L'étoile rouge



Nouvelle écrite par Arthur Z. BALOGH dans le style Vécu



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J’en rêvais. Un rêve d’enfant. Pendant mes vacances d’été, chez mes grands-parents, je regardais le ciel après la disparition du soleil en cherchant le petit point rouge. Mon rêve.

Plus tard, je me suis passionné pour des livres. Voyages sur la lune et sur Mars. Cette planète, si différente de la nôtre, me fascinait. Je mourais d’envie d’y aller, de voir et de connaître le monde fabuleux de mes lectures.

En grandissant, les journaux m’apprenaient les projets pour la mission et le séjour sur mon étoile favorite et, après mes études, naturellement, j’ai posé ma candidature pour devenir pionnier. Ce furent plusieurs années passées en entraînements pour ce long voyage et pour notre adaptation. L’idée de partir et d’atteindre mon but m’enthousiasmait.

Et nous sommes arrivés. Trente personnes, moitié femmes et moitié hommes pour former des couples. Pendant longtemps, nous fûmes occupés par notre installation et notre lutte contre les difficultés. Des travaux difficiles, des  accidents sans gravité. J’ai vécu là, j'ai concrétisé  mes chimères,  loin de ma planète natale, mais je ne découvris pas les vestiges des villages en fête comme Tomàs, ni les filles aux yeux d’or. (1) Je ne rencontrai pas non plus des martiens avec leurs corps (rykor) et leurs têtes (Kaldane) existant séparément. (2)

Rien qu'une immensité ocre et des cailloux partout. Des montagnes, des vallées et de la poussière sans aucun signe de vie. Rien. Le vent violent ne m’apporta pas les paroles des anciens habitants. Et maintenant, je suis seul après un séjour interminable pendant lequel j’ai enterré l’un après l’autre mes compagnons en même temps que mes illusions.

Ces hommes et ces femmes victimes de l’ennui et d’une maladie inconnue m’ont abandonné. Non, ils ne sont pas tombés dans un puits où vit l’âme d’un martien.

Malgré tout, je continue à explorer. Je voyage, je me déplace, j'essaie de trouver les traces de mes fantasmes communs  avec les écrivains.

Le soir, quand les étoiles s’allument sur le ciel sans nuages, je regarde  briller et scintiller une planète bleue: la Terre. La Terre que je ne reverrai plus. Que j’ai quittée pour suivre une chimère, une aventure incroyable, pour rencontrer l’inimaginable, des martiens.

Je dois continuer mes recherches. Cette étoile  est si grande ! Il y a tellement d’endroits, de vallées, de cratères inexplorés où peuvent se cacher leurs empreintes oubliées.

Mais, je ne rêve plus. Je pense moi aussi à ma jeunesse, à ces années perdues, à ma naïveté et à mon amour inconditionnel pour ce corps céleste inconnu, l’Etoile Rouge.

J’attends. Moi aussi j’attends,  non pas dans un puits, mais dans mon cube maison  installé sur le sable. Et si mes camarades avaient réellement trouvé les habitants oubliés et disparus de Mars ? Faut-il mourir pour connaître ceux qui sont morts sur mon astre de roman ? Alors, j’attends. J’attends mon départ.

« Je ne bouge pas. Je ne fais rien, qu’attendre. Au-dessus de ma tête j’aperçois les froides étoiles de la nuit et les étoiles du matin – et je vois le soleil. » (3)

 

(1) Bradbury : Août 2002 rencontre nocturne

(2) E.R.Burroughs : Echecs sur Mars

(3) Bradbury : Celui qui attend

 

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