Requiem



Nouvelle écrite par Sébastien VALMONT dans le style Drame



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" With your feet on the air, and you’re head on the ground..." Voilà commence mon histoire... Ma putain d’histoire...
" You try this trick and spin it..." En boucle toute la journée dans mes oreilles… " You’re head will collapse, but there’s nothing in it, and you ask yourself..."

Encore une journée qui commence avec cette chanson qui résonne dans ma tête. Je ne peux m’empêcher de l’écouter, de la chanter tout bas. Depuis ce fameux jour de janvier, ce putain de chiffre sur le calendrier… Cette date qui est à la fois un début, une fin ; un commencement, un anéantissement ; un renouveau, enfin je l’espère…

Les stations défilent devant mes yeux, je suis incapable de bouger de mon strapontin, j’écoute, réécoute cette chanson, en essayant de trouver la réponse à toutes mes questions. Pourquoi ? Impossible ! Je me disais encore ça il y a quelques semaines. Non c’est impossible, pas elle, pas nous deux. Si seulement je pouvais revenir en arrière... Je sais c’est impossible, mais si seulement je pouvais, si seulement…

J’ai même pas la force de me lever de mon siège et d’aller bosser. Les personnes défilent devant moi, toutes plus fermées les unes que les autres. Souvent j’imagine ce qu’elles peuvent faire dans la vie. Je pense tomber juste de temps en temps, mais voilà aujourd’hui ça n’a plus d’importance. Aujourd'hui  je n’ai pas envie, je sais même pas pourquoi je vais bosser. De toute façon je peux pas décoller de ce siège. J’arrive même pas à pleurer.

" … I was swimming in the Caribbean, animals where hind behind the rock…"  En boucle. Je remets tout en question. Je sais même pas si je vais rester dans cette ville, surtout si je vais pouvoir. Je pourrais retourner d’où je viens… Je sais pas, je sais plus… Je crois qu’en fait je ne veux pas oublier. J’espère encore peut être, je n’arrive pas à savoir. Je ne comprends pas pourquoi… « Je crois que je ne t’aime plus comme toi tu m’aimes… » Pourquoi juste ce mot ? Pourquoi aucune explication ? Où est elle ? Certainement repartie chez ces parents… Et nos projets ? Et notre avenir ? Est c’qu’elle y a pensé une seconde ? Non, bien sur tu n’y as pas pensé… A-t-elle le droit de tout supprimer comme ça, du jour au lendemain ? Bien sur qu’elle a le droit… De toute façon tu l’as fait, sans aucune explication mais tu l’as fait. Elle était heureuse avec moi… J’ai le droit à une explication… Je veux une explication…Une dernière chance s’il te plaît, laisse moi une dernière chance… Juste une… Putain c’est rien une…

Je commence à m’endormir moi. Le mouvement continu du métro me berce, me transporte ailleurs, m’apaise presque… un peu. Mais impossible de décrocher « … mon estomac se tord, mes yeux sont mouillés… » T’as tout compris Jenn. Si seulement je pouvais tout changer, si seulement…

« Where is my mind ? » Ah ouais… Where is my mind ?… J’te l’demande… Elle est passée où mon âme ?… Hein ?… Sûrement envolée avec elle…

Toutes ces personnes qui me regardent, que pensent-elles de moi ? Encore un jeune paumé avec la tête d’un mec qui a passé sa nuit à se défoncer… Et bah oui les mecs c’est ça. J’aurais envie de leur dire ce qui m’arrive, mais tout le monde s’en fout, je rabâche ça à tous mes potes, à toutes les personnes que je croise, tout le monde s’en fout, j’emmerde tout le monde avec mon histoire, histoire relativement banale mais qui fait souffrir… Je sais que je suis pas le premier  à passer par-là, mais putain ça fait mal… Alors depuis quelques temps je la ferme, je garde ça pour moi, je vis avec ça, de toute façon j’ai pas le choix. Alors je survis, parce que c’est ça, survivre… vivre ou survivre il faut choisir, bah moi j’ai pas choisi, je peux pas vivre sans elle donc je survis. C’que ça fait mal… J’ai un mini Hiroshima à l’intérieur de moi… J’veux crever. Putain j’veux  crever les mecs…J’en viens à espérer que le métro déraille ou qu’un taré me bute. Ce serait si simple… Mais voilà ils sont tous là, à pas dire un mot, à se tenir à cette rampe. « Est ce que quelqu’un aurait la gentillesse de presser la détente ? »…

Ma vie d’adulte me fait mal, je veux pas devenir adulte moi, je veux vivre des amours d’enfants. Quand t’es gosse ça se cantonne à des petits bisous, on se tient par la main, on se sourit, pis quand ça va plus, on pleure un bon coup, on fait un câlin à sa mère, pis ça repart. Le problème quand tu grandis, c’est que tu dois retrouver un appart, déménager, faire le tri dans tes affaires, et puis malgré tout trouver la force d’aller bosser, de faire mine que ça va, mais en fait d’en chier comme c’est pas permis chaque seconde, à penser, repenser mille fois aux même choses, regretter tes erreurs passées, t’interroger sur ce qu’aurait été ta vie si t’avais été moins con …

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