n’avait oublié qu’il était un être qui cherche à avoir.
Seul, dans une chambre sans fenêtre et une porte clouée. Les trois tiers de temps il était allongé sur un lit moisi, il avait peur, de se lever et de voir se qu’il est devenu dans le miroir, là, où il se voit, où il découvre à chaque fois une nouvelle personne qui vient interrompre son équilibre psychique. Telle une arme qui guettait son hombre, tel un regard cherchant à pénétrer son âme. Il éprouvait un sentiment de haine envers soi, et envers la vie. Qui suis-je ? Où suis-je ? Depuis quand suis-je ici ? Est-ce ma destinée, une erreur de dieu, ou résultat de faits ?
Chaque jour un homme ouvrait la porte, mettait de la nourriture par terre et approvisionnait un saut rouillé par de l’eau, puis s’approchait du lit afin de lui injecter une seringue dans son corps gris rosâtre qui n’en peut plus. Pendant ce temps, il rêvait d’un pâle rayon de soleil, qui venait lui chatouiller le visage, le réchauffant agréablement. Se retournait, et battait vainement l’air de sa main comme pour y chasser un intrus inexistant, un moustique imaginaire. « Ils étaient condamnés, pour un crime inconnu, à un emprisonnement inimaginable. Et alors que les uns continuaient leur petite vie et s'adaptaient à la claustration, pour d'autres, au contraire, leur seule idée fut dès lors de s'évader de cette prison. » Albert CAMUS, la Peste, citation qui fut la seule chose qui le liait à la vie. L’espoir de fuir et de retrouver une vie normale, de tourner la page, de déchirer la précédente écrite par ses larmes et par le sang de ses blessures.
Il était dans la chambre 454 des 1000 de l’asile, endroit où on met les supposés fous d’une société qui en vérité sombrait de plus en plus dans une folie collective voulue et recherchée. Ainsi il était exilé, car jamais il ne s’était résigné à l’idée de perdre sa raison volontairement, d’appliquer la loi votée et approuvée par son entourage. Les gens finirent par se rendre compte qu'au fur et à mesure que l’Humain devient intelligent, et acquiert du savoir et de l’expérience, le monde sombrait dans de terribles catastrophes : des guerres inutiles, des phénomène vivants, un déséquilibre naturel … On les appelaient les 1000 maudits, les individus les plus intelligents et brillants de la société, des historiens, des philosophes, des gens de littérature, des savants, des politiciens, ainsi que des fondateurs d’idéologies.
Dans la 454 était un des philosophe les plus avisé de l’époque, il parlait d’origine du monde, qui l’a créé ? Depuis quand existe-t-il ? Sa théorie était simple mais rejetée et marginalisée dans une société qui aspire à normaliser ses choix et ses croyances.

Il parlait prudemment en cherchant à lire les traits de leurs visages, pour connaître leurs réactions :
« Rien ne se crée rien ne se perd, tout se transforme ‘’ L.A. LAVOISIER, ainsi le monde n’a pas pu être créé par dieu, car, rien ne se crée et même si c’est vrai, même s’il y a un dieu qui a créé l’univers, alors qui l’a créé lui et quelle est son origine. Ce que nous sommes n’est qu’une évolution de la matière, une suite de réactions chimiques dont le dysfonctionnement mène à la mort d’un être et à l’avènement d’un autre, ce qui pousse à dire qu’en réalité l’Humain est tout simplement une infinité de molécules et d’atomes formant un tout, et agissant entre eux en parfaite harmonie et cohabitation. Reste à connaître l’origine de la matière, bien que cela puisse vous paraître insensé, l’origine autant que telle est une notion de domaine, ça veut dire qu’on ne parle d’origine, ou, de fin que lorsqu’on se situe sur l’axe de temps, ce n’est pas un raisonnement erroné mais il ne tient pas compte des autres dimensions de la vie , et, surtout de l’infini qui n’a pas de limite ni d’horizon, pourquoi cherche- t-on à trouver le commencement dans l’infini sachant que l’infini rejette la notion de début et de fin. La vie est un chemin infini forgé par notre raisonnement et par le fruit de l’évolution et de la transformation de la matière.
Ils étaient tous là, autour de la table de réunion. À l'entendre. Il savait qu’il était pâle, figé dans son tailleur bleu marine qui n’allait pas avec ses yeux, il sentait ses aisselles s'humidifier, sa langue qui s'asséchait comme à chaque fois qu’il devait prendre la parole en public. Pourtant, il devrait être habitué. Mais, Timidité Compulsive, Peur du Jugement des Autres. À l'école, déjà, c'était pareil. La perspective d'un exposé oral le paralysait. Mais il trouvait toujours une excuse imparable pour y échapper. Une tante décédée, une petite cousine leucémique, son immeuble détruit par une explosion au gaz. Ils étaient tous là à l’entendre, il savait qu’il courait le risque de se faire exiler, mais rien ne pouvait l’empêcher d’étaler ses idées et d’argumenter ses croyances.

Le jugement fut terrible, par unanimité le conseil des juges le condamna, à l’exil, à l’emprisonnement à vie dans l’asile des 1000 maudits, et, au châtiment du miroir, qui était supposé être l’argument de la société face à ce qu’il avance, le miroir lui fera découvrir ce qu’est le temps, ce que sont les rides qui apparaissent sur le front et ce qu'est une barbe blanche due à l’usure du temps. Mais pour lui se fut un jour de joie et de liesse, il avait la certitude que son raisonnement fut très convaincant, sinon pourquoi l’avoir exilé.
Des jours passèrent, des mois passèrent, un année, deux, trois, quatre ou cinq, il perdit l’envie et la capacité de se souvenir de la date, il savait que rien ne le ferait sortir de son trou, alors il décida d’explorer le néant afin de trouver et de définir les autres dimensions de l’évolution de la vie. Désormais il attendait impatiemment la seringue qui venait le réanimer et faisait renaître en lui de la force pour continuer sa recherche. Telles les deux premières tafs d’une herbe de bonne qualité, la seringue le jetait dans un profond délire interne, le poussant à l’extrême, à l’ivresse, au bout du chemin.
Drôle de destin pour quelqu’un qui a osé défier dieu, est-ce un châtiment divin ? Ou une suite logique et raisonnable de l’évolution de son entourage ? Il rêvait de son enfance, de sa vie, de ses souvenirs, d’elle. De son amour de vie du premier regard, de sa première nuit d’amour. Il relisait chaque livre qu’il avait lu dans sa vie antérieure, allant de page en page, et en se rappelant de là où il avait interrompu sa lecture la fois d’avant. En réalité ne serait-elle pas l’existence qu’il aspirait avoir, être seul et pouvoir réfléchir à la vie, sans censure. Certes je le vois dans une situation semblable à celle de Tom Hanks dans « seul au monde », il doit survivre et chercher un moyen de s’en sortir et de retrouver la société, et surtout de la retrouver, elle, son amour de vie. Mais rien de tel ne fut, il était là allongé sur le lit, ou, se regardant dans le miroir, en essayant de trouver des réponses, et à perfectionner sa théorie.

Au bout de vingt-huit longues années de souffrances, il mourut, son corps ne pouvait plus supporter la maléfique seringue, le froid atroce qui régnait dans la chambre, et l’odeur suffocante qui envoilait la pièce. Il emmena avec lui sa théorie qui devint tout comme lui de la matière première, pour d’autres réactions chimiques dans le cycle interminable de la vie.







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