Mutatis Mutandis



Nouvelle écrite par Pierre-Alain GASSE dans le style Humour



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Ce jour-là, je passai le plus clair de mon temps à me gratter derrière l’oreille, sans savoir pourquoi. Peut-être avais-je pris ce tic, inconsciemment, parce que mon travail, au bureau, m’ennuyait. Lorsque je m’en aperçus, cela me rendit un peu nerveux, car je craignais qu’Anita, ma fiancée, ne me fasse des remarques, mais cela n’alla pas plus loin dans mon esprit.

Ce même soir, alors que nous étions en train de regarder à la télé un film où apparaissait une petite chienne très mignonne, Fido, mon fidèle bâtard, émit un sifflement admiratif qui me laissa pantois. J’ignorais que les chiens fussent capables de siffler ainsi. Mais, de la surprise, je passai à la préoccupation quand, quelques jours plus tard, il me prit envie d’uriner au pied de plusieurs lampadaires en revenant des halles à la maison. Et ceci d’autant plus que, pendant tout ce temps, Fido n’arrêtait pas de tirer sur la laisse avec impatience.

Peu après, mes parents et amis remarquèrent, à l’occasion d’une invitation, que j’avais un appétit insatiable, et une tendance plus que logique à faire la sieste après de tels repas.

Quatre jours plus tard, Anita me fit une scène parce que j’eus le malheur de lui dire que je ne supportais plus son parfum qui couvrait toutes les odeurs environnantes. Mais enfin, c’est toi qui me l’as offert ! me lança-t-elle, tandis que Fido, qui avait toujours eu l'ouïe perçante, s’allongeait, comme si de rien n’était, au pied d’un des baffles de la chaîne stéréo, poussée à fond.

En retournant tout cela dans ma tête et en voyant comment, le lendemain, de mon lit et la fenêtre fermée, je sentais l’odeur de pain frais sortant de la boulangerie qui était à l’autre bout de la rue, je compris enfin que j’étais en train de perdre mon idiosyncrasie au profit de mon chien et... vice-versa.

Ce jour-là, je me fis porter pâle et je restai couché toute la journée, pelotonné sur le dessus-de-lit. Fido rentra tard et je lui fis fête quand enfin il gratta à la porte. Il avait oublié le pain et fut obligé de redescendre.

Le lendemain, Anita passa à l’appartement, inquiète de mon silence. Je remarquai que Fido s’asseyait à côté d’elle, sur le canapé, alors que moi je restais sur le tapis et qu’à lui, elle lui donnait de petits baisers et à moi les miettes du gâteau sec qu’elle était en train de manger.

C’est pourquoi je ne m’étonnai de rien quand elle se leva pour partir, que je lui demandai : "Tu t’en vas déjà ?" et que j’entendis la voix de Fido me répondre : "Eh oui ! mon vieux, on s’en va". Je me contentai d’un grognement sourd, tandis qu’ils me refermaient la porte au nez.

 

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